Bandes dessinées - Octobre 2014
Article publié le mardi 14 octobre 2014.
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Jean-Corentin Carré a 15 ans lorsqu'il s'engage dans les combats de la Grande guerre en 1915. Ce jeune breton est animé d'une haute idée de sa responsabilité dans la défense du pays. Il se présente sous un faux nom, triche sur son âge et se retrouve bientôt au front dans la Marne. Là, avec un courage exceptionnel, il va survivre aux assauts, aux corps-à-corps, au froid, à la misère.
Cette aventure tirée d'une histoire vraie allie le souffle épique aux horreurs de la guerre dans un récit prenant. Un dessin réaliste chaudement coloré qui sait alterner les gros plans et les mises en page dynamiques des combats, nous plonge, en jouant du contraste, dans l'atmosphère des tranchées comme dans la douceur du village du héros. Un premier tome alléchant.
« Jean-Corentin Carré, l'enfant soldat »
de Pascal Bresson, Stéphane Duval,

Lionel Chouin et Jean-Luc Simon,
éditions Paquet. 48 p. - 13.50 €
On connaît de Gengis Khan ses conquêtes qui s'étendirent, au XIIIème siècle, de la Chine à la Russie. On connaît moins l'enfance, l'adolescence du jeune homme qui accéda au pouvoir en réunissant les tribus mongoles pour bâtir un empire. C'est cette partie de la vie du jeune Temüdjin que les auteurs ont choisi de nous conter dans ce nouvel opus de la collection « Ils ont fait l'histoire ». Très intelligemment raconté, le début de la vie du conquérant nous fait découvrir un peuple nomade aux mœurs singulières, divisé en hordes rivales, mais aussi un jeune homme forgé par de terribles épreuves qui va faire de sa lutte pour la survie un tremplin vers le pouvoir.
Un beau dessin semi-réaliste, coloré, valorisé par une mise en page efficace, parachève la qualité de l'album dont le dossier historique final précise le contexte.
Ce nouveau tome de cette collection cherchant à montrer l'homme derrière la légende confirme tout le bien que l'on pouvait en penser.
«  Gengis Khan »
de Denis-Pierre Filippi,
Marie Favereau et Manuel Garcia,
éditions Glénat. 56 p. - 14,50 €
Le peintre Modigliani a 33 ans en 1917. Dans le quartier de Montparnasse à Paris où il a son atelier, il fait encore partie des peintres méconnus. Alcoolique, drogué, atteint de la tuberculose qui va le tuer 3 ans plus tard, c'est un coureur de jupons, mais aussi un colérique au caractère très difficile. Les auteurs ont pris le parti de nous conter la fin de vie de celui qui a scandalisé Paris par la hardiesse de ses œuvres et qui ne sera consacré qu'après sa mort. Ils évoquent ces dernières années par un récit constitué de séquences sur les scènes de la vie courante ou intime de l'artiste, et par un très beau dessin à la fois réaliste et échevelé que des couleurs à l'aquarelle adoucissent.
« Modigliani »
de Laurent Seksik et Fabrice Le Hénanff,
éditions Casterman. 72 p. - 16€
On ne se lasse pas de cette forme de récit nommée uchronie qui revisite l'histoire telle qu'elle aurait pu être. La série « Jour J » émet l'idée dans ce 17ème volume que le père de Bonaparte a sauvé la vie de George Washington au prix de la sienne. Washington a alors adopté Napoléon qui, devenu un brillant militaire, s'est lancé à la conquête de l'Amérique du sud après avoir libéré Québec du joug anglais et la Louisiane de celui des espagnols. Une sorte de fuite en avant, en parallèle de celle du vrai Bonaparte. Mêlant très habilement des événements historiques réels et des implications de pure imagination, c'est un récit jubilatoire qui nous est livré et présenté par un dessin réaliste, exécuté d'un trait fin et évocateur.
