Histoire-Géographie : des mesures d’urgence en classe d’examen
Article publié le jeudi 29 août 2013.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter

L’action intersyndicale a payé : le ministère et l’inspection générale d’Histoire-Géographie ont entendu les doléances des professeurs d’histoire-géographie qui ont signé une pétition pour des allégements de programme dans les classes d’examen. Parallèlement aux critiques portées sur les programmes infaisables, des sujets d’épreuves, et notamment celui du DNB, ont fait également réagir vivement la profession. Certes ces décisions sont prises tardivement, au moment de la rentrée, mais elles sont attendues par les professeurs et nécessaires pour la réussite des élèves.

Cette décision marque la volonté de changement au ministère, et à la tête de l’Inspection Générale, qui a remercié les syndicats pour leur rôle d’alerte et a souligné sa responsabilité dans l’amélioration nécessaire des examens, par plus de transparence, tout comme sa volonté d’éviter les malaises et les malentendus entre les corps d’inspection et d’enseignement.

Quelles sont les mesures prises ?

Plusieurs principes ont guidé l’Inspection Générale : alléger les programmes tout en maintenant leur cohérence, respecter l’équilibre entre l’histoire et la géographie, faire que les manuels utilisés restent en vigueur, inscrire l’amélioration des épreuves dans le cadre réglementaire actuel des examens, et enfin permettre aux enseignants d’exercer une liberté pédagogique réelle.

Au collège, la réduction des programmes de troisième est conséquente puisque ce sont au total 30 à 36H, réparties équitablement entre l’histoire, la géographie, et l’éducation civique, qui sont économisées. Désormais l’histoire et la géographie sont organisées en trois grandes parties de manière à simplifier la mise en oeuvre du programme sur les trois trimestres. Parallèlement, certaines réécritures identifient mieux les mots-clés à mobiliser, simplifient les attendus pour mieux correspondre au niveau des élèves de troisième. Les modifications ne remettent pas en cause la démarche inductive, mais en Géographie, celles-ci passent de 10 à 6. Les allègements en éducation civique n’ont pas été encore réalisés. Les programmes de 3ème à dispositifs particuliers devraient aussi être aménagés.

L’Inspection Générale a souhaité également alléger les programmes de lycée professionnel en classe de première et de terminale bac pro. Pour chaque sujet d’étude, ce sont désormais deux situations qui sont proposées et non plus trois. Quatre sujets d’étude sont désormais à traiter, de manière équitable, en Histoire et Géographie, amenant à de légères recompositions. Par ailleurs, les sujets d’examen seront revus car jugés trop complexes: les résultats sont d’ailleurs les plus faibles de toutes les épreuves terminales d’histoire-géographie.

Au lycée, les aménagements présentés pour les Terminales L-ES s’inscrivent dans ceux qui ont été faits en S. Les parties introductives d’histoire et de géographie sont réduites de moitié pour permettre aux autres thèmes d’être traités de manière plus confortable, sachant que des questions et des études de cas sont également supprimées (religion et société, des cartes pour comprendre la Russie, la mondialisation en débat). Une liste de 7 croquis à maîtriser pour l’épreuve sera publiée sur Eduscol afin d’éviter toute cacophonie, en lieu et place des 12 croquis et des 2 schémas actuels (pour la deuxième partie d’épreuve).

Les modifications devraient intervenir selon le calendrier suivant :

  • pour la rentrée : communication officielle de l’Inspection Générale, par une lettre de cadrage, des aménagements opérés, auprès des professeurs et des inspections régionales

  • 19 septembre : les aménagements de programme sont soumis au CSE ; s’en suivra la publication au BO. Des modifications sont encore théoriquement possibles mais elles devraient être marginales si elles existent.

  • fin septembre-début octobre : communication de l’Inspection générale sur les épreuves du baccalauréat et du DNB pour plus de transparence.

Parallèlement, le site Eduscol devrait proposer des ressources aux enseignants.

 

Pour le SE-Unsa, les défis restent entiers

Comment les examens contribuent-ils à certifier les acquis des élèves en histoire-géographie ? Le font-ils d’ailleurs ? Nous avons déjà montré que l’épreuve du DNB est inadaptée. L’Histoire-Géographie doit contribuer pleinement à la maîtrise du socle commun. La progression entre l’école, le collège (dans le cadre du socle commun), puis avec le lycée, doit être mieux pensée. Entre ces trois niveaux, ne doit-elle se résumer qu’à répéter et enrichir les mêmes sujets d’étude ? Comment l’histoire-géographie peut-elle s’inscrire dans un dialogue fécond avec les autres disciplines ? Comment la morale laïque peut-elle mise en oeuvre selon les différents niveaux d’enseignement ?

Le Se-Unsa sera force de proposition pour toutes ces questions qui doivent être traitées par le Conseil Supérieur des Programmes car la refondation modifie la donne, notamment pour la scolarité commune, en créant de nouveaux cycles, dont un à cheval entre l’école et le collège.

 
 
Actu