L’UNSA a combattu la réforme des retraites de 2023, aussi bien dans les instances que dans la rue, aux côtés des salariés et des agents publics mobilisés. Cette réforme, injuste et brutale, a profondément dégradé les conditions de départ à la retraite de dizaines de milliers de personnes, sans répondre durablement aux enjeux de financement ni aux inégalités existantes.
Le vote en décembre 2025 – dans le cadre de la Loi de Financement de la Sécurité sociale 2026 – de la suspension temporaire de cette réforme constitue donc une avancée pour les personnels de notre ministère directement concernés. Pour autant, cette suspension ne règle pas les problèmes de fond posés par la réforme injuste de 2023, que l’UNSA continue de dénoncer.

(NB : certaines des mesures détaillées dans cet article nécessitent la publication ou la mise à jour de textes réglementaires pour pouvoir être effectives)

Une réforme mise en pause, pas supprimée

Les mesures votées ne correspondent pas à une abrogation de la réforme de 2023, mais à une suspension temporaire de certaines de ses dispositions. Les règles issues de la réforme restent inscrites dans la loi et la montée en charge de la réforme de 2023 pourrait s’appliquer à nouveau dès 2028, à l’issue de la période de suspension.

Les principales conséquences de la suspension

La suspension votée en décembre 2025 a des effets immédiats pour plusieurs générations, même si elle ne remet pas en cause le cadre général de la réforme de 2023.

> Suspension de la montée en charge de l’âge légal de départ

Le recul progressif de l’âge de départ est interrompu pendant la période de suspension. Pour plusieurs cohortes, la suspension permet un départ à la retraite quelques mois plus tôt que ce qui aurait été imposé par l’application stricte de la réforme. Ces gains restent limités (quelques mois), mais peuvent être déterminants pour des collègues proches de l’âge légal.

Dans le cadre général, les générations de 1964 à 1968 gagnent de 3 à 6 mois pour le départ et 1 ou 2 trimestres dans le calcul de la durée d’assurance. Pour les agents relevant de la catégorie active (instits ou ex-instits avec 15 ans de service) ce sont les générations de 1969 à 1973 qui bénéficient des mêmes avancées.

> Suspension de la montée en charge de la durée d’assurance requise

L’augmentation du nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein est également gelée temporairement. Selon la date de naissance, il peut y avoir un ou deux trimestres requis de moins que ce qui était exigé par la réforme de 2023 (cf. le détail des modifications).

> Carrières longues : règles également assouplies

Alors que dans le projet initial rien n’était prévu sur ce point, au final la suspension entraîne également un ajustement des règles applicables aux carrières longues, que ce soit au niveau de l’âge de départ ou du nombre de trimestres requis. Cela concerne le palier 20 ans pour les générations de 1964 à 1968.

> Mesures spécifiques pour les mères

Plusieurs dispositions améliorent légèrement la situation des femmes et la prise en compte des enfants dans le calcul des droits. Ces mesures visent à limiter partiellement les effets particulièrement pénalisants de la réforme de 2023 sur les pensions des femmes ayant souvent des carrières plus hachées et incomplètes.

    • Dans la Fonction publique, un trimestre au titre de la durée de service est désormais attribué pour chaque enfant né à partir de 2004.
    • Dans le privé, au lieu de prendre en compte les 25 meilleures années de salaire, la base de calcul se fera sur la moyenne des 24 meilleures années pour les mères d’un enfant, ou sur les 23 meilleures années pour les mères de deux enfants ou plus. Cette mesure ne concerne pas les fonctionnaires qui relèvent d’autres règles de calcul (indice détenu pendant 6 mois avant le départ en retraite).
    • Dans le calcul des droits au départ anticipé pour carrière longue, les mères auront désormais 2 trimestres non travaillés pris en compte au titre de leur(s) enfant(s).

L'avis du SE-Unsa : une avancée partielle mais insuffisante

Si l’UNSA prend acte de cette suspension et de ses effets positifs à court terme, elle ne saurait s’en satisfaire. Les déséquilibres créés par la réforme de 2023 demeurent : recul de l’âge de départ, pénalisation des carrières incomplètes, inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, absence de reconnaissance réelle de la pénibilité.

L’UNSA continue donc d’exiger une réforme des retraites juste, solidaire et soutenable, construite avec les organisations syndicales, et respectueuse des réalités professionnelles des agents de la Fonction publique comme des salariés du privé.


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