Le SE-Unsa s’abstient sur le projet de décret relatif aux questionnaires sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) soumis au CSE. Nous partageons pleinement l’objectif qui est de permettre aux élèves de parler, mieux repérer les violences et mieux les protéger. Mais recueillir une parole oblige. On ne peut pas demander à un élève de révéler une situation de violence sans être certain que l’institution sera en capacité d’agir immédiatement.
Le principal point d’alerte concerne le traitement des questionnaires. Lorsqu’un élève signale une situation potentiellement grave, son questionnaire doit pouvoir être examiné dans la journée et donner lieu, si nécessaire, à un entretien ainsi qu’à une prise en charge. Que se passe-t-il si, faute de personnels disponibles, l’élève est renvoyé le soir dans une famille qu’il vient de mettre en cause ? Le risque est alors de nourrir chez lui un sentiment d’abandon voire de le mettre davantage en danger. Or, les moyens humains actuellement disponibles ne permettent pas de garantir partout cette réponse immédiate.
Le SE-Unsa demande que ce questionnaire s’inscrive dans un véritable parcours de protection, associant les séances d’Evar(s), la formation des personnels au repérage des signaux faibles et au recueil de la parole, ainsi que des moyens suffisants pour assurer le traitement et le suivi des situations révélées.
Recueillir la parole des élèves est indispensable. Être en mesure de l’entendre, de la protéger et d’agir l’est tout autant.
Paris, le 1er octobre 2026
Élisabeth Allain-Moreno
Secrétaire générale
Attachée de presse
Venantia Petillault
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