l’UNSA

Jeudi 2 avril, le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) d’Ille-et-Vilaine s’est tenu dans un climat particulièrement tendu, révélant un profond malaise au sein de la communauté éducative. Chargée de décider des ouvertures et fermetures de classes, de la répartition des moyens et de l’organisation des rythmes scolaires, cette instance essentielle n’a pas réussi, cette année, à rassembler.

 La carte scolaire a en effet été largement rejetée, avec 16 votes défavorables et 5 abstentions, un résultat rare qui traduit une défiance marquée.

Très rapidement, les échanges ont mis en lumière un manque de transparence dans les décisions prises. Plusieurs élus ont demandé des explications précises sur certaines fermetures de classes, sans obtenir de réponses jugées satisfaisantes. La FCPE a également dénoncé l’absence de critères lisibles, comme la moyenne d’élèves par classe, rendant difficile toute compréhension globale des choix opérés. Dans ces conditions, beaucoup s’interrogent sur la légitimité d’un vote lorsque les règles de décision ne sont pas clairement établies. Le directeur académique lui-même a déclaré qu’une explication détaillée des arbitrages nécessiterait une journée entière, une réponse qui, loin d’apaiser les tensions, a renforcé le sentiment d’opacité.

Certaines décisions concrètes ont particulièrement alimenté l’incompréhension comme cet exemple donné par l’unsa. « À Lohéac, par exemple, une école voit une classe fermer alors que ses effectifs sont stables depuis cinq ans, passant de quatre à trois classes. Dans le même temps, d’autres établissements, avec le même nombre d’élèves, parfois moins chargés, ne sont pas concernés par des fermetures. C’est incompréhensible! Ces situations, difficilement justifiables pour les élus et les familles, nourrissent un sentiment d’injustice.

La question de l’inclusion des élèves en situation de handicap constitue un autre point de friction majeur. Les représentants de parents demandent que les élèves sans accompagnement AESH soient pris en compte dans les décisions de carte scolaire, estimant que leur présence modifie concrètement les conditions d’apprentissage. La DASEN s’y oppose, évoquant un risque de discrimination.

 Un argument contesté par la FCPE, notamment parce que des mécanismes différenciés existent déjà, comme l’indice de position sociale (IPS) utilisé dans les collèges pour adapter les seuils d’ouverture de classes. Pour les familles, ne pas intégrer ces réalités revient à ignorer les difficultés quotidiennes rencontrées dans les écoles.

Le contexte démographique pèse également sur les débats. Le département connaît une baisse importante des effectifs, avec notamment une chute record de plus de 1 000 élèves en sixième et une diminution globale dans les collèges. Toutefois, les moyens alloués diminuent encore plus rapidement, avec la suppression de 63 heures postes et de plusieurs heures supplémentaires, pour une baisse d’élèves moins importante. Plusieurs élus dénoncent ainsi un déséquilibre, estimant que le second degré est particulièrement pénalisé.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise démographique, certains intervenants rappelant que le taux de natalité actuel est comparable à celui observé en 1942.

Pour l’UNSA, cette période devrait au contraire inciter à renforcer les moyens de l’école plutôt qu’à fermer des classes, au risque de fragiliser davantage le système éducatif.

Au-delà des chiffres, de nombreux participants ont insisté sur la réalité du terrain. Une classe de 25 élèves peut représenter une charge très différente selon la présence d’élèves en difficulté ou en situation de handicap sans accompagnement adapté. Pourtant, les services académiques refusent de communiquer le nombre d’élèves concernés par établissement, invoquant des contraintes juridiques. Cette position est vivement critiquée par les enseignants et les familles, qui y voient un obstacle supplémentaire à la compréhension des décisions.

La question de l’inclusion apparaît d’autant plus préoccupante que le département fait face à un manque important de structures spécialisées, avec environ 1 200 places manquantes en IME et ITEP. Pour la présidente du Conseil départemental, Madame Larue cette situation risque d’aggraver les inégalités, faute de moyens suffisants pour accompagner tous les élèves.

Enfin, les rythmes scolaires continuent de diviser. Un tiers des élèves du département est encore scolarisé sur 4,5 jours, principalement dans quatorze communes, tandis que les autres sont passés à la semaine de quatre jours. Les arguments restent connus, entre recherche de simplicité pour les familles et volonté de mieux répartir les apprentissages, mais aucun consensus ne se dégage.

Au final, ce CDEN 35 met en lumière un malaise profond. Entre manque de transparence, décisions jugées incohérentes et prise en compte insuffisante des réalités sociales et éducatives, les attentes sont fortes. Les représentants de la communauté éducative appellent désormais à plus de clarté dans les critères, à un renforcement des moyens pour l’inclusion et à une meilleure prise en compte des indicateurs sociaux.

Sans évolution, c’est l’équilibre même de l’école publique qui pourrait être fragilisé.

CSA-SD – Réponses aux questions diverses

L’administration a apporté plusieurs éléments de réponse aux questions soulevées par les organisations syndicales.

Concernant les brigades départementales de formation (BD) et leur éventuelle évolution, il est précisé qu’un outil de gestion des remplaçants non spécialisés est en place, sans impact à ce stade sur l’organisation actuelle. Toute évolution serait harmonisée au niveau académique. La déspécialisation évoquée pour 2025 reste à confirmer.

Un point de vigilance est soulevé sur l’organisation de la formation CAPPEI, notamment sur la disparition possible des mercredis libérés lors des sessions longues.

Le dispositif UPE2A est maintenu en l’état pour la rentrée 2026..les changements seron,t pour 2027 !

Les postes d’IEN, notamment en ASH, sont en cours de pourvoi, avec des validations au niveau national.

L’absence de remplacements des secrétaires de circonscription est confirmée et liée à des contraintes budgétaires.

La demande de communication de la liste des fonctionnaires stagiaires reste sans réponse à ce stade.

Le « JAT balai » est rappelé comme un second jury pouvant valider, prolonger ou renouveler le stage des enseignants stagiaires.

Les règles de bonification liées à la carte scolaire, limitées aux postes de même type (ECEL/ECMA), sont jugées restrictives dans certains territoires.

La possibilité d’un temps partiel à 80 %, existante dans d’autres académies, fait l’objet d’une demande de réexamen.

Concernant les moyens humains, 5,73 % des enseignants sont hors classe.

Le taux de remplacement atteint 83 % dans le 35, laissant 17 % des absences non remplacées.

Les remplaçants représentent 7,75 % des effectifs du premier degré. Depuis le début de l’année, 3 849 journées n’ont pas été remplacées.

Les départs à la retraite s’élèvent à 101 pour 2023-2024 et 61 pour 2024-2025.

Aucune donnée n’a été communiquée sur le taux de réussite au CAPPEI.Cela nous interroge ??

Enfin, cinq départs annuels en formation à la langue bretonne sont possibles par département.

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