Le SE-Unsa de l’académie de Bordeaux est engagé pour l’amélioration des conditions de travail et d’évolution de carrière des Assistants d’Education, notamment sur les questions de cédéisation.

Actuellement beaucoup de questions, de problèmes et d’attentes avec peu de réponses satisfaisantes au Niveau national. Le Rectorat de Bordeaux a mis en place un cycle de réunions et c’est par le dialogue social que le SE-Unsa de l’académie de Bordeaux fait entendre les voix de nos collègues Assistants d’Education. Lors du dernier groupe de travail du 16 juin 2026, le SE-Unsa était représenté par Jean D’ARTIGUE (Elu en CCPA AED), Christophe NOWACZECK (Tête de réseau Vie Scolaire Académie de Bordeaux) et Hélène SOARES (Tête de réseau Contractuels Académie de Bordeaux)

Les revendications du SE-Unsa (synthèse de nos précédents articles)

AED Cédéisés : une grille de rémunération nationale est urgente !

Des grilles académiques de rémunération des AED Cédéisés se mettent en place progressivement. Le SE-Unsa porte la nécessité d’une grille nationale comme vecteur d’équité entre les AED sur l’ensemble des territoires.

Le sujet du crédit d’heures de formation est abordé, y compris pour les AED Cédéisés.

Des grilles de rémunération inadaptées

Au-delà du besoin d’obtenir une grille nationale, le SE-Unsa dénonce le fait que ces grilles sont souvent calquées sur celles mises en place pour les AESH. Ce n’est pas pertinent puisque les AESH peuvent être Cédéisés au terme de 3 ans, alors que pour les AED, il en faut 6. Ils ont donc davantage d’ancienneté au moment de leur cédéisation, ce qu’il faut prendre en compte. De plus, les grilles proposées localement restent peu attractives d’un point de vue financier.

Le SE-Unsa a porté ses revendications au ministre lors d’une audience consacrée à la vie scolaire (Les revendications du SE-Unsa pour les CPE et AED) :

Pour les AED – malgré la mise en place récente du cadre de gestion dont nous déplorons qu’il ait été élaboré avec trop peu de concertation avec les organisations syndicales, à l’exception de l’évaluation – les tensions dans les établissements autour des horaires hebdomadaires demeurent.

Comment peut-on estimer « tenable » d’élaborer des grilles avec une présence supérieure à 41h hebdomadaires, certes pour répondre aux enjeux de l’accueil des élèves et de leur sécurité avec les contraintes de dotations horaires qui réduisent ? Enfin, comment imaginer que les AED puissent poursuivre des études dans des conditions financières correctes s’ils doivent assurer un service de 36h/semaine ? Quel temps peuvent-il réellement accorder à leur poursuite d’études quand ils ne se voient pas accorder les 200h de formation lorsqu’ils sont cédéisés ?

Le ministre a reconnu qu’il partageait notre point de vue et que la grille devait être nationale.

Mais il a également mentionné l’absence de budget. Pour autant, le SE-Unsa poursuivra cet objectif jusqu’à ce qu’il soit atteint.

Les AED doivent bénéficier de temps de formation

Par ailleurs, il faut prendre en compte l’allongement des parcours de formation lorsqu’on est étudiant salarié AED, et 6 ans ne sont pas toujours suffisants pour mener son parcours à son terme. Il est difficile, voire impossible de se former quand on fait 41 h hebdomadaires comme AED cédéisé.

Le SE-Unsa réaffirme la nécessité d’ouvrir la possibilité aux AED Cédéisés de bénéficier du crédit d’heures de formation de 200 h pour un plein-temps, avec les mêmes modalités que pour les AED en CDD, et au prorata pour les autres quotités de travail. Même si tous les AED Cédéisés n’utiliseront pas cette opportunité, elle doit leur être ouverte.

Sur ce point, la réponse du ministre a été moins nette. Mais pour le SE-Unsa, c’est un point important qui doit être mis en œuvre, avec à la clé les dotations qui permettent aux établissements de fonctionner sereinement.