« Jour J : Napoléon Washington »
de Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Mr Fab,
éditions Delcourt. 56 p. - 14,50 €
Encore une histoire de poilus, et pas banale celle-là ! En novembre 1914, dans les Vosges, la neige englue les troupes et les transmissions. L'état-major cherche vainement une solution. Le capitaine Moufflot qui a vécu en  Alaska propose alors une solution : utiliser des chiens de traîneaux pour faire du transport sur la neige. Mais pour cela il faut solliciter l'aide de Scotty, un éleveur fâché à mort avec le capitaine.
Naviguant de l'Alaska au front de France, les auteurs se sont approprié une histoire authentique pour la transformer en un récit d'aventure mêlé de combats, de stratégie militaire et d'atmosphère de la vie de l'arrière. Un dessin semi-réaliste stylisé s'adapte parfaitement aux différents lieux mais également aux « trognes » des protagonistes. Nous attendrons avec impatience la suite et fin dans le second volume.
« Les poilus d'Alaska »
de  Michael Delbosco, Daniel Duhand et  Félix Brune,
éditions Casterman. 56 p. - 13,50 €
En 1189, la seconde croisade s'est soldée par la perte de Jérusalem que Saladin a repris aux guerriers chrétiens qui s'étaient livrés à des exactions sur les populations. Le pape Grégoire VIII lance un appel à la libération du tombeau du Christ. Un moine démoniaque parcourt en son nom la campagne du Rouergue, semant la terreur pour recruter de force des paysans qu'il veut enrôler. Un ancien Chevalier de Jérusalem, rongé par le remords de ses actes de barbarie, va retrouver d'anciens camarades pour défendre les villageois et quérir là sa rédemption.
Le dessin très réaliste, coloré de teintes sombres, est mis en scène avec beaucoup d'énergie et d'originalité. On a hâte en terminant ce premier volume de lire la suite de cette présentation du côté sombre des croisades.
« Rédemption »
de Nocolas Tackian et Lajos Farkas,
éditions Soleil. 48 p. - 13,95 €
Henry et son copain Wilson, deux jeunes paysans américains, fanfaronnent à l'heure de partir se battre lors de la guerre de Sécession. Mais bien vite, le premier assaut leur dévoile une cruelle réalité qui accompagne la mort et les blessures : la peur. Entre le lâche qui fuit le combat et le héros qui prend tous les risques, il y a peu de distance et ils vont en faire la terrible expérience.
Adaptation d'un roman classique américain : « La conquête du courage », cette BD met parfaitement  en lumière les nombreuses réflexions que soulèvent la guerre, ses horreurs, son inhumanité, son absurdité et les comportements des hommes.
Un très joli dessin, coloré à l'aquarelle dans des tons doux, contraste avec la dureté du récit mais renforce le thème de la dualité entre la violence des combats et la fragilité de chaque être humain qui compose la troupe.
« Le soldat »
de Olivier Jouvray et Efa,
éditions Le Lombard. 72p. - 16,45 €
On se souvient que dans cette série d’anticipation, 12 jeunes spationautes terriens, ont, à la suite d’un accident, atterri sur une planète inconnue. Une faune et une flore surprenante et dangereuse les y accueille, mais aussi un dérèglement temporel qui modifie l’écoulement du temps. Quatre d'entre eux ont erré pendant une journée dans la jungle alors que dans la même période leurs amis étaient installés confortablement dans une ville pendant 6 ans ! Ce troisième volume dévoile une partie des mystères de cette planète dont ils espèrent s’échapper.
Les héros de cette aventure sont très attachants car la psychologie de chacun est minutieusement élaborée et mise en avant. L'action ne manque pas, bien sûr, même dans cet épisode explicatif. Par dessus tout, un très beau dessin, réaliste, coloré et expressif participe admirablement au succès de cette série qui s’avère excellente.
« Survivants »
de Léo, éditions Dargaud.
48p. – 11.99 €