Un comité social d’administration spécial départemental s’est tenu ce mercredi 3 septembre après-midi afin de faire le point sur la rentrée, en présence de Bruno Benazech, Dasen, Louisa El Bourji-Firmin, adjointe au Dasen, des IEN de circonscription et des représentants des personnels.
Pour l’Unsa Education siégeaient Jessica Georget, Marie Bouroullec, Benoit Peihardy et Mickaël Antoine.
En ce qui concerne les ajustements de carte scolaire, le Dasen disposait d’un équivalent temps plein pour le premier degré.
Trois écoles étaient en attente des décisions prises lors de cette instance quant à la fermeture conditionnelle d’une de leurs classes. Des repères avaient été fixés :
- Ambrault : 99 élèves ont fait leur rentrée pour un repère à 114 élèves. La fermeture est donc définitive.
- RPI Bouesse Mosnay Tendu (un retrait d’emploi à Mosnay) : 102 élèves ont fait leur rentrée pour un repère à 108. La fermeture est donc définitive.
- Le Pont-Chrétien-Chabenet : 111 élèves ont fait leur rentrée pour un repère à 112. Sur ces 111 élèves, 7 sont en TPS. Le Dasen a souligné le travail des élus pour promouvoir l’accueil des tout-petits. La DSDEN envisage un appui à l’école pour la mise en place d’un projet Passerelle à la rentrée 2026, en espérant que le ministère suivra cette trajectoire. Pour appuyer cette démarche, il a proposé la mise en place d’une demi-aide pédagogique pour cette année scolaire.
Le Dasen a pris en compte un certain nombre de nos arguments et a proposé :
- une demi-aide pédagogique à la maternelle Michelet – Châteauroux
- une demi-aide pédagogique à la maternelle Le Colombier – Châteauroux.
Si nous avons accueilli favorablement cette décision, nous avons alerté le Dasen et son adjointe sur la particularité des écoles maternelles, et sur le fait que un renfort les matins doit être privilégié. Le Dasen a partagé notre point de vue et a expliqué qu’il suivrait ces préconisations dans la mesure du possible.
Vote : toutes les organisations syndicales se sont abstenues, sauf l’élu CGT qui a voté contre.
Déclaration liminaire Unsa Education
Monsieur le Directeur académique des services de l’Éducation nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité social d’administration spécial départemental,
Une fois n’est pas coutume, en tout cas nous l’espérons, cette instance se réunit un mercredi après-midi. C’est bien parce que nous sommes représentants du personnel que nous sommes attachés à l’articulation entre vie privée et vie professionnelle. Ce choix de créneau horaire, si nous ne doutons pas qu’il a été guidé par des contraintes organisationnelles, doit rester une exception.
Dans quelques jours, le 16 septembre, seront communiqués les résultats de la treizième édition du baromètre de l’Unsa Éducation. Plus de 53 000 personnels, représentant tous nos métiers, y ont répondu. Certaines données sont déjà connues : 91 % aiment leur métier et 73 % aiment l’exercer, mais, paradoxalement, 77 % ne le conseilleraient pas. Plus de 9 personnels sur 10 expriment leur profond désaccord avec la politique éducative de ces dernières années.
Comment pourrait-il en être autrement, avec autant de fugaces locataires rue de Grenelle qui ont souvent préféré les effets d’annonce au travail de fond pour marquer leur passage ? Nos collègues ont besoin de retrouver de la confiance, de la perspective, tant nationalement que localement.
Nous avons besoin de stabilité et de sérénité. Nous en profitons pour souhaiter la bienvenue aux deux nouvelles Inspectrices de l’Education nationale et souhaitons que leur mission s’inscrive dans la durée.
Fermement attachée au dialogue social, notre fédération appelle également à la poursuite et à l’approfondissement des travaux engagés.
Nous demandons de réels groupes de travail sur la carte scolaire, qui permettent d’aborder les spécificités des écoles et établissements de notre territoire, et ne se résument pas à une simple confrontation comptable. Nous demandons également que soit réuni un conseil de formation cette année, à la différence de l’année dernière, ainsi qu’un groupe de travail sur le bilan du mouvement. Le travail entamé avec l’Observatoire des dynamiques rurales doit être poursuivi, approfondi, amplifié. Nous en avons bien conscience : ce sujet de l’éducation en milieu rural est un sujet sensible, dans tous les sens du terme, d’autant plus lors d’une année électorale. La recherche le montre, il est l’objet de nombreuses représentations sociales qu’il convient parfois de dépasser, voire de démentir. Seul le dialogue, l’échange, entre toutes les parties concernées, peut nous permettre d’avancer, au bénéfice de nos élèves sans négliger les personnels, face aux enjeux sociétaux et climatiques actuels.
En cette rentrée 2025, les sujets d’inquiétude pour ne pas dire de crispation sont nombreux :
Malgré nos alertes, certaines écoles maternelles de Châteauroux font face à des classes surchargées. Nos collègues concernées sont en souffrance. Comment enseigner sereinement, développer l’acquisition du langage, dans des classes à 25 élèves ou plus, avec tout type de profils ? Nous posons la question chaque année, sans avoir de réponse. Le seul élément de réponse qui nous est apporté, à savoir un redéploiement des élèves sur d’autres écoles, ne fonctionne pas : il faut se rendre à l’évidence.
Les services civiques deviennent une denrée rare. Pour beaucoup de collègues, et notamment de directeurs et directrices, cela signifie une charge de travail supplémentaire, des journées en classe parasitées par les sollicitations.
Les affectations tardives de nos collègues AESH sont toujours vécues difficilement, tant par ces collègues que par les enseignants et directeurs. La mutualisation devient la norme avec des AESH qui doivent se partager entre de nombreux élèves, parfois sur plusieurs sites.
Nous vous avions alerté plusieurs fois l’année dernière lors des formations spécialisées sur l’augmentation de la violence dans les classes dans le premier degré. Trop de situations se sont enkystées l’année dernière. Qu’est-ce qui est mis en place cette année pour répondre efficacement et sans délai à ces situations inacceptables ?
Nous savons que la rentrée sera compliquée, et cela concernera toute la société, bien au-delà du monde de l’éducation. Les difficultés, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales, ne s’arrêtent pas à la porte des écoles, des établissements, et des bureaux de l’administration.
C’est pourquoi chaque amélioration, chaque prise en compte de la difficulté, sera d’autant plus accueillie favorablement. Nous espérons, entre autres, que les difficultés que nous avons soulevées sur la circonscription de Châteauroux puissent trouver aujourd’hui une issue favorable.
Avant de laisser la parole, nous aimerions avoir une pensée empreinte de tristesse et de colère pour notre collègue Caroline Grandjean, qui s’est donné la mort lundi dans le Cantal après des mois d’attaques homophobes.
Merci de votre attention.