Ce CSA spécial Carte scolaire 1er degré était présidé par Madame STEIN, IA-DASEN des Ardennes.

Pour l’UNSA Éducation : Sylvie BRUNEAUX;  Corinne LANCERAUX; Sylvie LESIEUR, Benoît PIERRET

1/ déclarations

En réponse à un élément de notre déclaration, Mme STEIN affirme que la consigne a été donnée à ses IEN de ne pas donner d’info. concernant ouverture ou fermeture de classe aux enseignants ni aux élus.

2/ Carte scolaire 2026

Mme STEIN, IA-Dasen, présente le cadre de travail de cette carte scolaire :

Les prévisions d’effectifs sont dans la lignée de ceux des années précédentes, avec une forte baisse (la plus forte en proportion de l’académie : – 3.21 %)

En nombre d’élèves, c’est une nouvelle baisse de plus de 600 dans notre département. C’est une tendance forte depuis au moins 9 ans…

Globalement, la baisse du nombre d’élèves dans l’Académie est de -2.9 %

La baisse et le vieillissement de la population sont complétées par des « fuites » en Belgique pour quelques frontaliers. Mme l’IA-Dasen explique que des écoles Belges démarchent pour « recruter »…

Nous ne pouvons que constater ces chiffres, mais nous demandons que la baisse du nombre d’enfants ne soit pas systématiquement associer avec une baisse des moyens d’enseignement. Cette déprise démographique aurait du être un avantage pour renforcer des secteurs, diminuer les effectifs par classe, pouvoir envoyer plus de collègues en formation…

Par ailleurs, comme nous le soulevons depuis des années, le public « élève » accueilli est de plus en plus difficile, complexe à appréhender...

Dans ce contexte, malgré une reprise sévère (-23), le P/E … augmente :

Nationalement, il passe de 6.15 à 6.21; dans notre académie, il passe de 6.77 à 6.87.

Au niveau départemental, il passe de 7.07 à 7.19 !

Là encore, c’est une constante

Pour la préparation de cette rentrée, l’académie devait rendre 99 postes. La répartition prévue est donc : Ardennes : -23; Aube : -21; Marne : -35; Haute-Marne : -20

3/ Mesures de retraits / d’implantation de moyens d’enseignement : 

 

Dans les écoles hors Éducation Prioritaire : 

3 attributions d’emplois

Charleville-Mézières – CaquotNovion Porcien
Vireux-Molhain – M. Robinet 
  • – – – – 

23 retraits d’emplois

AttignyLes Ayvelles – Chalandry Élaire
AubrivesMargut
Arreux / Houldizy / DamouzyMessincourt
AsfeldPouru Saint Remy
BuzancyRaucourt
Charleville-Mézières – Henri ThomasRethel – Gambetta
DoncheryRethel – Mazarin
Douzy élémentaireSaint Menges – Maternelle
ÉcordalSedan – Blanpain
Gernelle – Issancourt – Ville sur LumesSigny L’Abbaye – Maternelle
Givet Saint HilaireWasigny
Launois sur Vence 

– – – –

Dans les écoles en éducation prioritaire

8 retraits d’emplois

Charleville-Mézières – MozartNouzonville – Centre
Charleville-Mézières – Joliot CurieRevin – Calmette
Charleville-Mézières – ColibrisSedan – La prairie
Charleville-Mézières – Muguet 
Charleville-Mézières – Les Haybions 

 

>> Principaux échanges avec l’administration :

> école du Trio (Arreux – Houldizy – Damouzy)

école sur 3 sites. Années difficiles en raison d’élèves particulièrement perturbateurs… Potentiellement, la fermeture si elle laisse des effectifs corrects, elle induit des triples niveaux partout et « casse » la cohorte CE2 sur 2 sites…

> école Henri Thomas

Attention sur cette école qui accueille un ITEP.

> école Donchery

Attention car présence d’une UEMA. Pour l’IEN ASH, au contraire, l’UEMA fait qu’il y a beaucoup de personnel qui peut accompagner.

Nous entendons bien, et heureusement, mais il ne faut pas sur-relativiser la charge de travail et la charge mentale quand les collègues doivent accueillir en inclusion, quel que soit le dispositif.

> Ecordal

Là encore, RP sur 2 sites. Pour l’IEN, il est possible de mettre tout le monde à Tourteron, périscolaire et cantine compris. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, donc attention aux cohortes dédoublées sur 2 sites différents.

