L’UNSA Éducation Limousin n’a pas souhaité participer à l’intersyndicale concernant la hausse des violences envers les enseignants à l’école, précisément en raison de l’angle retenu, qui nous semble réducteur. L’UNSA Éducation Limousin refuse toute approche qui pourrait conduire, même indirectement, à une stigmatisation des élèves. Les comportements violents observés dans certains établissements sont bien réels et l’UNSA Éducation Limousin reconnaît pleinement les difficultés rencontrées par les équipes sur le terrain. Elles doivent être entendues et accompagnées. Mais ces situations sont aussi les symptômes de difficultés sociales, éducatives et médico-psychologiques plus larges que l’École ne peut pas porter seule.
Par ailleurs, ces difficultés ne concernent pas uniquement les écoles. Elles sont également présentes dans les établissements du second degré et dans les services sociaux et médico-sociaux, qui font eux aussi face à une augmentation des situations complexes. C’est bien l’ensemble du parcours des jeunes qui est aujourd’hui fragilisé et qui nécessite une réponse coordonnée des politiques publiques.
Depuis plusieurs années, l’UNSA Éducation Limousin alerte les autorités sur la progression de ces situations. L’UNSA Éducation Limousin a récemment rencontré Monsieur le Préfet pour évoquer la hausse des difficultés comportementales chez certains élèves, le besoin d’AESH plus nombreux, mieux formés et bénéficiant d’un véritable statut, ainsi que la nécessité de renforcer les coopérations avec les services sociaux et médico-sociaux.
L’UNSA Éducation Limousin a également saisi Madame la Rectrice sur ces enjeux et sera reçue en audience le 31 mars avec plusieurs organisations de l’UNSA Éducation Limousin : le SE-UNSA Éducation Limousin (syndicat des enseignants), le SNPDEN-UNSA Éducation Limousin (syndicat des chefs d’établissement), le SNASEN-UNSA Éducation Limousin (syndicat des assistantes sociales scolaires) et le SNIES-UNSA Éducation Limousin (syndicat des infirmières scolaires), afin de porter des propositions concrètes pour accompagner les équipes et mieux suivre les élèves sur l’ensemble de leur parcours.
L’UNSA Éducation Limousin a par ailleurs engagé un travail avec la MDPH et l’ARS, lancé une grande enquête nationale sur l’enseignement en grande ruralité ainsi qu’une enquête académique sur l’inclusion scolaire auprès des personnels. Ces démarches traduisent une volonté constante de construire des réponses durables et territorialisées.
Dans ce contexte, il est important de rappeler qu’au moment où deux postes dédiés aux élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) ont été proposés l’an dernier en Creuse, ces créations n’ont pas été soutenues par les organisations majoritaires locales, notamment le SNUipp-FSU et FO. Pour l’UNSA Éducation Limousin, le renforcement des moyens d’accompagnement constitue pourtant une priorité indispensable pour soutenir concrètement les équipes.
L’UNSA Éducation Limousin défend une approche globale : amélioration du statut et de la formation des AESH, renforcement du maillage territorial des services éducatifs, sociaux et médico-sociaux, soutien aux équipes, développement de la santé scolaire et prise en compte des enjeux de santé mentale des jeunes. L’École ne peut pas être seule face à ces défis.
C’est dans ce sens que l’UNSA Éducation Limousin porte actuellement une pétition nationale sur la santé mentale des jeunes et le renforcement de la santé.
Pierre Gautret
Secrétaire de l’UNSA éducation Limousin