Si Alain Resnais reste un des plus grands réalisateurs Français, il est aussi un des plus secrets quant au contenu de ses films.Bien sûr, et ce qui n’est pas une surprise, ce sont les retrouvailles avec ses acteurs fétiches sans qui un film de Resnais n’en serait pas vraiment un. Donc Sabine Azéma, André Dussolier ou Pierre Arditti sont invités à la fête, mais avec en renfort entre beaucoup d’autres Lambert Wilson, Mathieu Amalric, Anny Duperey, Denis Podalydès ou le pétillant Michel Robin… L’histoire est celle d’un célèbre auteur dramatique qui invite, par-delà sa mort, ses amis comédiens qui ont interprété «Eurydice» sous sa direction à visionner une captation (réalisée par Bruno Podalydès) de la même œuvre jouée par une jeune troupe. Un résultat unique où «découvertes et surprises » seront au rendez-vous, pour les comédiens et pour les spectateurs.
«Vous n'avez encore rien vu»
film d’Alain Resnais. |
Ce film serait-il un signe du retour du grand cinéma italien ? Matteo Garrone veut nous le faire espérer tant son film aux accents felliniens est digne des grandes années.
Luciano, joyeux chef de famille grande gueule, assure le spectacle quotidien derrière l'étal de sa poissonnerie pour le plus grand plaisir de la clientèle. Poussé par ses enfants, il s'inscrit, sans grand espoir, au casting de l'émission phare de la télé-réalité italienne. Dès lors, la vie de tout son entourage se trouve bouleversée par ce qui devient la préoccupation première de Luciano qui en vient à délaisser tout le reste… Voici donc le retour de ces superbes galeries de familles baroques à souhait. Mais la satyre mordante n'empêche pas la réflexion pleine d'émotion sur la condition de cet homme devenu prisonnier d'une lubie… et du diktat de l'image à tout prix que notre société a créé pour notre malheur. Grand prix du jury à Cannes, ce film est une délectation à ne surtout pas se refuser.
«Reality»
de Matteo Garrone. |
Namir, jeune cinéaste d'origine égyptienne, retourne au pays afin de faire un film ayant pour point de départ une apparition de la vierge dans un village. Bien vite la réalisation du film se transforme en visites familiales au sein de la communauté copte. Les témoignages aussi flous que les apparitions l'amèneront à envisager une mise en scène hors du commun.Entre documentaire et fiction, cette charmante et originale comédie nous donne aussi à voir les difficultés du quotidien égyptien et des rapports entre communautés. La mère de Samir, sa vraie mère, qui prend part malgré elle à l'opération, apporte un comique naturel et une note d'authenticité rafraichissante…
«La Vierge, les Coptes et Moi»
de Namir Abdel Messeeh. |
Le théâtre de Cristal est une compagnie implanté en Lorraine depuis 1989. Sa création du projet artistique «Paroles de pays, paroles d'habitant» a pour vocation de monter des spectacles de théâtre d'après les témoignages de vie et de travail des habitants de Lorraine, région particulièrement touchée depuis des décennies.Ce nouveau spectacle «Le temps des cerises» met l'accent sur la mondialisation et ses conséquences. Avec comme point de départ la fermeture des usines Kleber, la joyeuse troupe a créé l'histoire de la famille Chamblair, le roi de la chambre à air. La pièce, en plusieurs tableaux, couvre la vie de l'entreprise, depuis sa création en 1895 jusqu'à aujourd'hui, en passant par toutes les grandes périodes historiques (1914,1936, 1945, 1968...). «Approchez, approchez, Mesdames et Messieurs, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, laissez vos âmes trop sensibles et vos portefeuilles trop remplis au vestiaire… Venez découvrir nos animaux sauvages et savants : les monstres du capitalisme, les bêtes féroces de la mondialisation, les animaux à mille têtes du patronat et les merveilles enchantées de la Bourse !». Le ton est donné. Si les thèmes abordés sont souvent poignants, la troupe a choisi d'adhérer au parti du rire. Une façon formidable et intelligente de traiter ces sujets. Chansons, danse et comédie vous entraineront dans ce spectacle féérique. Une troupe pleine de sincérité à découvrir... |
Ancien prof reconverti à l'écriture, Daniel Picouly fait ses premiers pas au théâtre. Il fait revivre devant nous le petit Daniel de 10 ans face à son instituteur et à cette fichue orthographe. Cancre à son époque, car capable de commettre 26 fautes dans une même dictée, il est tout de même devenu l'écrivain de renommée qu'on sait. Comment ? Ce spectacle tout en drôlerie, dans lequel un certain nombre d'entre nous se retrouve, est là pour nous l'expliquer. Certes, tous les cancres ne deviennent pas Proust, mais l'auteur nous démontre, s'il en était encore besoin, que le niveau en orthographe et de la maîtrise de la langue française de nos chères têtes blondes ne doit pas pour autant nous enlever tout espoir. Et en plus il s'en tire «drôlement» bien m'sieur Picouly…
«La faute d'orthographe est ma langue maternelle»
de et avec Daniel Picouly. Au théâtre Tristan Bernard 66, rue du Rocher 75008 Paris, 01 45 22 08 40. Du mardi au vendredi à 19h et le samedi à 16h. |