Lors de la F3SCT académique du 2 février 2026, l’Unsa-Éducation a porté avec force l’opposition syndicale au projet de déspécialisation des postes de remplaçant·es du premier degré, projet présenté par l’administration comme un simple ajustement organisationnel mineur.
Dès l’ouverture de la séance, l’Unsa-Éducation a fait le choix de consacrer l’intégralité de sa déclaration liminaire à ce sujet central, tant les enjeux humains, professionnels et organisationnels sont en réalité majeurs pour les personnels concernés et pour le fonctionnement du service public d’éducation.
Face à une approche dogmatique et descendante, l’Unsa-Éducation a rappelé que les spécialités de remplacement (REP+, formation continue, titulaires départementaux, etc…) ne sont ni des privilèges ni des anomalies, mais le fruit de choix professionnels, de compétences construites et d’une expertise reconnue. Les supprimer, c’est organiser une désorganisation durable du remplacement, accroître l’aléa des affectations, la mobilité contrainte, la charge mentale et, in fine, dégrader les conditions de travail et la santé des personnels.
Tout au long des échanges, l’Unsa-Éducation a mis en lumière les contradictions du projet : discours rassurant sur une gestion de proximité par les circonscriptions, mais perspectives d’un outil départemental automatisé d’affectation, fondé sur des logiques géographiques déconnectées des compétences et des vœux des agents. Autant d’éléments qui interrogent la lisibilité de l’organisation du travail à venir et les impacts concrets en matière de déplacements et de qualité de vie au travail.
Dans ce contexte, l’Unsa-Éducation a joué un rôle central dans la construction intersyndicale d’un avis adopté à l’unanimité des membres de la F3SCT. Cet avis rappelle clairement que la déspécialisation, telle qu’envisagée aujourd’hui, constitue une dégradation organisée des conditions de travail, et exige le respect strict des obligations réglementaires, notamment la saisine de la F3SCT pour avis sur tout projet modifiant l’organisation du travail, conformément à l’article R.253-19 du Code général de la fonction publique.
L’Unsa-Éducation continuera d’exiger la présentation d’un projet exhaustif, stabilisé et documenté, permettant une analyse sérieuse de ses conséquences sur la santé, la sécurité et les conditions de travail des personnels, et refuse que cette instance soit réduite à une simple chambre d’enregistrement.
Défendre les remplaçant·es, c’est défendre un service public d’éducation de qualité.
L’Unsa-Éducation restera pleinement mobilisée pour faire entendre la réalité du travail et protéger les personnels.
Texte de l’avis adopté à l’unanimité des membres de l’instance :
La déspécialisation des postes de remplaçant.es dans le 1er degré est de nature à entraîner une désorganisation accrue du remplacement, une affectation plus aléatoire des personnels et donc une dégradation organisée des conditions de travail avec des impacts directs sur leur santé. Les membres de la FS SSCT A s’opposent à la déspécialisation des postes de remplacant.es dans le 1er degré telle qu’envisagée actuellement.
Afin de répondre aux préoccupations légitimes relatives aux impacts humains et organisationnels des évolutions projetées, et conformément à l’article R.253-19 du Code général de la fonction publique, la FS-SSCT-A doit être saisie pour avis de tout projet de texte relatif à l’organisation du travail. Ses membres demandent le respect plein et entier de cette obligation réglementaire par la présentation d’un projet exhaustif, stabilisé et documenté, permettant une analyse complète de ses conséquences sur la santé, la sécurité et les conditions de travail des personnels.