Le CSA-SD qui étudie la carte scolaire pour la rentrée 2026 s’est tenu lundi 30 mars.
Dans sa déclaration liminaire, l’UNSA Education a pointé du doigt les orientations budgétaires du ministère, la dégradation des conditions d’accueil de nos élèves et de travail de nos collègues, les conséquences durables des fermetures sur l’ensemble du territoire… et nous avons dénoncé la concurrence déloyale de l’école privée.
A contrario, nous exigeons une dotation en moyens à la hauteur des besoins, une réelle prise en compte des spécificités locales, un renforcement des dispositifs d’accompagnement pour les élèves les plus fragiles, ainsi qu’un engagement clair en faveur de l’Ecole publique.
Lire notre déclaration liminaire en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Concernant le projet de carte scolaire 1er degré, l’UNSA Education a défendu toutes les situations mises à l’étude par l’inspecteur d’académie. Nous avons demandé la réouverture du poste de l’UPE2A de l’école de Langeac au regard des besoins, et non pas un glissement du poste mobile de Brioude vers Langeac. Nous avons également porté l’ouverture de classes dans les écoles les plus chargées de notre département comme à Aiguilhe, Coubon et St Christophe sur Dolaizon.
L’UNSA Education a dénoncé l’ouverture d’un poste de coordonnateur TER, demandant qu’il ne soit pas financé par l’Education nationale mais par le Conseil départemental comme c’est le cas en Creuse. L’an dernier, le Dasen avait renoncé à la création de ce poste.
Enfin, l’UNSA Education a dénoncé la mise en place des pôles d’appui à la scolarité (PAS), et la création de postes de coordonnateurs PAS. Les PAS seront co-gérés avec un personnel du médico-social. Mais que deviendront ces PAS si l’ARS coupe leur subventionnement ? Rien de pérenne ne peut être mis en place dans ces conditions. Un énième dispositif qui viendra mettre des pansements sur une jambe de bois… Ouvrons plutôt tous les postes spécialisés nécessaires en RASED, de Psy-EN, diminuons sensiblement les effectifs par classe pour permettre une meilleure prise en charge de nos élèves ! Agissons en prévention !
A l’issue des débats, l’Inspecteur d’académie a proposé de retirer deux écoles de la liste des potentielles fermetures : Langeac maternelle et l’école primaire de Taulhac au Puy en Velay.
L’inspecteur d’académie a également dit vouloir étudier davantage les situations de Mazeyrat d’Allier et Saint Hostien au vu des éléments apportés, et peut-être envisager de les retirer de la liste des fermetures.
L’inspecteur d’académie pourrait également envisager de mettre un moyen supplémentaire à l’année sur les écoles d’Aiguilhe, Coubon et Saint Christophe sur Dolaizon, mais aucune décision en ce sens n’a été actée.
Au regard de l’ensemble des mesures envisagées, et malgré le recul du DASEN sur deux situations, nous jugeons toujours la situation inacceptable pour les écoles de notre département, les dégradations des conditions d’accueil de nos élèves et de travail de nos collègues. Ainsi, nous avons voté CONTRE l’ensemble des propositions, ainsi que les autres organisations syndicales.
Le CSA-SD de repli est convoqué mardi 7 avril à 14h00.
Le CDEN quant à lui est maintenu ce mercredi 1er avril.
Concernant la carte scolaire pour le 2nd degré, l’UNSA Education a dénoncé dans sa déclaration liminaire le double pilotage Rectorat/DSDEN, ainsi que le calendrier des instances.
La Haute-Loire paie encore une facture salée pour la rentrée 2026 dans les collèges : 6 postes fermés et un poste gelé. Rappelons que l’académie de Clermont doit rendre en tout 49 ETP dont 37 en collège.
Mesures annoncées :
- perte de 9 divisions : deux pour les collèges de Brioude et d’Yssingeaux, une pour les collèges du Puy Jules Vallès et Lafayette, Monistrol sur Loire, Craponne sur Arzon et Blesle (octroi de moyens supplémentaires pour les 6ème dans le cadre de la division double niveau 6e/5e)
- une création à Brives Charensac.
