L’administration peine à recruter, certains ne sont pas spécialisés, d’autres envisagent de quitter la fonction … les conditions de travail y seraient-elles pour quelque chose ?

Tous nous disent ne pas être en mesure d’assurer leurs missions pour chacun des élèves de leur secteur d’intervention, devoir prioriser et « trier » les élèves qui auront la chance de voir leur situation révisée dans le cadre d’une réunion d’ESS (Equipe de Suivi de la Scolarisation) :

  • illégal au regard de la circulaire 2016-117 du 8 Août 2016 qui précise la tenue d’une réunion d’ESS par an (et autant que de besoin) pour chaque élève quelle que soit la modalité de scolarisation (classe ordinaire, dispositif ULIS, SEGPA, UE et UEE) … on en est très loin dans certains secteurs !
  • un crève-cœur et une insatisfaction professionnelle pour beaucoup.
  • des conséquences pour les élèves qui sont laissés « de côté », leurs familles, les équipes pédagogiques concernées.
  • génère de la frustration quand l’ERSEH ne peut pas répondre à toutes les sollicitations des collègues.

Et oui, pour eux aussi, les élèves ne sont pas que des dossiers et leur nombre augmente chaque année … comme leur disponibilité n’est pas extensible, ce sont chaque année autant d’élèves de plus laissés pour compte … insupportable !

Les plus anciens dans le métier se rappellent qu’il y a plus de dix ans, un porte-parole du Ministère promettait la limitation à 100 élèves par ERSEH … promesse vite enterrée … aujourd’hui aucun ERSEH n’a moins de 200 élèves et pour beaucoup c’est largement plus de 300 … mission impossible !

 

Les missions des ERSEH ne se limitent pas au suivi de la scolarité des élèves et selon les départements, ils peuvent être sollicités pour des actions de formation, pour contribuer au recrutement des AESH, ils font partie des Pôles Ressources de circonscription, etc. Ils sont sollicités régulièrement par leur hiérarchie pour renseigner diverses enquêtes et notamment l’enquête annuelle DGESCO/DEPP.

A cette occasion, cette année, ils ont été invités à participer à une visio (nationale) et en sont ressortis pour le moins dépités par le peu de considération dont ils font l’objet et par les annonces reçues :

– la perspective de devoir renseigner l’enquête de l’année prochaine « à l’ancienne/élève par élève » … retour en arrière considérable, chronophage !

– l’annonce brutale de l’abandon d’AGESH au profit du LPI qui génère beaucoup de questionnements.

Cette application de gestion des élèves imposée il y a 3 ans, à grand renfort d’injonctions, dans la précipitation, sans considération pour la charge de travail supplémentaire que nécessitait, à l’époque, la saisie de toutes les informations pour chaque élève … avait malgré tout, l’avantage de faciliter le renseignement de l’enquête DGESCO.

A ce jour, ils n’ont aucune certitude que le LPI permettra l’équivalent d’AGESH dont certaines fonctionnalités faisaient gagner du temps.   … ce précieux temps qui leur manque tant ! Tout ça pour ça !

Les ERSEH du Finistère ont eu l’assurance, cette rentrée, qu’ils seraient indemnisés à hauteur des kilomètres parcourus … jusqu’alors beaucoup roulaient à leurs frais une bonne partie de l’année scolaire.

Cette situation inadmissible avait été soulevée par notre fédération, l’UNSA Education, lors de l’audience d’octobre 2024 accordée par Mme GONTARD, conseillère technique auprès du recteur en charge de l’école pour tous, qui s’était engagée à revoir la question avec le DASEN concerné … enfin ! nos actions/interventions ne restent pas toutes sans réponses ! nous restons vigilants à ce que l’annonce soit suivie d’effet !

Le temps … petit retour en arrière … En 2017, suite à une action impulsée par le SE-Unsa, les ERSEH se sont vus octroyer une reconnaissance financière par le biais du versement d’une IMP à taux double, passée depuis à taux triple. Belle victoire ! mais la valorisation financière n’est pas suffisante. Aujourd’hui, ce dont ont besoin les ERSEH c’est de temps pour pouvoir assumer sereinement toutes leurs missions et le seul levier qui à leurs yeux pourrait le permettre, c’est la diminution drastique du nombre d’élèves qu’ils ont en charge.  … mais la tendance n’est pas à la création de postes !

Les ERSEH sont des acteurs incontournables de l’école inclusive et ne pas prendre en compte leurs problématiques questionne alors que « l’école pour tous » est affichée comme une priorité.

Nous continuons de porter leurs revendications auprès de nos interlocuteurs locaux comme nationaux.


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