GT 2nd degré 17 mars 2026
Le GT du 17 mars 2026, auquel participait le SE-UNSA 32, était consacré aux dotations globales et à la carte scolaire du second degré pour la rentrée 2026.
Voici ci-dessous le compte-rendu de cette réunion.
Une baisse démographique qui impacte le second degré
Le directeur académique a relevé que les effets de la baisse démographique du premier degré commencent à se faire ressentir dans le second degré.
Le département enregistre ainsi une diminution globale de 116 élèves globalement dans le second degré, avec une perte de 121 élèves en collège et de 14 en lycées généraux et technologiques, partiellement compensée par une hausse de 19 élèves en lycée professionnel.
Cette évolution reste, selon l’administration, encore modérée, mais devrait s’accentuer dans les deux années à venir. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de baisse des naissances et de diminution du nombre de jeunes dans le département.
Pour autant, cette lecture globale masque des réalités très contrastées. Plusieurs établissements connaissent encore des effectifs élevés, avec des classes se rapprochant ou atteignant 30 élèves, voire susceptibles de dépasser ces seuils en fonction des dérogations et des arrivées tardives.
Une baisse des moyens confirmée : –5 ETP dans le second degré
Les documents de travail présentés en séance confirment une baisse des moyens à l’échelle départementale. Le second degré perd ainsi 5 équivalents temps plein à la rentrée 2026.
Dans les collèges, le solde est de –1 ETP, avec la création d’un poste en espagnol à L’Isle-Jourdain mais la suppression de deux postes, dont un en lettres modernes.
Dans les lycées généraux et technologiques, la baisse est plus marquée, avec –3 ETP, malgré quelques créations ciblées en mathématiques et en sciences industrielles de l’ingénieur.
Les lycées professionnels ne sont pas épargnés, avec –1 ETP, lié à la suppression d’un poste à Samatan.
L’administration insiste sur le fait que ces suppressions concernent majoritairement des postes vacants ou liés à des départs en retraite.
Les dotations
L’analyse des dotations montre que les moyens prévus initialement pour la rentrée 2025 ont dû être revus à la hausse en cours d’année,
Collèges
- Janvier 2025 : 9 211,25
- Octobre 2025 : 9 223,75
+12,5
Lycées généraux et technologiques
- Janvier : 5 173,01
- Octobre : 5 240,15
+67,14
Lycées professionnels
- Janvier : 3 479,92
- Octobre : 3 489,92
+10
Cela confirme que les prévisions de janvier étaient insuffisantes au regard des besoins réels des établissements. Pourtant, pour 2026, les dotations repartent à la baisse, en particulier dans les collèges et les lycées généraux.
Et pour 2026 ? Retour à la baisse…
Collèges
- 9 223,75 → 9 070,25
–153 heures
LGT
- 5 240,15 → 5 136,68
–103 heures
LP
- 3 489,92 → 3 560,48
+70 (seul en hausse)
Stabilité de la voie professionnelle dans le Gers
Le DASEN a également souligné une stabilité de la voie professionnelle. Selon lui, un pilotage de proximité permet une bonne régulation du système, le maintien du dynamisme de cette filière et contribue à la lutte contre les déterminismes sociaux.
C’est aussi une dynamique qui se confirme à l’échelle nationale.
L’offre de formation dans le Gers
La carte des formations montre une offre encore dense et diversifiée dans le Gers. Les 21 collèges proposent tous l’anglais et l’espagnol, avec des dispositifs bilangues, des options comme le latin ou le grec présentes dans de nombreux établissements, ainsi que des sections sportives et des projets spécifiques.
Les dispositifs d’inclusion sont également bien implantés, avec 17 ULIS, 8 UPE2A et 4 SEGPA.
Des situations locales avec des effectifs chargés
Plusieurs établissements ont fait l’objet d’alertes précises.
- Isle Jourdain – Françoise Héritier a des effectifs lourds par classe : 30 élèves en 6èmes et un effectif élevé en 5èmes et 4èmes également.
5èmes : 141 / 5 → 28,2
4èmes : 136 / 5 → 27,2
- Isle-Jourdain – Collège Louise Michel : classe de 3èmes : 88 élèves pour 3 divisions → 29,3
- Lectoure – Collège Maréchal Lannes : classe de 6èmes : 85 / 3 → 28,3
classe de 5èmes : 113 / 4 → 28,25
- Mauvezin : classe de 4èmes : 89 / 3 → 29,7
- Condom – Collège Saint-Exupéry : classes de 3èmes : 116 / 4 → 29 élèves/classe
- Masseube : classes de 6ème: 56/2 = 28 élèves/classe
Le DASEN indique qu’il prendra ses décisions en juin, sur la base d’effectifs plus fiables, en travaillant sur des hypothèses hautes. Une position qui laisse cependant les équipes dans l’incertitude pendant plusieurs mois.
