Monsieur le Directeur Académique,

Mesdames et Messieurs les membres du CSA-SD,

Au nom de l’UNSA Éducation et de ses syndicats regroupant l’ensemble des métiers de l’éducation et au-delà, nous souhaitons tout d’abord une bonne rentrée à l’ensemble des personnels du département et nous souhaitons la bienvenue à notre nouveau secrétaire général et à nos nouveaux IEN.

L’UNSA Éducation et ses représentants siégeant aujourd’hui tiennent à placer ce CSA-SD d’ajustement sous le signe de la réalité du terrain.

Alors que s’achève la période des tout premiers jours d’école, les équipes éducatives se sont une nouvelle fois mobilisées sans compter pour faire de cette rentrée un moment rassurant et constructif pour les élèves et leurs familles.

L’UNSA Éducation tient à saluer l’engagement exceptionnel de ces équipes sur le terrain. Dès le premier jour, directrices et directeurs, professeurs et AESH ont fait bloc pour accueillir les élèves dans des conditions parfois difficiles, palliant par leur seule conscience professionnelle les carences de l’institution. Cet investissement sans faille se heurte à des réalités intolérables que nous ne pouvons plus taire, à commencer par la question récurrente et alarmante du bâti scolaire face aux fortes chaleurs. La gestion chaotique des épisodes caniculaires de l’année dernière a mis en lumière l’impréparation chronique de l’État et des collectivités : des salles de classe transformées en véritables étuves, des conditions d’apprentissage intenables pour les élèves et des personnels contraints d’exercer dans des locaux totalement inadaptés au réchauffement climatique. Il faut impérativement que les leçons de ces épisodes dramatiques soient tirées urgemment, de façon à anticiper les vagues de chaleur à venir qui nécessitent un plan massif de rénovation thermique et de sécurisation des bâtiments.

Cette rentrée intervient dans un contexte où les attentes des personnels sont particulièrement fortes. Le Baromètre UNSA Éducation 2026, auquel ont répondu près de 43 000 personnels, le montre clairement : le salaire est désormais la première préoccupation pour 48 % d’entre eux, tandis que près de 60 % placent le pouvoir d’achat en tête de leurs priorités.

Mais derrière la question salariale, c’est bien celle des conditions de travail et des moyens qui domine. Pour 60,8 % des enseignants, directeurs, CPE et PsyEN, les moyens supplémentaires constituent la première priorité pour améliorer leur quotidien. Chez les professeurs des écoles, ce chiffre atteint près de 69 %.

Le message est donc clair : les personnels ne demandent pas de nouvelles réformes, mais les moyens de faire correctement leur métier.

La baisse démographique doit justement être l’occasion de répondre à cette attente. 88 % des personnels souhaitent qu’elle permette avant tout de réduire les effectifs par classe. Elle doit aussi permettre de renforcer le remplacement, l’inclusion et les équipes pluridisciplinaires qui accompagnent les élèves. Ainsi que de renforcer et améliorer une formation afin que chacun.e remplisse ses missions dans ce nouveau contexte.

C’est dans cette logique que nous abordons la situation de notre département.

Nous savons que la préparation de cette rentrée a été particulièrement complexe et que les services ont dû travailler dans des délais contraints. Nous ne remettons évidemment pas en cause l’investissement des personnels administratifs qui œuvrent quotidiennement à sa mise en œuvre.

Mais nous constatons cette année encore un manque d’informations pour plusieurs collègues, juqu’au jour de la rentrée…

Par ailleurs, et depuis les vacances de printemps, les directrices et directeurs d’école doivent fonctionner en « mode dégradé ». En effet, la mise à jour de ONDE cause, au niveau national, de nombreux problèmes et autres bugs. Au-delà de l’énorme perte de temps, ce dysfonctionnement ne leur a pas permis de finir l’année scolaire 2025/2026 dans les meilleures conditions, en ayant souvent des dossiers en attente.

Quatre mois plus tard, l’UNSA Education constate que rien n’a changé. Nous avons été contactés tout au long de la semaine dernière : la plupart des directrices et des directeurs n’ont un accès à ONDE que très limité, ce qui ne leur a pas permis d’organiser la rentrée dans des conditions optimales (impossibilité de radier des élèves, d’affecter les nouveaux enseignants dans les écoles entre autres).

Concernant la carte scolaire, la baisse démographique ne doit pas conduire mécaniquement à retirer des moyens. Si les effectifs baissent, c’est précisément le moment de faire le choix de classes moins chargées et de meilleures conditions d’apprentissage.

Nous demandons également que les décisions concernant les petites écoles et les écoles rurales puissent être appréciées avec davantage de stabilité dans le temps.

Une photographie à un instant donné ne suffit pas toujours à apprécier la réalité d’une école. Une approche pluriannuelle des effectifs doit rester la norme, particulièrement pour les petites structures et RPI où quelques élèves peuvent faire varier fortement une moyenne et impacter durablement les organisations pédagogiques et les collègues.

Nous abordons cette rentrée avec lucidité, mais aussi avec la volonté de construire des réponses concrètes, au plus près des réalités des écoles et des personnels.

A cela est venu s’ajouter durant les congés d’été une situation qui a franchi un nouveau cap d’inacceptable gravité : les récentes cyberattaques et fuites massives de données ayant touché les systèmes d’information du ministère génèrent une anxiété légitime et profonde chez les personnels. Comment l’institution peut-elle exiger autant de ses personnels tout en se révélant incapable de garantir la sécurité numérique et la protection de leurs données les plus élémentaires ?

Les élus de l’UNSA Éducation resteront, comme toujours, constructifs mais intransigeants quant à la défense des conditions de travail des personnels et de scolarisation des élèves.


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