Le Gers est désormais placé en vigilance orange. Dans de nombreuses écoles du département, les élèves et les personnels affrontent des températures qui rendent les apprentissages difficiles et les conditions de travail parfois insupportables.

Face à cette situation, le SE-UNSA 32 a décidé d’agir : alerte en instance, enquête départementale pour faire entendre vos voix…

Une enquête départementale SE-UNSA 32 pour faire entendre la réalité du terrain

Afin de disposer d’un état des lieux précis et objectivé, le SE-UNSA 32 a lancé une grande enquête auprès des écoles du Gers.

61 écoles ont répondu, sur les 186 écoles que compte le département, soit environ 33 % des écoles gersoises.

Cette participation importante nous permet aujourd’hui de dresser un constat clair : une grande partie de nos écoles n’est pas adaptée aux épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient année après année.

Des bâtiments scolaires inadaptés au changement climatique

Les résultats de l’enquête sont préoccupants :

  • 57 % des écoles répondantes ne disposent d’aucune salle de classe climatisée ;
  • près d’une école sur deux ne possède aucune salle refuge permettant de mettre les élèves à l’abri de la chaleur ;
  • plus des deux tiers des écoles considèrent que les espaces ombragés sont insuffisants ;
  • une majorité des répondants juge l’isolation thermique des bâtiments inadaptée.

Alors que les épisodes caniculaires deviennent de plus en plus fréquents, beaucoup d’écoles restent conçues comme si les températures extrêmes étaient exceptionnelles.

Des classes qui se transforment en fours

Les témoignages recueillis sont sans appel.

De nombreuses écoles déclarent enregistrer régulièrement des températures supérieures à 30°C dans les salles de classe.

Certaines signalent des températures comprises entre 32°C et 35°C, voire davantage lors des épisodes les plus intenses.

À ces niveaux de chaleur, chacun sait ce qu’il devient possible ou impossible de faire : apprendre, se concentrer, enseigner, accompagner les élèves les plus fragiles ou simplement rester plusieurs heures dans une salle non adaptée.

Des conditions d’apprentissage et de travail fortement dégradées

Les conséquences sont directes.

Pour les élèves

45 écoles sur 61 (74 %) estiment que les conditions d’apprentissage deviennent dégradées à critiques.

Fatigue, baisse de concentration, irritabilité, difficultés à maintenir l’attention : les effets de la chaleur sont désormais une réalité quotidienne dans de nombreuses classes.

Pour les personnels

48 écoles sur 61 (79 %) estiment que les conditions de travail deviennent dégradées à critiques.

Ces chiffres rappellent une évidence : la santé et la sécurité des personnels ne peuvent pas être reléguées au second plan lorsque les températures atteignent des niveaux excessifs.

Une capacité d’accueil remise en question

À la question :

« Votre école est-elle en capacité d’accueillir les élèves dans de bonnes conditions lors d’une période de plusieurs jours à plus de 33°C ? »

les réponses sont particulièrement inquiétantes :

  • 21 écoles jugent que la situation deviendrait critique ;
  • 25 écoles estiment pouvoir accueillir les élèves mais avec de grandes difficultés ;
  • seulement 14 écoles considèrent disposer de conditions satisfaisantes.

Autrement dit, dans la majorité des situations, les écoles gersoises ne sont pas en mesure de faire face sereinement à un épisode caniculaire prolongé.

Le SE-UNSA 32 agit : les écoles les plus exposées ont été identifiées

Au-delà du constat général, le SE-UNSA 32 a procédé à une analyse approfondie des réponses afin d’identifier les établissements les plus vulnérables.

Ont notamment été pris en compte :

  • l’absence de climatisation ;
  • l’absence de salle refuge ;
  • les températures relevées dans les locaux ;
  • les conditions d’apprentissage jugées critiques ;
  • les conditions de travail jugées critiques ;
  • l’incapacité à accueillir les élèves dans de bonnes conditions lors d’épisodes supérieurs à 33°C.

À l’issue de ce travail, les écoles ont été classées selon trois niveaux :

  • Très prioritaires
  • Prioritaires
  • À surveiller

Cette liste a été remise au DASEN afin que des réponses concrètes puissent être apportées aux situations les plus préoccupantes.

Le SE-UNSA 32 a alerté l’administration en instance

Lors des réunions avec l’administration, le SE-UNSA 32 a porté ce dossier avec force.

Nous avons rappelé que le changement climatique n’est plus une hypothèse pour demain : il est déjà une réalité dans nos écoles.

Nous avons demandé que les situations les plus critiques fassent l’objet de mesures immédiates et que des solutions soient construites avec les collectivités concernées.

Le Préfet, les maires et l’employeur doivent prendre leurs responsabilités

Lorsqu’une école devient incapable d’assurer des conditions d’accueil acceptables, il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’agir.

Le SE-UNSA demande que les décisions soient prises localement en fonction de la réalité de chaque école.

Parmi les mesures envisageables :

  • adaptation des horaires scolaires ;
  • accueil des élèves uniquement le matin dans les écoles les plus exposées ;
  • fermeture des locaux devenus inadaptés durant les heures les plus chaudes ;
  • maintien d’un accueil spécifique pour les enfants des professions prioritaires dans des locaux adaptés ;
  • possibilité laissée aux familles qui le peuvent de garder leurs enfants à domicile lorsque l’école ne dispose d’aucune solution de protection efficace.

La santé des personnels doit être protégée

L’employeur a une obligation de protection envers ses agents.

Le SE-UNSA invite les collègues à :

✔ effectuer régulièrement des relevés de température ;

✔ renseigner le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) ;

✔ signaler les situations préoccupantes à la F3SCT départementale :
sec.f3sct32@ac-toulouse.fr

✔ se signaler rapidement auprès de leur hiérarchie lorsqu’ils sont personnels vulnérables (grossesse, pathologie, RQTH, situation médicale particulière, fin de carrière…) afin que des mesures de protection adaptées puissent être mises en œuvre.

Nos écoles doivent s’adapter maintenant

Les épisodes de fortes chaleurs ne sont plus exceptionnels.

Chaque année, ils sont plus fréquents, plus longs et plus intenses.

Nos écoles ont été construites pour le climat d’hier. Il est désormais indispensable de les adapter au climat d’aujourd’hui.

Le SE-UNSA 32 continuera à porter ce dossier auprès du DASEN, des collectivités locales et des services de l’État.

Parce qu’enseigner à 34°C n’est pas normal.

Parce qu’apprendre dans une salle surchauffée n’est pas acceptable.

Parce que protéger les élèves et les personnels n’est pas une option : c’est une obligation.

 

Consulter et imprimer le rapport : Enquête départementale SE UNSA 32


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