Il y a des obsessions qui en disent long. Dans la dernière circulaire de notre DASEN intitulée « Mise en place du Colibris autorisation d’absence », un mot revient avec la régularité d’un métronome : continuité. Pas une, pas deux, pas trois… mais cinq fois ! On se demande presque s’il n’en rêve pas la nuit :
– continuité du service public (x3),
– continuité pédagogique (x2),
continuité de l’ « amélioration continue du remplacement », bref, la continuité de la continuité – ça finit par tourner en boucle.
Et pour garantir tout ça, miracle ! Voici Colibris, une application présentée comme la solution à tous nos problèmes. Plus besoin de moyens humains, plus besoin de postes de remplaçants : il suffit d’une interface numérique et tout devient possible. C’est beau comme un slogan publicitaire : « Colibris : la plateforme qui remplace les remplaçants ! »
Le DASEN nous promet ainsi une gestion plus fluide des absences : « anticiper, suivre, réguler, traiter »… On dirait presque le protocole de prise en charge d’une maladie chronique… Mais attention, derrière la novlangue administrative, la réalité reste la même :
– Continuité… avec des classes surchargées.
– Continuité… sans remplaçants disponibles.
– Continuité… en culpabilisant celles et ceux qui osent demander une autorisation d’absence.
La vérité, c’est que la fameuse continuité repose toujours sur les mêmes : les enseignants qui bricolent au quotidien, jonglent avec les imprévus, et finissent par assurer ce que ni Colibris ni les incantations de l’administration ne pourront jamais garantir.
Alors, à défaut d’avoir des moyens, nous avons au moins une certitude : la continuité de la communication officielle est, elle, parfaitement assurée.