10 Avril 2026.

Jour de la sortie des classes , période de mouvement intra!

 L’académie de Rennes envoie un courrier aux coordonnateurs et coordonatrices de PIAL. Un texte sec, administratif, presque méprisant : « Vos missions s’achèveront au 31 août. Les PAS prendront le relais. Cordialement. » Aucune transition. Aucune reconnaissance. Aucune alternative. 

Pourtant, depuis 2019, ces professionnels ont construit l’école inclusive sur le terrain :

  • Ils ont formé et accompagné les AESH (alors que l’Éducation nationale ne le faisait pas).
  • Ils ont géré les affectations des AESH dans un contexte tendu, organisé les emplois du temps  (alors que les pilotes n’avaient pas le temps).
  • Ils ont remédié les conflits en première intention (alors que les familles et les enseignants étaient perdus).

Aujourd’hui, l’académie les jette. Sans explication. Sans solution.

 « Ce n’était pas dans vos missions » : un argument qui relève du déni

L’administration ose nous dire : « La gestion des AESH ne faisait pas partie de vos missions officielles. » Pourtant, sur le terrain, c’est bien aux coordonnateurs que revenait :

 La répartition des AESH (une moyenne de 291 élèves notifiés et de 113 AESH par PIAL dans le 35).

 La formation des AESH (accueil des nouveaux, outils numériques, posture professionnelle).

 La médiation (conflits entre familles/AESH/Enseignants ,ajustements des accompagnements).

 Le lien avec les MDPH (transmission des notifications, suivi des dossiers).

 Si ce n’était pas dans leurs missions, pourquoi l’administration a-t-elle laissé les coordonnateur le faire pendant 5 ans ?

Le ton du courrier est froid, impersonnel, presque humiliant :

  • Aucune mention des réussites (ex : baisse des ruptures de parcours dans les PIAL)
  • Aucune proposition de transition (les coordonnateur sont sommés de partir sans former leurs remplaçants). Mais heureusement ils peuvent conserver leur décharge un an !
  • Aucune reconnaissance (5 ans de travail réduits à une simple ligne administrative).

C’est comme si l’académie disait : « Vous avez servi, maintenant disparaissez. »

Les pilotes des PAS ne reprennent pas le flambeau : une réforme en trompe-l’œil. Une transition bâclée, des acteurs abandonnés

La réforme prévoit que les PAS seront pilotés par un trinôme (IEN + chefs d’établissement public/privé): C’est déjà le cas, mais il manque des pilotes dans le 2D et un AESH référent à la coordination.

Problème : personne n’est prêt, n’est averti.

 

ActeurProblèmeConséquence
IENCharge administrative déjà colossale (budgets, inspections, projets).Pas le temps de gérer les AESH.
Chefs d’établissementPriorités ailleurs (vie scolaire, sécurité, projets pédagogiques).Les AESH seront relégués au second plan.
AESH référents pas de formation, des missions très éloignées de ce qui leur incombait jusqu’à présent.Burn-out garanti, coordination inefficace. Refus 

 

 Résultat : Personne ne prendra le relais. Les AESH seront livrés à eux-mêmes, les enseignants devront gérer seuls, et les élèves en situation de handicap en paieront le prix.

 « On verra bien » : une logique irresponsable

L’administration répond aux inquiétudes par un silence assourdissant :

Aucun calendrier pour la formation des AESH référents qui seront par ailleurs sollicités pour la formation professionnelle de leurs pairs primo-arrivants, à compter de la rentrée 2026.

Aucun budget pour les décharges horaires.

Aucune garantie que les pilotes des PAS auront le temps et les moyens d’assurer la coordination.

→C’est comme si on disait à un chirurgien : « On supprime ton équipe, mais continue à opérer. »

  Ce que les coordonnateurs de PIAL ont apporté

Derrière les chiffres et les organigrammes, il y a des humains :

Pour les élèves : Moins de ruptures de parcours, des accompagnements mieux adaptés

Pour les écoles et les établissements: Un interlocuteur à l’écoute, connaissant le terrain et les possibles, moins de charge mentale

Pour les enseignants : Moins de charge mentale (plus besoin de gérer les AESH en plus de leurs classes).

Pour les familles : Un interlocuteur unique, qui connaît leur enfant et leurs besoins.

 En supprimant ces postes, l’académie prend le risque :

  • D’alourdir la charge des AESH référents (qui devront gérer l’affectation et la formation de leurs pairs AESH sans avoir été formés, sans outil de gestion académique efficient, s’imposer face à des PERDIR/directeurs d’école/enseignants)
  • De détériorer la qualité des accompagnements (moins de formation, moins de coordination, moins de gestion des situations complexes), le suivi des moyens (priorisations)
  • De démotiver les AESH (qui se sentiront moins soutenus).

 Un mauvais calcul économique

L’académie justifie cette réforme par des économies : « Supprimer les coordonnateurs, c’est moins de dépenses. » Mais à quel prix ?

Coût des échecs de l’inclusion : Ruptures de parcours, élèves déscolarisés, familles en détresse.

Coût du turnover des AESH : Burn-out, départs, recrutements constants.

Coût pour les enseignants, les établissements : Temps perdu à gérer des situations qu’ils ne maîtrisent pas.

 Ce qui coûte cher, ce n’est pas la coordination. C’est l’échec de l’inclusion.

 Nos revendications : pour une école inclusive qui ne laisse personne de côté

Face à cette réforme violente et irresponsable, le SE-Unsa exige :

La pérennisation des postes de coordinateurs/trices dans les PAS

  • Décharge horaire suffisante (au moins 0,5 ETP).
  • Reconnaissance statutaire (création d’un statut d’enseignant référent gestionnaire pour l’école inclusive).

 Un moratoire sur les suppressions de postes

  • Aucun coordonnateur ne doit être supprimé tant que les nouvelles modalités ne sont pas opérationnelles.

 Témoignage d’un coordinateur de PIAL (anonymisé)

« On nous a demandé de tout gérer pendant 5 ans : les emplois du temps, les formations, les conflits. Aujourd’hui, on nous dit : ‘Ce n’était pas votre travail.’ Mais qui l’a fait, alors ? Personne. Et demain, qui le fera ? Personne non plus. L’académie nous a utilisés quand ça l’arrangeait, et maintenant on nous jette. C’est inacceptable. »  Coordonnateur de PIAL en Ille-et-Vilaine


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