Le SE-Unsa 66 a rencontré Vincent Lagasse, chargé de mission départemental pour la prévention et la lutte contre l’intimidation en milieu scolaire à la DSDEN. Cette rencontre a permis de faire le point sur les ressources disponibles dans le département et sur l’accompagnement des équipes confrontées à ces situations.
Pour le SE-Unsa, la prévention des violences, discriminations et intimidations est un pilier du climat scolaire.
Elle implique l’ensemble des personnels et ne peut pas se limiter à une réaction lorsque les situations apparaissent : la prévention et la remédiation doivent être au cœur de l’action.
Cela suppose des moyens, du temps et un véritable soutien institutionnel. (*voir toutes nos revendications sur le sujet en fin d’article)
Repérer une situation : les signaux qui doivent alerter
Les situations d’intimidation commencent souvent par des faits qui semblent isolés ou peu graves. Pourtant, certains signaux doivent attirer l’attention des équipes :
-répétition de faits, même de faible intensité (moqueries, surnoms, mises à l’écart) ;
-plusieurs alertes rapprochées dans le temps concernant un même élève ;
-isolement progressif dans la classe ou la cour ;
-rumeurs ou effet de groupe ;
-témoignages d’élèves, qu’ils soient actifs, passifs ou silencieux.
Dans le département, les niveaux les plus concernés sont CP, CE2 et CM1.
55 % des élèves identifiés comme cibles sont des filles.
En pratique : que faire si une situation apparaît ?
1️⃣ Informer la direction de l’école et l’IEN.
2️⃣ Mobiliser l’équipe ressource PHARE.
3️⃣ Analyser collectivement la situation et mettre en place les mesures nécessaires.
Dans les petites écoles, où les collègues peuvent se retrouver seuls face à ces situations, l’appui de l’équipe ressource, de l’IEN, des PsyEN et des référents bien-être est essentiel.
Le dispositif PHARE : comment ça fonctionne ?
Dans les écoles, la prévention et la prise en charge des situations d’intimidation s’appuient sur le programme PHARE.
Il permet notamment de :
- identifier une cible d’atteinte (élève victime) ;
- identifier les intimidateurs présumés ;
- prendre en compte les témoins ;
- mobiliser l’ensemble des personnels de l’école ;
- associer les familles pour sortir les élèves de la situation ;
- mettre en place des mesures de protection pour l’élève cible.
Dans le premier degré, la procédure est pilotée par l’IEN, qui valide le protocole, les courriers et le suivi.
Un appui départemental pour les équipes
Vincent Lagasse, chargé de mission départemental, peut être sollicité par l’inspection pour :
- analyser une situation d’intimidation ;
- accompagner les équipes dans la mise en œuvre du protocole ;
- orienter vers les ressources adaptées.
La plateforme 3018 est destinée aux familles.
Des ressources et formations pour les personnels
Le parcours d’auto-formation Magistère est ouvert à tous : https://partage02.magistere.apps.education.fr/enrol/index.php?id=379
Pensez-y :
La mallette PHARE 2025-2026 propose notamment :
- une charte pour l’accompagnement des élèves cibles ;
- une grille d’observation du temps périscolaire ;
- des modèles de courriers aux familles.
Pour aller plus loin, la méthode de la préoccupation partagée, intégrée à PHARE, vise à faire évoluer les comportements des intimidateurs présumés tout en soutenant l’élève cible.
Conférence de Jean-Pierre Bellon :
https://www.youtube.com/watch?v=ZYDc9-RadE0&t=22s
*Ce que porte le SE-Unsa
Le SE-Unsa revendique :
- des AED plus nombreux, stables et formés ;
- des assistants de prévention et sécurité en circonscription ;
- le renforcement du rôle des PsyEN et des RASED ;
- une véritable coéducation avec les familles.
L’École doit également donner aux élèves les clés d’un usage raisonné du numérique, alors que 70 à 80 % des situations dans le second degré sont liées au cyberharcèlement.
Prévenir l’intimidation, c’est donner les moyens d’agir
Face aux situations d’intimidation, les équipes éducatives ne doivent pas rester seules. Repérer les signaux, mobiliser les ressources et travailler collectivement sont des leviers essentiels.
Pour le SE-Unsa, améliorer la prévention passe aussi par des moyens humains, de la formation et du temps pour travailler en équipe. C’est à ces conditions que l’École pourra réellement protéger les élèves et soutenir les personnels.