Notre ministère s’est pris les pieds dans le tapis. Les données présentées lors du CSA ministériel du 26 janvier n’étaient pas les bonnes. Finalement, ce n’est pas 2229 postes d’enseignants qui seront supprimés dans le 1er degré à la rentrée 2026 mais 1891. Ça ne fait ni très sérieux, ni très professionnel.
Fort de ce correctif, le CSA académique a pu se tenir. Pour tout savoir sur la répartition des moins 94 postes de PE entre les 8 départements de l’académie de Toulouse…
Rappel du contexte démographique
Les prévisions annoncent une perte de 5514 élèves pour l’académie de Toulouse à la rentrée 2026 :
- Ariège, -395 élèves soit -3,9 %
- Aveyron, -326 élèves soit -2,1 %
- Haute-Garonne , -2635 élèves soit -2,3 %
- Gers -428 élèves soit -3,6 %
- Lot -169 élèves soit -1,6 %
- Hautes-Pyrénées -209 élèves soit -1,5 %
- Tarn -737 élèves soit -2,9 %
- Tarn-et-Garonne -614 élèves soit -3 %
Répartition des pertes de postes et nouveaux taux d’encadrement prévus
Le P/E donne le nombre d’enseignants tout confondu (direction, adjoints, remplaçants, Rased, conseillers pédagogiques, enseignants référents, …) pour 100 élèves. Plus il est élevé et meilleur est le taux d’encadrement.
Le E/C donne le nombre moyen d’élèves par classe.
| Variation en postes rentrée 2026 | E/C rentrée 2025 | P/E rentrée 2025 | P/E rentrée 2026 |
Ariège | -11 | 20 | 6,60 | 6,75 |
Aveyron | -11 | 19 | 6,67 | 6,74 |
Haute-Garonne | -17 | 22,7 | 5,60 | 5,71 |
Gers | -13 | 18,8 | 6,83 | 6,97 |
Lot | -7 | 19,5 | 6,62 | 6,66 |
Hautes-Pyrénées | -8 | 19,4 | 6,71 | 6,75 |
Tarn | -14 | 20,9 | 6,08 | 6,20 |
Tarn-et-Garonne | -13 | 20,9 | 6,16 | 6,29 |
Académie | -94 | 21,3 | 6 | 6,11 |
Malgré les fermetures de postes dans tous les départements, le Recteur affiche partout une amélioration du taux d’encadrement.
Nos commentaires
L’argument de la baisse démographique ne peut suffire, car ces variations démographiques, aussi importantes soient-elles, ne sauraient, à elles seules, déterminer une politique éducative. Le budget de la nation est avant tout le produit de choix politiques assumés.
D’autres pays européens ont fait des choix différents, à contre-courant des orientations libérales qui régissent nos sociétés. Si la France a accusé, d’après l’OCDE, une baisse de la Dépense intérieure d’éducation depuis 2020, ce n’est pas le cas de tous les pays. Le Portugal, pour ne citer que cet exemple, a suivi une autre voie. Malgré une baisse des effectifs et un contexte budgétaire difficile, les moyens ont été stabilisés, entraînant une augmentation ciblée de la dépense par élève.
Cette trajectoire n’est donc pas une fatalité ! La baisse démographique pourrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’enseignement (et donc d’apprentissage).
Nous souhaitons rappeler les limites d’un pilotage fondé principalement sur des indicateurs comme le P/E ou le H/E dans le 2nd degré. Même si ces outils ont leur utilité, ils ne suffisent pas à rendre compte de la réalité du terrain. Ils peuvent être trompeurs et ne donnent qu’une vision parcellaire des situations auxquelles sont confrontés élèves et personnels. Au fond, les besoins réels des acteurs, la mise en place d’un véritable accueil de tous les élèves, ou encore la qualité des conditions d’enseignement sont des éléments cardinaux dont il faut tenir compte pour l’amélioration du climat scolaire.
C’est l’essor de l’école publique laïque qui est au cœur de ces arbitrages. C’est une évidence de le rappeler, mais l’École joue un rôle central dans la cohésion sociale, dans la construction des parcours et dans l’émancipation des élèves. Or, notre école publique laïque subit déjà la concurrence déloyale d’établissements privés qui bénéficient d’un lourd financement public. Par conséquent, il ne s’agirait pas de l’affaiblir davantage en la privant des investissements et du soutien qu’elle mérite.