> Les Haybions

Attention à avoir car effectifs très fluctuants, y compris en cours d’année.

L’IEN confirme. Elle dit aussi être en contact très fréquent avec la Mairie. Mairie qui réfléchit à un travail de sectorisation sur le quartier.

> Wasigny

Situation particulière depuis 2 ans. Si carte scolaire, bien préciser qui peut l’avoir.

4/ Questions des PAS (Pôle d’Accompagnement à la Scolarisation)

4 nouveaux PAS (en plus des 2 créés l’an passé) vont se mettre en place.

> 1 sur le collège de Vouziers, couvrant une partie de la circo de Vouziers

> 1 sur le collège de Carignan (autre partie de la circo de Vouziers)

> 1 sur le collège de Nouzonville

> 1 sur le collège de Givet (pour compléter la couverture de la circo Revin)

Pour l’Instant, il y a co-existance des PIAL et des PAS. Progressivement, 1 PIAL = 1 PAS

Les actuels coordo PIAL deviennent gestionnaires de PIAL. (Mais 1 gestionnaire pour 1 PIAL) Plus de PIAL, mais préservation des sous secteurs (anciens PIAL) pour organiser le travail et les lieux d’affectation et d’intervention des AESH.

Pour l’instant, ce ne sont pas des postes, mais des missions particulières indemnisées.

5/ Autres mesures de carte scolaire

Fusion : les écoles de Deville fusionnent. Les délibérations des conseils municipaux ont été prises et transmises à la Préfecture. La décharge de direction passe à 0.25.

Modification des décharges de direction :

écoles

Nombre de classes

Évolution décharges

Buzancy

De 6 à 5 classes

-0,08

Givet – St Hilaire

De 6 à 5 classes

-0,08

Asfeld

De 9 à 8 classes

-0,17

Launois sur Vence

De 6 à 5 classes

-0,08

Sedan – Blanpain

De 6 à 5 classes

-0,08

Wasigny

De 4 à 3 classes

-0,25

> Les décharges de direction maintenues sur 2025-2026 (Rimogne – Biston; Hannogne Saint Remy; Bogny – René Hugot ) sont supprimées à la rentrée 2026

> Pour les écoles de Signy l’Abbaye – maternelle; RP Gernelle; Regroupement Arreux/Houldizy / Damouzy; Colibri Charleville : les décharges de direction à 0.25 sont maintenues pour 2026-2027.

6/ Autres modifications : 

> Fin de la décharge supplémentaire accordée pour 2025-2026 à l’école Mazarin.

> Une décharge supplémentaire de direction de 0.75 implantée à Signy l’Abbaye (primaire)

> écharge de direction supplémentaire à  l’école Blanpain pour 0.08

> Dispositif ULIS implanté à Asfeld est retiré.

 

retraits

implantations

CMPP – poste de direction

-0,5

 
CMPP – poste PE 

+ 0,5

ULIS – Asfeld

-1

 
PAS 

+ 4

Décharge coordo CAES – Warnécourt – APAJH – Glaire

-1

 
Décharges de direction

-1,66

+0,25

Décharges supplémentaires de direction

-0,25

+1

Total

-4,41

5,75

 

 

> Balance départementale : 

 

retraits

implantations

Postes devant classe

-31

+3

Autres mesures

-4,41

+5,75

Réserve 

+3,66

Sous total

-35,41

 
TOTAL

-23

 

7/ Vote

Sur la proposition de la carte scolaire 1er degré :

vote pour : 0

Abstention : 0

vote contre : unanimité

Lire notre déclaration : 

Madame l’Inspectrice d’Académie
Mesdames et Messieurs les membres du CSA-SD,

Les mesures de carte scolaire présentées aujourd’hui auront des conséquences concrètes et immédiates sur le fonctionnement des écoles de notre département, ainsi que sur le moral de nos collègues

Afin d’éclairer notre raisonnement, nous souhaitons rappeler que la classe n’est pas une simple juxtaposition d’individus. Elle est un collectif structuré, dont l’équilibre repose sur des conditions d’encadrement et d’organisation permettant à l’enseignant de faire classe, d’installer des règles et de provoquer et réguler les interactions entre élèves.

