La « masterisation » a pour corollaire la modification du cahier des charges de la formation des maîtres. Un groupe de travail réunissant les organisations syndicales, la Dgrh et la Direction générale des enseignements scolaires a travaillé sur le contenu d’un nouvel arrêté. Disons-le tout net et cela ne surprendra personne : les choses sont loin d’être réglées.
Le nouvel arrêté montre bien l’impasse dans laquelle se trouve le ministère à travers les formulations.
• Il vide totalement de sa substance le tiers-temps que les organisations syndicales avaient réussi à imposer l’an dernier. En effet, aucun moyen n’avait été budgété pour faire face à cette dépense. Le ministère s’est donc ingénié à respecter son engagement sans que cela ne coûte. En conséquence, le compagnonnage est apparu et l’arrêté précise qu’il devra se dérouler en priorité hors temps de service. Le tour est joué. La formation ne ressemble plus à grand-chose mais elle existe sur le papier.
• Les Plp sont les grands oubliés du texte. On le comprend d’autant moins que leur situation spécifique devrait y être abordée. En effet, il n’existe pas de master dans toutes les disciplines et spécialités de l’enseignement professionnel. Il est pourtant primordial de préciser ce que l’on attend des enseignants de lycée professionnel.
• Toute la partie qui concernait les maîtres formateurs du premier degré dans l’ancienne version a été retirée. Le ministère indiquant que cela ferait l’objet d’une actualisation de la note de service de 1995 qui définit leurs missions. Il mélange ainsi allègrement les conseillers pédagogiques du second degré et les Emf du premier degré.
Pour le SE-Unsa, il est difficile de s’inscrire dans une démarche traitant d’un cahier des charges qui décline d’une réforme que nous combattons toujours. Il est totalement inacceptable d’envisager la formation continuée hors temps de service. De plus, il existe une divergence fondamentale sur la signification du terme « formation ».
Nous l’avons redit avec force : l’accompagnement et le tutorat ne peuvent tenir lieu de formation ! La formation d’adultes ne s’improvise pas. Elle doit faire appel à des personnels formés et qualifiés.
Enfin, pour le SE-Unsa, l’opposition entre disciplinaire et professionnel est totalement stérile : ce sont deux aspects concomitants de la formation.
Joël Péhau








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