Décharges insuffisantes, tâches administratives chronophages, reconnaissance financière en deçà des responsabilités exercées : la fonction de directeur·trice d’école souffre d’un manque criant de moyens. Le SE-Unsa porte un projet structuré autour de quatre axes pour transformer durablement l’exercice du métier et donner enfin à l’école les moyens de fonctionner. Présentation.

Un temps de décharge à la hauteur des responsabilités

Le SE-Unsa revendique une amélioration substantielle du régime de décharge pour l’ensemble des directeur·trices, avec :

  • une décharge majorée pour les directeur·trices exerçant en éducation prioritaire, dans une école avec dispositif ou classe spécialisée (Ulis école, Upe2a, Clex, UEMA, UEA, UEE…), dans une école multi-site, ou avec un projet pédagogique particulier (classes à horaires aménagés, classes bilingues, cités éducatives…) ;
  • pour les écoles de 1 à 3 classes, non bénéficiaires d’une décharge hebdomadaire : l’assurance d’une décharge tenue par le même enseignant tout au long de l’année, sur un calendrier fixe ;
  • une aide humaine supplémentaire pour les écoles comptant un nombre important de classes ou d’élèves ;
  • à terme, la fin de la classe attitrée pour les directeur·trices, qui seraient chargés d’enseignement dans le cadre du projet d’école, plutôt que responsables d’une classe fixe — une évolution destinée à leur dégager davantage de temps pour l’accompagnement pédagogique de leur équipe.

Des conditions d’exercice enfin facilitées

Pour le SE-Unsa, la lourdeur administrative ne peut plus reposer sur les seules épaules des directeur·trices. Le syndicat revendique notamment :

  • une redistribution des tâches administratives, et une aide administrative formée et pérenne pour toutes les écoles ;
  • l’accès à une formation continue régulière et à des réunions de directeur·trices sur le temps de classe, avec remplacement si elles ont lieu un jour non déchargé ;
  • un allongement de la durée de validité de la liste d’aptitude, et les mêmes droits pour les directeur·trices d’écoles à 1 classe que pour leurs collègues (liste d’aptitude et formation) ;
  • un véritable droit à la déconnexion : aucune astreinte téléphonique ou électronique, aucun recours à l’équipement ou au forfait personnel — seuls les cas d’extrême gravité pouvant justifier une sollicitation hors temps de service ;
  • la mise à disposition, sur demande, d’un téléphone professionnel, ainsi que d’outils numériques dédiés, fonctionnels et régulièrement mis à jour ;
  • un intérim facilité, avec une mise en place dans les plus brefs délais et un accompagnement adapté pour les personnels qui l’assurent.

Une reconnaissance financière à la hauteur de l’engagement

Pour le SE-Unsa, la rémunération des directeur·trices doit être revalorisée en cohérence avec les principes portés par le projet syndical : privilégier l’indiciaire à l’indemnitaire plutôt que de multiplier les primes, indexer les indemnités sur la valeur du point d’indice et les revaloriser régulièrement, en particulier les plus faibles d’entre elles. Le syndicat s’oppose par ailleurs à toute logique de rémunération au mérite, et demande qu’une charge de travail importante comme celle de la direction d’école donne lieu à une reconnaissance financière proportionnée à la sujétion exercée.

Vers une école dotée d’une véritable existence juridique

Au-delà des conditions d’exercice, le SE-Unsa porte une transformation plus profonde : donner à l’école un statut d’établissement public communal ou intercommunal d’enseignement, pour permettre aux équipes de décider et de mettre en œuvre leur projet pédagogique de façon autonome.

Un tel établissement, à taille humaine, devrait disposer d’un budget propre, d’assistants d’éducation dédiés à l’appui pédagogique et éducatif, ainsi que d’un secrétariat administratif pérenne et formé — à terme confié à un personnel titulaire de la Fonction publique d’État. En cas d’école multi-site, le SE-Unsa demande également la création d’un poste de directeur·trice adjoint·e déchargé·e.

Cette évolution suppose la création d’une véritable fonction de directeur·trice d’établissement, dont le lien avec les enseignant·es serait fonctionnel et non hiérarchique, et dont la valorisation financière devrait être à la hauteur des responsabilités. Dans les structures ne permettant pas immédiatement une décharge totale, le directeur ou la directrice pourrait conserver une mission d’enseignement au service du projet d’école, sur le principe d’un maître supplémentaire. En cas d’établissement multi-site, une fonction rémunérée de référent de site viendrait compléter le dispositif du directeur adjoint.

Le SE-Unsa insiste toutefois sur la méthode : cette transformation ne peut se faire de façon uniforme et à marche forcée. Elle doit reposer sur des expérimentations volontaires, associant collectivités et équipes, avant qu’un bilan ne permette d’arrêter les modalités concrètes de création de ces établissements du premier degré.

Deux volets indissociables

Le projet du SE-Unsa pour la direction d’école répond à une double ambition : faciliter l’exercice quotidien de la fonction, et donner à l’école les moyens juridiques de fonctionner pleinement. Deux volets complémentaires, portés avec la même détermination.

Ces revendications s’inscrivent dans le cadre plus large du projet syndical du SE-Unsa, à consulter dans son intégralité.


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