EN CE MOMENT : bonne rentrée à tous et toutes !


Le ministère l’a annoncé juste avant la rentrée : le salaire net moyen des enseignant·es aurait atteint 3 090 € par mois en 2024, soit une hausse de 4,3 % en euros constants. Ce chiffre a fait grand bruit et, bien entendu, les médias s’en sont emparés, alors même que ses modalités de calcul sont contestables : exclusion des contractuels, prise en compte des heures supplémentaires (HS) et de l’ensemble des indemnités, inclusions des enseignants du privé sous contrat. Sans compter la confusion entretenue à dessein entre moyenne et médiane…

On peut faire dire ce que l’on veut à des chiffres, mais une moyenne ne fait pas une politique salariale. Le SE-Unsa n’entend pas laisser ce chiffre parler à la place des personnels.

3 090 € de moyenne… mais pour qui ?

 

La Depp montre bien que les situations individuelles sont loin d’être homogènes. Parmi les collègues déjà présents en 2023 et 2024, 79 % ont vu leur salaire progresser, 13 % ont perdu du pouvoir d’achat et 8 % ont stagné.

Surtout, les écarts entre catégories restent considérables : 2 850 € net en moyenne pour les professeur·es des écoles, contre 4 080 € pour les agrégé·es et professeur·es de chaire supérieure, voire 4 190 € à temps complet.

Ces écarts tiennent aux grilles, mais aussi à l’accès très inégal aux heures supplémentaires, au Pacte et aux missions complémentaires. Plus les obligations réglementaires de service (ORS) sont basses, plus il est facile de compléter son salaire par des HS. À l’inverse, le temps partiel concerne souvent des personnels confrontés aux conditions de travail les plus complexes.

Une moyenne qui augmente grâce aux primes et aux heures supplémentaires mais aussi en lien avec une population enseignante vieillissante. Le nombre de collègues proches de la retraite est important, tandis que le nombre d’entrants dans le métier diminue. La moyenne d’âge de la profession est de 45 ans.
 

Il n’est donc pas acceptable de parler de revalorisation salariale.

L'un des problèmes : les débuts de carrière

 

Ce point est le grand absent de la communication ministérielle.

Au début des années 1980, un enseignant débutant gagnait environ 2,3 fois le Smic. Aujourd’hui, son salaire dépasse à peine le Smic.

Voilà le décrochage qui nourrit la crise d’attractivité et de recrutement. Ce n’est pas en affichant un salaire moyen élevé que l’on rend le métier plus attractif.

Le Pacte ne peut pas tenir lieu de politique de revalorisation salariale


Une partie de la hausse constatée en 2024 est liée aux missions et heures supplémentaires du Pacte. Or son financement recule : 628 millions d’euros en 2024, contre 480 millions en 2026.

Une rémunération qui dépend de missions supplémentaires, de dotations incertaines et d’arbitrages budgétaires annuels n’est pas une revalorisation.

Le SE-Unsa ne demande pas un Pacte mieux doté, ni une nouvelle succession de primes conditionnelles.

Malgré cette baisse du pouvoir d’achat, il faut voir la réalité en face. Pendant ce temps, de nombreux personnels continuent à payer de leur poche du matériel nécessaire à leur travail, qui devrait être financé par l’employeur. Enseignant·es, AESH : travailler ne devrait jamais coûter de l’argent.

 

Notre choix : une vraie revalorisation


Les personnels veulent gagner mieux leur vie sans devoir travailler davantage.
Le SE-Unsa demande une véritable revalorisation salariale, mieux gagner sa vie ne doit pas obliger les personnels à travailler davantage.

Nous demandons une révision des grilles indiciaires pour tous les personnels : enseignant·es, CPE, PsyEN, personnels administratifs et médico-sociaux, AED et AESH dont la précarité statutaire et les faibles rémunérations ne sont plus acceptables.

Nos exigences pour cette rentrée :

    • une revalorisation pour tous et toutes sans mission complémentaire
    • une politique ambitieuse pour garantir les moyens humains nécessaires, au-delà du seul effet d’aubaine d’une évolution démographique favorable
    • un équipement décent des écoles et EPLE, afin que les personnels n’aient plus à financer eux-mêmes le matériel nécessaire à leur activité.


En cette rentrée, le SE-Unsa continue à défendre une politique salariale qui parle aux personnels. Nous refusons de faire le jeu des politiques qui brandissent des moyennes statistiques déconnectées de la réalité et jettent les personnels en pâture, en les faisant passer pour des privilégiés alors que leur pouvoir d’achat et leurs conditions de travail se dégradent.


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