Compléments de service et postes partagés : des conditions de travail à surveiller
De nombreux collègues manquent de visibilité sur leur affectation et doivent composer avec des zones de mobilité étendues, parfois sur plusieurs établissements éloignés.
L’administration met en avant une organisation en réseau et affirme prendre en compte les lieux de résidence. Elle reconnaît toutefois que la gestion des temps partiels, connue tardivement, complexifie fortement les affectations.
La volonté affichée de stabiliser les postes partagés est positive mais il faudra surveiller de près chaque situation.
Les groupes de besoins : stop ou encore ?
Le dispositif du « choc des savoirs », et notamment l’organisation obligatoire en groupes de besoins au collège, a été abrogé par décret en mars 2026. Cette mesure, qui imposait des regroupements d’élèves en français et en mathématiques, n’est donc plus obligatoire dans les textes.
Le directeur académique a indiqué que le financement des groupes de besoins est toutefois maintenu. Les établissements conservent une marge d’autonomie pour organiser ces dispositifs et peuvent choisir de les maintenir ou d’adopter d’autres formes d’organisation pédagogique. Une enveloppe spécifique continue d’exister à cet effet. Dans les échanges, il a toutefois été rappelé que certaines équipes font le choix de préserver l’unité du groupe classe et d’intégrer les groupes de besoins à l’intérieur de celui-ci. Le volume consacré à ces dispositifs s’élève à 167 heures au niveau académique. Si leur maintien est confirmé, leur mise en œuvre reste donc variable selon les établissements et les choix pédagogiques des équipes.
ULIS : des effectifs largement au-dessus des recommandations
Les échanges ont mis en lumière des situations préoccupantes dans les dispositifs ULIS. Dans certains établissements, les effectifs atteignent 16 à 17 élèves, alors que la recommandation nationale est d’environ 10.
Voici les situations relevées dans les Ulis collège:
- 1 à 17 élèves (Salinis)
- 9 à 16 élèves
- 4 à 15 élèves
- 1 à 14 élèves (Fleurance)
Ces écarts importants interrogent directement la qualité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap et les conditions de travail des personnels. Le SE-UNSA rappelle que l’inclusion ne peut se faire sans moyens adaptés.
Le poste de proviseur adjoint à Lectoure dans le collimateur du Rectorat
Une inquiétude forte a été exprimée concernant le maintien du poste de proviseur adjoint au collège de Lectoure. Les représentants des personnels ont insisté sur la nécessité de conserver ce poste, indispensable au regard de la complexité de la structure. La possibilité d’une suppression suscite de vives préoccupations. Le directeur académique a renvoyé la décision au niveau académique, indiquant qu’une étude est en cours, sans apporter de garantie à ce stade.
Spécificités bi-sites
Les projets de découplage à Mirande et à L’Isle-Jourdain ont également été évoqués. Le directeur académique a affiché son soutien à ces évolutions, qui tiennent compte des spécificités locales. Ces projets semblent bien engagés.
Zoom sur le CAP maçon au lycée du Garros
Un point particulier a été évoqué concernant le CAP maçon au lycée du Garros. Le directeur académique a indiqué que les effectifs permettent actuellement de maintenir cette formation. Un financement est prévu pour accompagner la première année ainsi que la deuxième année, afin de consolider le dispositif et d’en assurer la pérennité.
SEGPA
La situation des SEGPA a également été abordée. La baisse des effectifs, liée notamment à une diminution des orientations et à une concurrence du privé ou d’autres départements, entraîne une fragilisation.
Il a été soulevé qu’il n’y avait pas de directeur SEGPA à Nogaro.
La F3SCT académique a posé un avis sur ce sujet en demandant la création d’un poste de directeur de SEGPA dans chaque structure.
Une administration qui se veut rassurante
Le directeur académique a insisté sur sa volonté d’accompagner les établissements, de maintenir les projets et de soutenir les structures en difficulté. Il met en avant un pilotage de proximité et une attention particulière aux situations locales.
Le SE-UNSA 32 appelle à la vigilance
La baisse des moyens, même présentée comme ajustée à la démographie, intervient dans un contexte où les besoins restent importants. Effectifs élevés sur certains établissements, dispositifs d’inclusion sous tension, compléments de service à surveiller : autant de signaux qui appellent à la vigilance.
Le SE-UNSA continuera à défendre des conditions de travail dignes pour les personnels et un service public d’éducation à la hauteur des besoins des élèves sur l’ensemble du territoire.