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L’École, reflet des choix politiques
Article publié le jeudi 8 avril 2010.

Les événements violents récents ont, une fois encore, braqué le projecteur médiatique sur la vulnérabilité de l’École et sa difficulté à maîtriser ces phénomènes. Si, rue de Grenelle, on a su éviter les déclarations démagogiques sur les portiques électroniques, la vidéo surveillance ou la fouille des cartables, en revanche du côté de L’Élysée, on n’a pu réprimer ses penchants sécuritaires en mettant sur le tapis la suppression des allocations familiales et la remise au goût du jour des « maisons de redressement ».

C’est dans ce contexte que Luc Chatel a décidé la tenue d’« États généraux sur la sécurité à l’École ». Pour établir un diagnostic partagé, l’ensemble des acteurs doit y être convoqué : Éducation nationale bien sûr, mais aussi politique de la ville, services sociaux et de santé, justice, police, monde associatif… Les solutions proposées devront être multiformes et s’inscrire dans la durée. En effet, le temps de l’Éducation s’étire là où le temps politique ne connaît trop souvent que l’instant.

La recherche des causes de ces violences, de l’absence de leur traitement ne pourra pas être éludée. La majorité politique en place ne saurait s’exonérer à bon compte de ses responsabilités. En effet, l’origine de ce délitement est en partie nettement 3 identifiable.
Ce sont les suppressions massives d’emplois qui conduisent les établissements à perdre des adultes jouant un rôle majeur dans la prévention quotidienne des incivilités ou des violences physiques.
C’est la désectorisation qui pousse à une ghettoïsation accrue.
C’est la prévention sociale et de santé qui est à la peine.
C’est le déficit de formation des personnels à la gestion de ces moments, accentué par une masterisation déprofessionnalisante…

Les orientations politiques, économiques et sociales de ces dernières années portent une accablante responsabilité dans le détricotage de l’École publique. Le SE-UNSA est bien décidé à ne pas se laisser endormir par des États généraux qui ne seraient qu’une opération cosmétique, là où l’urgence nécessite un traitement de fond. Il exige un profond changement de cap politique.

Christian Chevalier,
secrétaire général,
le 07 avril 2010

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