Lors du CSAMEN* du 29 janvier, le SE-Unsa a déposé un amendement visant à modifier une disposition restreignant les conditions d’appel à la liste complémentaire du CRPE.
À compter de la session 2026, le décret statutaire des professeurs des écoles a été modifié et prévoit que :
Le remplacement par appel à la liste complémentaire de candidats inscrits sur la liste principale ou pour pourvoir un emploi vacant ne peut être effectué au-delà de la période d’un mois après le début de la formation.
Une mesure déconnectée des réalités du terrain
Pour le SE-Unsa, cette limitation met clairement les services départementaux en difficulté. En effet, cette formulation ne permet plus de recruter des candidats inscrits sur la liste complémentaire pour pourvoir des emplois vacants tout au long de l’année.
En restreignant l’appel à la liste complémentaire à un délai aussi court, le ministère contraint les services à recourir davantage à des personnels contractuels, ou parfois à l’utilisation de remplaçants qui mettra encore plus les services en tension.
Pour le SE-Unsa, cette situation n’est pas acceptable. Elle ne permet plus à ces candidats de devenir stagiaires pour palier des vacances d’emploi, mais les pousse soit à passer par un statut précaire de contractuel, soit à se détourner de la voie vers nos métiers. C’est d’autant plus regrettable dans un contexte de baisse d’attractivité des concours.
Un amendement pragmatique et responsable
Face à cette situation, le SE-Unsa a proposé l’amendement suivant :
Le remplacement par appel à la liste complémentaire de candidats inscrits sur la liste principale ne peut être effectué au-delà de la période d’un mois après le début de la formation.
Le remplacement par appel à la liste complémentaire pour pourvoir un emploi vacant peut s’effectuer tout au long de l’année scolaire.
Cet amendement permettait de sécuriser les parcours de formation, de limiter le recours aux contractuels et aux remplaçants, et de répondre aux besoins réels des départements.
Un vote unanime… sans suite
Cet amendement a été voté à l’unanimité par l’ensemble des organisations syndicales présentes au CSAMEN.
Pourtant, malgré ce consensus, le ministère fait le choix de ne pas l’intégrer dans le texte final.
Le SE-Unsa dénonce une décision incompréhensible et unilatérale, qui va à l’encontre des réalités du terrain et des besoins du service public d’éducation. Nous continuerons à porter cette revendication afin que les recrutements par liste complémentaire puissent pleinement jouer leur rôle au service des élèves et des équipes.
*CSAMEN : comité social d’administration du ministère de l’Éducation nationale