L’avis du SE-Unsa

Pour travailler à la fois sur l’élaboration d’une grille nationale et sur l’ouverture du crédit d’heures de formation aux AED Cédéisés, le SE-Unsa demande la mise en place d’un temps de travail sur ces deux sujets.

Faire respecter les droits des AED

Le SE-Unsa a aussi évoqué le besoin de réaffirmer certaines règles, qui sont inégalement respectées. Par exemple, le respect des pauses s’impose. La pause de 20 minutes au bout de 6 heures travaillées doit être différenciée de la pause repas, laquelle doit être de 30 minutes dans le temps de service si l’AED reste dans l’établissement (il est donc en quelque sorte « d’astreinte »), ou supérieure à 45 minutes si elle est prise hors de l’établissement.

Ces rappels à la réglementation nous semblent de nature à apaiser les tensions dans le quotidien des établissements et aller dans le sens du bien-être au travail des équipes. L’amélioration des conditions de travail des AED, qui repose notamment sur le respect des droits des personnels et la protection de leur santé au travail, doit être garantie par l’employeur.

Adapter la grille d’évaluation et sécuriser les renouvellements de contrat

Le SE-Unsa a salué la publication du cadre de gestion des AED, qui va dans le bon sens (AED : enfin un cadre de gestion).

Cependant, la grille d’évaluation des AED est calquée sur celle des AESH, alors que leurs missions sont différentes. N’étant pas adaptée aux missions des AED, cette grille ne permet pas aux évaluateurs – le chef d’établissement ou le CPE à qui l’évaluation peut être déléguée – de conduire une évaluation pertinente. Dans l’attente d’une grille spécifique adaptée aux AED, le SE-Unsa demande que son utilisation soit facultative.

Enfin, le SE-Unsa revendique que les dotations en AED soient données plus tôt aux établissements afin que les entretiens qui ont lieu en mars-avril coïncident avec les dotations. Ainsi, les AED ne seraient plus maintenus dans une certaine incertitude et cela leur éviterait de chercher un autre emploi en attendant une réponse de renouvellement de contrat.

Le ministre s’est engagé à faire un rappel aux équipes de direction pour que la réglementation soit respectée partout. Par ailleurs, il est prêt à faire évoluer la grille d’évaluation. 

Le Groupe de Travail Académique du 16 juin 2026 était présidé par M. VULLIET, secrétaire général adjoint et délégué aux ressources humaines, et M. JOURDAN, Directeur de l’EAFC.
Sujet du jour : Les questions de cédéisation et de mobilité des AED.

Cartographie de la cédéisation des AED, quelques données académiques :

Juin 2026 : l’ Académie compte 533 AED en CDI, majoritairement avec une ancienneté de 1 à 2 ans (366 Femmes et 167 Hommes). Projection fin d’année civile : 1 centaine d’AED cédéisés (éligibles). Portrait type : 200 entre 35 et 44 ans. La cédéisation est ouverte après 6 ans de CDD. Une interruption de plus de 4 mois empêche la cédéisation. Entretien et avis du Chef d’Etablissement (CDE), puis décision par le Recteur.

Les recours aux décisions du chef d’établissement : possible soit par recours gracieux auprès du CDE soit par recours hiérarchique auprès du Recteur. La DPASCO analyse en lien avec le CDE le refus : si tout s’est bien passé dans le parcours professionnel, pas d’opposition, mais le CDE peut garder la main pour des raisons d’organisation de service.

Une organisation syndicale a souligné la nécessité d’un cadre pour les cédéisations face à cette zone grise trouve souvent utilisé par les CDE pour régler des problèmes qui n’en sont pas (AED qui ont fait remonter des problématiques ou parfois ont été grévistes). Exemples de situations qui auraient dû se solder par des CCP disciplinaires mais les CDE n’ont rien fait remonter.  Modifications de quotités de services à l’issue de la 6ème année. Nécessité d’un cadre académique pour éviter les « abus de pouvoir ».

La DPASCO partage cette avis sur les quotités sanctions mais est vigilante sur la représentation du  « CDI à vie ».

L’académie de Bordeaux n’était pas concernée par les suppressions des 195 postes d’AED prévues par le Ministère et annulées en fin d’année scolaire. 2495 supports d’AED sont pérennisés dans notre académie.

