Dans un contexte de forte rigueur économique, la part collective du pass Culture continue de reculer en 2026. Ce dispositif permet pourtant aux établissements scolaires de financer des projets culturels pour les élèves.
Une fois de plus, l’École subit des arbitrages budgétaires qui fragilisent l’accès à la culture.
Des budgets du pass Culture en forte baisse
Depuis trois ans, les crédits diminuent chaque année :
- 97 millions d’euros en 2024
- 72 millions d’euros en 2025
- 38 millions d’euros en 2026
La baisse est brutale. Elle traduit un désengagement clair de l’État sur l’accès des jeunes à la culture. Cette décision est d’autant plus difficile à accepter que la part individuelle du pass Culture, désormais réservée aux seuls jeunes de 17 et 18 ans, a déjà été réduite :
- 50 euros pour les élèves de 17 ans
- 150 euros pour les élèves de 18 ans
Les moyens baissent, alors que les besoins restent importants.
Une situation déjà tendue en 2025
La situation ne date pas d’hier. L’an dernier, les réservations ont été suspendues en urgence dès février, les crédits ayant été épuisés trop rapidement.
À la rentrée 2025, seuls 15 millions d’euros étaient disponibles. Résultat :
- de nombreux projets annulés
- des équipes frustrées
- des élèves privés d’actions culturelles
Le système était déjà sous tension. Il devient aujourd’hui intenable.
Une calendrier en décalage avec la réalité
Les crédits pour l’année scolaire 2025-2026 sont ouverts depuis le 27 février. Leur montant atteint 38 millions d’euros. Mais ce calendrier pose problème.
- les projets sont déjà planifiés
- les équipes ont peu de marge de manœuvre
- le temps manque pour construire des actions solides
Qui peut encore monter un projet sérieux dans ces conditions ?
Des équipes mises sous pression
Les personnels ont besoin de visibilité. Ils doivent pouvoir anticiper pour construire des projets cohérents. Un projet culturel demande :
- du temps
- de la concertation
- des partenaires
Il ne se décide pas dans l’urgence.
Aujourd’hui, les équipes travaillent à l’aveugle. Elles découvrent les budgets tardivement. Elles doivent agir vite, souvent trop vite.
Cette gestion empêche tout travail de fond.
L’avis du SE-Unsa
Le constat est clair : l’ouverture culturelle des jeunes n’est plus une priorité. Entre une enveloppe qui ne cesse de se réduire et un calendrier qui ne permettra pas aux équipes de construire et conduire des projets, le pass Culture est réduit à néant.
Le SE-Unsa dénonce un manque d’ambition pour l’École, une politique budgétaire incohérente et le mépris envers le travail des personnels. Les collègues s’investissent chaque jour pour leurs élèves. Ils méritent des moyens à la hauteur.
Le ministère doit garantir des financements stables, donner de la visibilité aux équipes et soutenir réellement l’éducation artistique et culturelle. Sans cela, l’accès à la culture pour tous restera un objectif affiché… mais jamais atteint.