Or, la diminution du nombre d’enseignants conduit souvent à une augmentation des effectifs et à une dégradation de ces conditions. Elle rend plus difficile le maintien d’un cadre de travail serein, et accroît les risques de tensions, de conflits et de comportements perturbateurs. Elle modifie aussi l’équilibre des équipes, imposent des regroupements d’élèves peu peu propice à un climat de classe serein.

À cela s’ajoute une hétérogénéité croissante des niveaux scolaires et des comportements des élèves. L’évolution des politiques éducatives, notamment dans le cadre de l’école inclusive, modifie profondément les conditions d’exercice du métier, sans que les moyens nécessaires soient systématiquement au rendez-vous.

Les PAS, qui se mettent en place depuis l’an dernier, ont déjà comme premier effet de ponctionner la dotation existante. Le ministère ne crée pas les postes nécessaires à leur mise en œuvre, mais les redéploie au détriment de l’encadrement des classes. Nous l’avions dénoncé l’an dernier. Le ministère continue malgré tout dans cette logique : il dégrade l’encadrement classique pour mettre en œuvre d’autres dispositifs. C’est un choix dicté par des logiques budgétaires, pas par une ambition forte pour l’école publique.

Comme rappelé au début, une classe n’est pas une juxtaposition d’individus. L’individualisation à outrance, telle que présentée par l’institution, relève d’une présentation largement déconnectée de la réalité des classes Elle n’est bien entendue pas possible, et peut-être même pas souhaitable à l’heure ou la problématique du climat de classe semble central.

Une telle accumulation d’exigences, sans moyens correspondants, place les enseignants dans une situation de tension permanente et crée des conditions de travail dégradées.

Ce décalage constant entre une communication institutionnelle volontariste dans le verbe, et la réalité des moyens alloués alimente une forme de défiance. Il place régulièrement les enseignants en porte-à-faux, à la fois vis-à-vis de leur hiérarchie et des familles. Ils sont sommés de répondre à des attentes qu’ils n’ont que très peu de chance de satisfaire car ils ne disposent ni du temps ni des moyens nécessaires.

Cette contradiction fragilise le fonctionnement des écoles, alimente l’incompréhension des familles et nourrit les tensions à tous les niveaux.

La récente communication ministérielle appelant les familles à prendre leur part dans la réduction des tensions au sein de l’école ne peut masquer les responsabilités de l’institution. Le climat scolaire ne repose pas uniquement sur les comportements individuels, mais aussi sur les conditions concrètes d’encadrement, d’organisation et de fonctionnement des classes.

Nous souhaitons enfin évoquer les conditions dans lesquelles se tient le dialogue social.

Des remontées de terrain nous indiquent que certaines informations relatives à des mesures de carte scolaire auraient déjà été portées à la connaissance d’élus locaux en amont des groupes de travail.

Nous ne sommes pas ici pour en discuter la véracité, mais ces éléments, si ils étaient confirmés, interrogeraient nécessairement les conditions dans lesquelles peuvent se tenir des échanges de qualité.

Le dialogue social suppose en effet des échanges sincères, fondés sur des marges réelles de discussion et de prise en compte des situations.

Des discussions sur des sujets où les décisions seraient déjà arrêtées ne nous semblent pas relever du dialogue social.

Nous sommes pleinement conscients du cadre dans lequel s’inscrit cette instance et des marges de manœuvre qui sont les vôtres.

Pour autant, nous tenons à exprimer clairement notre désaccord avec les orientations qui conduisent à ces suppressions de postes dans le premier degré.

Cette position ne relève pas d’un rejet de principe, mais s’appuie sur une analyse attentive des conditions de travail actuelles dans les écoles, telles qu’elles nous sont régulièrement remontées par les équipes.

La baisse démographique est l’argument technique avancé par le ministre pour justifier ces reprises de postes. Elle aurait dû au contraire être la pierre angulaire d’une politique éducative ambitieuse, permettre la diminution des effectifs, la reconstitution de viviers de remplaçants, des départs en formation plus importants (en CAPPEI par exemple)…

Au-delà des mesures présentées aujourd’hui, c’est bien la trajectoire globale de réduction des moyens, de nouvelle dégradation du service public, au détriment de la santé et des conditions de travail de nos collègues, au regard des exigences croissantes qui pèsent sur l’école, que nous contestons.

Nous continuerons à porter ces constats et ces alertes, dans l’intérêt des personnels, des élèves et du service public d’éducation.

Nous vous remercions.


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