EN CE MOMENT : bonne rentrée à tous et toutes !

La cyberattaque subie cet été par l’Éducation nationale a des conséquences particulièrement lourdes dans les académies de Nantes et de Toulouse. En Vendée, à cette rentrée, de nombreux services indispensables au fonctionnement des écoles restent indisponibles.

La messagerie professionnelle n’est toujours pas accessible par Internet. Seuls les comptes qui avaient été paramétrés avant la cyberattaque en IMAP/SMTP sur un logiciel comme Thunderbird ou sur un smartphone ont conservé une liaison avec la messagerie académique.

Concernant ONDE, un accès doit être rétabli à partir du lundi 31 août pour les IEN et la DASEN. En revanche, sa réouverture à l’ensemble des directrices et directeurs d’école demeure impossible à ce stade. Les autres applications professionnelles permettant de préparer et de faire fonctionner les écoles restent également indisponibles.

Une préparation de rentrée fortement perturbée

Dans le premier degré, ONDE est indispensable pour vérifier les admissions et les radiations, actualiser les dossiers des élèves, contrôler les effectifs, constituer les listes de classes et retrouver les coordonnées des familles.

Les inscriptions de dernière minute, les changements d’affectation, la répartition définitive des élèves, la préparation des listes et l’information des familles ne sont pas de simples « ajustements ». Il s’agit d’un travail essentiel effectué par les directrices, les directeurs et les équipes dans les derniers jours précédant la rentrée.

Si les écoles accueillent les élèves dans de bonnes conditions, ce sera une nouvelle fois grâce à l’engagement et à la capacité d’adaptation des personnels. Mais leur professionnalisme ne doit pas masquer les conséquences très concrètes de la paralysie des outils académiques.

Le téléphone personnel ne doit pas devenir un outil professionnel imposé

Pour contourner l’indisponibilité des messageries, des groupes de discussion réunissant des directrices et directeurs ont été créés dans certaines circonscriptions à partir de leurs numéros personnels. Des documents professionnels ont aussi été envoyés sur leurs téléphones, à la fin de ces vacances d’été.

Nous comprenons la nécessité de transmettre des informations urgentes. Mais une situation exceptionnelle ne doit pas effacer la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle.

Aucun collègue ne devrait être contraint de rejoindre un groupe, d’utiliser son téléphone personnel ou d’installer une application professionnelle. Une information reçue pendant les vacances ne crée pas non plus une obligation d’en prendre connaissance ou d’y répondre immédiatement.

Les personnels doivent pouvoir refuser ces usages ou quitter ces groupes sans avoir à se justifier et sans subir aucune conséquence.

Des données personnelles fragilisées

Le ministère a confirmé que l’intrusion avait pu entraîner l’exfiltration de données concernant de nombreux agents ayant exercé en académie depuis 2001 : identité, statut, fonctions et, pour certains, adresse postale, téléphone et numéro de sécurité sociale.

Le système compromis ne contenait ni données bancaires ni mots de passe. Néanmoins, ces informations peuvent permettre des tentatives d’hameçonnage ou d’usurpation d’identité très crédibles.

Un message frauduleux peut notamment évoquer une régularisation de salaire, un changement d’échelon, une indemnité ou une mise à jour administrative. Il ne faut jamais transmettre un mot de passe, un identifiant ou des coordonnées bancaires, ni cliquer sur un lien suspect.

Des garanties nécessaires pour les rémunérations

La paye du mois d’août a été assurée, parfois avec du retard. Pour septembre, la duplication de la paye des personnels déjà en poste a été validée et sécurisée au niveau national. Un travail spécifique est en cours pour rémunérer les nouveaux personnels et les nouveaux arrivants dans l’académie.

Des incertitudes demeurent néanmoins concernant les changements d’échelon, les indemnités et les régularisations. Les personnels concernés doivent être rapidement informés et disposer de procédures simples en cas d’erreur ou de retard.

Après la sécurité des données, l’administration doit garantir la sécurité des rémunérations.

Ce que demande le SE-Unsa

Le SE-Unsa de Vendée demande :

  • le rétablissement complet et sécurisé des services ;
  • une information régulière sur les applications accessibles ;
  • une information individuelle sur les données potentiellement compromises ;
  • une campagne de prévention contre l’hameçonnage et l’usurpation d’identité ;
  • des solutions provisoires qui n’imposent pas l’utilisation des téléphones personnels ;
  • le respect des congés et de la vie privée ;
  • des garanties sur les salaires, les changements d’échelon, les indemnités et les régularisations ;
  • qu’aucune pression ni surcharge de travail ne soient imposées aux personnels.

Les personnels ne doivent payer les conséquences de cette cyberattaque ni par une atteinte à leur vie privée, ni par une surcharge de travail, ni par une perte de rémunération.


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