Vos représentants de l’Unsa Education ont siégé ce lundi 16 mars en CSASD pour examiner les créations et suppressions de postes dans les établissements du second degré.
Les organisations syndicales ont formulé vœu intersyndical expliquant le vote unanimement contre les mesures présentées. Un nouveau CSASD est convoqué le mardi 24 mars.
Texte de la déclaration liminaire lue en instance :
M. le DASEN,
Mmes et M. les membres du CSASD de la Gironde,
la carte scolaire qui se prépare pour la rentrée 2026 est vécue, dans nos écoles et dans nos établissements, comme une attaque directe contre le service public d’éducation et contre nos conditions de travail. Profitant de l’aubaine de la baisse de la démographie française, notre Ministre fait le choix de l’économie, plutôt que celui de la qualité. Nous aurions préféré un choix en adéquation avec les déclarations qui affirment que l’éducation est une priorité. Des investissements à la baisse se traduisent concrètement sur le terrain par la dégradation des conditions d’apprentissage des élèves et des conditions de travail des personnels.
L’école en avait-elle besoin ou pouvait-elle se le permettre ? A l’Unsa Education, nous affirmons que non. Les personnels sont de plus en plus en surmenage, en proie aux tensions entre leur professionnalisme et la réelle possibilité d’accomplir leur mission, le mal-être grandit au fur et à mesure de la dégradation des conditions de travail. L’éducation de nos enfants ne peut pas se faire sur la souffrance des personnels. Elle n’est pas une charge financière, elle est un investissement. L’Institut des Politiques Publiques dans son étude « Taille des classes et inégalités territoriales : quelle stratégie face à la baisse démographique ? » le confirme : « la réduction du nombre de personnel n’est pas une opération rentable sur le long terme, puisque pour un euro économisé, neuf euros sont perdus pour la société. »
Sur le terrain, nous savons bien ce que cela signifie : des classes trop chargées, moins de temps pour chaque élève, une inclusion scolaire toujours plus dégradée, des directrices et directeurs et des chefs d’établissement épuisés, des équipes contraintes de « faire toujours plus avec toujours moins ». Pour ouvrir, il faudra fermer encore plus de postes ailleurs. C’est une logique purement comptable, à rebours de tous les discours officiels sur la réussite de chaque élève, l’école inclusive, la proximité avec les familles. A l’Unsa Education, avec la suppression de 28 ETP dans le 2nd degré et 42 postes dans le 1er degré, nous dénonçons que nos élèves, nos écoles, nos collègues deviennent des variables d’ajustement budgétaire.
L’Unsa Education le dit clairement : nous refusons les fermetures sèches quand les besoins éducatifs restent élevés. Nous refusons que la baisse des effectifs serve de prétexte à un désengagement de l’État. Nous exigeons une dotation en postes qui permette réellement de réduire les effectifs par classe, de renforcer le remplacement, l’aide spécialisée, l’accompagnement des élèves à besoins particuliers.
Sans moyens supplémentaires, la « réussite de tous » reste un slogan creux. L’Unsa Education demande à surseoir sur les fermetures où les conditions d’enseignement sont déjà dégradées ; demande une véritable prise en compte des indicateurs sociaux, des besoins en inclusion, des réalités de direction, et pas seulement des moyennes d’effectifs ; demande un dialogue social réel, qui parte de la parole des équipes et non de tableaux déjà bouclés.
Le Budget de l’Éducation nationale ne doit plus être envisagé comme une dépense mais comme un investissement à long terme.
Nous vous remercions de votre attention,
Les représentants UNSA Education
Olivier Ferrari
Christophe Floréan
Cédrine Sancier
Lucie Saramito