Le SE-Unsa a rappelé que l’avis du Chef d’Etablissement devait rester un avis et a insisté sur la mobilité, le droit à formation, la quotité de travail et le forfait nuit. Les emplois AED doivent rester un tremplin vers la Fonction Publique.

Le Rectorat se retourne systématiquement vers le Chef d’Etablissement si l’avis n’est pas étayé. Pour le Rectorat, il faut désescalader la vision de l’emploi des AED CDI qui ne sont pas des CPE bis. Il faut désamorcer les préjugés. Besoin d’un cadre construit sur l’information diffusée par le Rectorat, sans rigidifier. Il faut lever certains leviers, sans lister des motifs valables ou non valables, trouver la maille la plus pertinente pour rendre le cadre le plus visible possible.

Géographiquement : communication à venir. Il sera intéressant de voir comment s’ancre la cédéisation en territoire, pour voir s’il y a un effet ruralité pour asseoir des personnels dans le temps et résoudre la problématique du recrutement.

Une organisation syndicale souligne que dans le Privé, il y a un fonctionnement avec ¾ de CDI et ça fonctionne. Problématique de la non-formation des cadres (CDE et CPE) à la gestion de personnels qui étaient là avant eux et seront là après eux. Nécessité de poser un temps d’évaluation annuel pour chaque AED pour faire un point et un état des lieux, c’est une obligation. Il faut obliger les équipes à ce temps d’évaluation avec une grille critériée, évaluation professionnelle, pour éviter la censure des CDE.

Le Rectorat rappelle que les CPE ont bien cette formation. Mais sur la partie « objectivation », il y a une nécessité de compréhension de l’AED, de prise de conscience de ses compétences et de ses limites… Il faut dire pourquoi on envisage de garder ou pas…

Le SE-Unsa a insisté sur la première phrase brandie souvent par les Chefs d’Etablissements : « AED, ce n’est pas un métier ! » « Vous n’allez pas faire ça toute votre vie ! » « Vous commencez à avoir un certain âge ! » avec des effets délétères sur le moral des AED.
Contrairement à d’autres syndicats, le SE-Unsa n’est pas braqué sur la notion de CPE « chef de service », même si le C.P.E. n’est pas personnel de direction. Pour le SE-Unsa, le CPE organise et coordonne le service vie scolaire et anime l’équipe des AED. Dans ce cadre il a besoin d’une autonomie réelle et reste concepteur de son métier. Le CPE a donc bien une fonction de management, mais pas celle d’un chef hiérarchique équivalent à un personnel de direction.

Mobilité : pour la rentrée 2027. Réflexion sur une bourse à la mobilité, via l’application COLIBRIS.

Le SE-Unsa, même s’il est opposé au profilage massif des postes C.P.E. a proposé de s’inspirer des fiches de postes des postes à profils CPE, sans s’enfermer dans une fiche trop contraignante, pour guider la mobilité des AED en CDI.

LE FORFAIT NUIT : 3H comptées actuellement du coucher au lever des élèves pour les AED assurant une mission d’internat.

Le SE-Unsa de l’académie de Bordeaux a attiré l’attention du Rectorat et des autres organisations syndicales à ne pas faire une usine à gaz, avec un décompte des interventions coefficientées comme pour les temps d’astreinte. En majorant le forfait d’une nuit d’1h ou 2H, ce serait une véritable reconnaissance et une manière de rendre le métier plus attractif. Pour le SE-Unsa de l’académie de Bordeaux, il y a des situations (élèves en stages, sorties culturelles, situations médicales, alarmes…) où l’activité est intense et réelle. Le SE-Unsa est plutôt favorable à l’augmentation du forfait nuit d’1H ou de 2H qu’ à un temps de récupération. Mais il faut évaluer le coût en Equivalent Temps Plein pour doter les établissements à la hauteur des besoins.

Rentrée septembre 2026 : rappel du droit à la formation pour les AED CDD.

Le Rectorat s’est engagé à la continuité des échanges sur 2026/2027. (Groupe de Travail, échanges informels..)

Pour le SE-Unsa de l’académie de Bordeaux

Christophe NOWACZECK, responsable Vie Scolaire.


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