Nous le répétons encore et encore, ce sont les plus gros collèges du département avec deux dispositifs ULIS / UPE2A voire une EGPA qui ont les effectifs de classe les plus chargés et qui, comble du comble, subissent des suppressions au lieu d’être soutenus pour pouvoir inclure dignement et donner aux personnels les moyens nécessaires pour exercer leur métier. Chaque année, l’UNSA Education demande à ce que ces collèges bénéficient de bienveillance. Le DASEN sera vigilant en ce qui concerne la situation d’Yssingeaux mais ne s’engage sur aucune autre situation.
Des ouvertures sont demandées pour les collèges de Jules Vallès, Brioude et Yssingeaux où des divisions à 30 élèves sont annoncés. Avec de tels effectifs, comment accueillir de nouvelles arrivées, réussir l’entrée en 6ème ou préparer au brevet ?
La dotation de l’EGPA du Chambon revient à la normale avec 70.5 heures. La situation de ce collège a été discutée car il a été intégré au plan « 8 000 collèges ». Plan que nous avons dénoncé en l’absence d’éléments précis sur l’accompagnement qui sera fait, les équipes devant monter des projets avant même de connaitre l’enveloppe qui leur sera allouée.
L’UNSA Education a demandé la création d’un dispositif relais sur le bassin du brivadois. En effet, sur les 6 collèges concernés, trois d’entre eux ont des IPS inférieurs à 100, indicateurs de la scolarisation d’un public particulièrement fragile. Un tel dispositif permettrait d’accompagner ces élèves et ainsi limiter les tensions et décrochages qui se multiplient. L’Inspecteur d’académie s’engage à étudier la proposition pour la rentrée 2027.
La création d’un dispositif ULIS au collège de Saint Didier en Velay est confirmée.
L’avis de l’UNSA Education : La baisse démographique ne doit pas être une excuse pour dégrader nos conditions de travail et surtout continuer à ne pas tenir compte des besoins des équipes enseignantes qui doivent gérer une hétérogénéité généralisée, des inclusions de plus en plus nombreuses. Car malgré cette baisse démographique nous comptons encore 29 divisions qui ont plus de 25 élèves par classe : c’est TROP !
Parlons maintenant de ce que les chiffres n’évoquent pas :
- Nous avons de plus en plus de petits collèges dans notre département rural. Moins de divisions signifie moins d’heures d’autonomie … c’est la double peine. Les équipes se retrouvent à gérer la pénurie et faire des choix draconiens en termes d’organisation et d’offre pédagogique. Des dotations supplémentaires devraient être attribuées pour tous les collèges qui en ont besoin. Pour l’instant, le DASEN ne s’engage pas et ne peut faire aucune proposition. Faites-nous remonter vos demandes.
- Des dotations horaires sont prévues pour financer des groupes de besoins et seront distribuées aux collèges qui en font la demande. Aucun chiffre n’est avancé. Nous demanderons un bilan plus transparent à la rentrée.
- Les chiffres parlent de nombre d’élèves par division mais ne mettent pas en avant la possibilité ou non de mettre en place du travail en petits groupes en sciences, en langues, en français, en maths. D’année en année, nous perdons ces heures si précieuses : comment enseigner les sciences avec 28 élèves ? comment enseigner les langues avec à chaque cours 28 élèves ? Là encore, c’est une dégradation insidieuse des conditions d’enseignement.
- Le nombre grandissant de dossier MDPH : nous sommes favorables à une école inclusive. Elle est nécessaire mais pas sans moyens, et pas à n’importe quel prix. Certaines classes accueillent jusqu’à un tiers d’élèves avec une notification MDPH. Il n’est pas normal que ce ne soit pas pris en compte.
- Autre critère non pris en compte et qui pourtant devrait alerter notre administration : le nombre de collègues en arrêt sur certains collèges, le nombre de burn out … là encore l’état des équipes est passé sous silence. La santé mentale reste un combat vain.
Le point second degré étant présenté en CSA-SD pour information, il n’est pas soumis au vote.