Compte-rendu de l’audience DASEN du 02/03/26 à 18h
Présents
Pour l’administration : M. Teulier (Directeur Académique), M. Ruban (Directeur Académique Adjoint), Mme Arzel (IEN en charge des directions)
Pour le SE-Unsa : Marine Delépine (secrétaire entrée métier), Valéry Lamoure (secrétaire départemental)
Introduction
Le SE-Unsa tient à remercier le DASEN pour cette audience bilatérale, qui s’inscrit dans notre volonté de co-construire des solutions avec l’administration chaque fois que cela est possible. Nous restons cependant vigilants sur les enjeux concrets de terrain et les conditions de travail des personnels, qui doivent être au cœur des décisions.
1. Continuité pédagogique : un service public d’éducation en danger
Position du SE-Unsa : La continuité pédagogique ne peut se résumer à une simple continuité d’accueil. Le Code de l’éducation rappelle que le service public d’éducation a pour mission d’assurer l’instruction, la réussite de tous les élèves et l’égalité d’accès aux apprentissages. Or, la répartition des élèves dans d’autres classes, en l’absence de remplaçant, ne permet ni la poursuite réelle des apprentissages, ni la prise en compte des élèves à besoins éducatifs particuliers.
Cette organisation, imposée sans préparation ni cohérence pédagogique, constitue une extension implicite des missions non prévue par les textes. Elle entraîne une dégradation majeure des conditions de travail : surcharge des effectifs, accumulation de situations de tension, perte de sens du travail et souffrance professionnelle (explosion des fiches SST liées à l’épuisement, au stress et aux risques psychosociaux)
Les conséquences ne sont pas négligeables : creusement des inégalités entre élèves, report de la charge sur la seule force d’adaptation des enseignants, au détriment de leur santé, responsabilité de l’employeur engagée face à l’insuffisance des moyens de remplacement.
Proposition du SE-Unsa : En cas d’absence prévue de longue date et non remplacée, il doit être demandé aux parents de garder leurs enfants. Nous proposons d’informer les parents par écrit que, faute de remplaçant, les élèves seront répartis dans les classes, et de les encourager à solliciter la circonscription ou l’administration pour exiger un remplacement.
Réponse de l’administration : « En tant qu’enseignant, j’ai connu ces situations et je sais qu’elles sont difficiles à gérer. Cependant, la continuité du service public, et donc la continuité d’accueil, ne peut être dérogée dans un pays où l’école est obligatoire. Je ne veux pas que des mots soient écrits aux parents leur demandant de garder leurs enfants, cela peut mettre à mal des directeurs. À la limite, cela peut être dit à l’oral, lorsque les parents peuvent effectivement garder leur enfant. » (M. Ruban)
2. Évolution du pilotage du remplacement : quelles garanties pour les personnels ?
Inquiétudes du SE-Unsa : L’uniformisation des postes a déjà été amorcée par la dé-spécialisation théorique des BDFC. La mise en place future d’un nouvel outil de gestion nous inquiète quant à la possibilité pour les collègues d’exprimer des préférences/affinités pour un certain type de remplacement, notamment en ASH ou REP+. Il avait été spécifié lors du GT l’année passée qu’un « profilage » serait possible sur le nouveau logiciel, mais nous craignons qu’il ne soit qu’indicatif et peu exploité dans les processus d’affectation. Il nous paraît essentiel de reconnaître et valoriser les spécificités de nos brigades.
Nous redoutons également la création d’une seule zone de remplacement départementale. Lors de ce même GT il avait été évoqué la possibilité de créer de 1 à 4 zones de remplacement infra-départementales, mais cela représenterait des périmètres d’intervention beaucoup plus étendus que les circonscriptions dans leur fonctionnement actuel, imposant aux collègues des trajets plus importants, et une perte du lien de proximité avec les écoles. Il nous paraît primordial que la gestion du remplacement continue de s’effectuer à l’échelle de la circonscription, par leurs secrétaires qui ont une connaissance fine des personnels brigades, des écoles et des équipes pédagogiques de leur territoire.
Réponse de l’administration : « Nous sommes toujours en réflexion sur cette question et rien n’a encore été décidé pour la rentrée 2026. Le système hybride actuel, avec une gestion à la fois par circonscription et centralisée sur Rennes, fonctionne assez bien, notre taux de remplacement dans le 35 est plutôt bon par rapport à la moyenne nationale. L’objectif est d’être plus efficace pour répondre aux demandes au niveau départemental. Pour le fléchage des postes sur le nouvel outil, les règles RGPD posent problème, mais il est vrai que ce serait dommage de se passer de ces compétences. » (M. Ruban et M. Teulier)
3. Centralisation des secrétariats de circonscription : une menace pour le service public
Position du SE-Unsa : La centralisation des secrétariats à Rennes serait une erreur. Les secrétaires de circonscription jouent un rôle clé : gestion humaine des situations complexes, connaissance fine des personnels, des écoles et des réalités locales, soutien indispensable aux IEN. Une telle mesure ne serait pas sans entraîner des risques : perte de proximité et d’efficacité, dégradation des conditions de travail, méconnaissance des spécificités locales qui requièrent une attention particulière.
Réponse de l’administration : « Aucune décision n’est encore prise. On s’oriente vers un système hybride, avec une partie centralisée sur Rennes et une partie externalisée pour les circonscriptions les plus éloignées (Redon, Fougères, Saint-Malo…). Un calcul du temps de gestion des remplacements par secrétaire sera fait, ce qui pourrait libérer du temps pour d’autres missions. On peut donc imaginer des réorganisations, notamment sur Rennes. » (M. Teulier)
4. Nouvelle carte scolaire : -36 ETP, un choix incompréhensible
Constats du SE-Unsa : Le département manque cruellement d’AESH (500 postes), de places en établissements spécialisés (1 200), et fait face à une augmentation des élèves hyperperturbateurs. La Bretagne a un taux d’élèves autistes supérieur à la moyenne nationale, et l’Ille-et-Vilaine est l’un des départements les moins bien lotis en matière d’école inclusive. La suppression de 36 postes (29 ETP + 7 PAS) est de fait inacceptable. C’était l’occasion de faire un travail de qualité, sans fermer de classe.
Réponse de l’administration : « Cette rentrée se fera avec 1 300 élèves de moins, donc ces fermetures sont justifiées. Elles auraient pu être plus nombreuses au regard de cette baisse d’effectif. Les moyennes d’élèves par classe ne bougeront pas après les fermetures, elles seront même peut-être statistiquement meilleures, donc je ne suis pas inquiet. » (M. Teulier)
Conclusions et perspectives
Le SE-Unsa reste mobilisé pour défendre les conditions de travail des personnels et la qualité du service public d’éducation. Nous continuerons à alerter sur les risques des réformes en cours et à proposer des alternatives concrètes.
Des actions sont envisagées prochainement :
– Mardi 10 Mars à 17h30 : RDV devant l’ARS avec des sifflets (6 place Colombe à Rennes)
– Samedi 21 Mars à 14h30 : On se dirige vers une grande manifestation et une marche
– Mercredi 25 et jeudi 26 : Actions à définir