Une audience basée sur des remontées de terrain fiables. En effet, nous avons produit une enquête à destination des directeurs et directrices d’école adhérents ou sympathisants du SE UNSA sur toute l’académie et vous avez été nombreux à la remplir. (Nous vous en remercions)
Les résultats que nous portons sont une démonstration objectivée de l’écart entre les missions confiées aux directrices et directeurs et le temps/moyens réellement disponibles.
Propos introductifs : « La rentrée scolaire 2026 est bien loin d’être techniquement réussie. Nous avons d’ailleurs transmis un courrier fin août demandant au recteur de prendre des mesures pour reconnaitre le travail invisible des directeurs/directrices d’école qui ont accueilli des stagiaires durant l’été. »
La version Onde V2 n’a pas permis aux directeurs de préparer sereinement leur rentrée des classes (impossibilité d’établir les listes d’élèves, problème pour organiser les élections des RPE, des élèves radiés… ), le SE UNSA a alerté le Ministre dès le mois de mai mais visiblement les dysfonctionnements perdurent sans qu’aucune réponse ne soit apportée. Au-delà de la nouvelle version, on constate de façon quasi-systématique des maintenances quand les collègues ont besoin des outils (LSU aussi par exemple ou portail de saisie des évaluations). Il est impératif de réaliser ces maintenances hors du temps sur lequel ils sont utilisés.
Les résultats de notre enquête :
L’enquête permet de faire ressortir trois axes très forts : le temps de décharge de direction insuffisant et en particulier pour les directions de moins de 4 classes, l’empilement de missions qui ne relèvent pas directement de la direction, et la nécessité d’un soutien administratif et institutionnel renforcé.
« Les directrices et directeurs d’école demandent à pouvoir exercer correctement leur mission de direction. »
Le problème mis en évidence par notre enquête n’est pas un manque d’engagement des directeurs. C’est au contraire l’accumulation des tâches qui détourne le temps de direction de ses missions essentielles : piloter l’école, accompagner l’équipe, assurer la sécurité, travailler avec les familles et les partenaires et conduire le projet d’école.
Si on aborde la question des « petites directions », ils ont le même travail qu’un directeur avec une décharge à minima hebdomadaire mais parfois leur première journée de décharge arrive en octobre. Bien trop tard pour réaliser les missions demandées.
Nous demandons à ce qu’un cadrage académique permettent aux DSDEN de nommer des TR non affectés sur une suppléance dans ces écoles sur les mois de septembre pour prendre la classe des directeurs et ainsi leur dégager du temps pour leur mission de direction.
« