« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ».
À trop s’entêter sans tenir compte des urnes ni des forces sociales, on finit par briser le fragile contrat démocratique. Ce n’est pas simple « l’exercice du pouvoir » — c’est une responsabilité collective. Pourtant, depuis des mois, nous avons été confrontés à un président que tout le monde décrivait comme isolé, replié sur ses certitudes, convaincu que la verticalité supplante le débat et que l’imposition supplante le compromis. Cette posture arrogante, ce mépris du suffrage, creuse un fossé entre le peuple et ses gouvernants.
Quand la rue crie, quand les organisations syndicales alertent, quand l’Assemblée nationale s’oppose, que reste-t-il ? Un chef au vide d’alliés, un État sans légitimité renouvelée, une démocratie à bout de souffle.
Car ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas Sébastien Lecornu — c’est le principe même du mandat : gouverner avec le peuple et non contre lui. On ne reconstruit pas une majorité en imposant unilatéralement. Le blocage est politique, mais il est surtout moral. Pour le SE-UNSA, si permettre le changement de cap est une chose insupportable pour Emmanuel Macron, il n’ a qu’à prendre ses responsabilités.
Clermont-Ferrand, le 6 octobre 2025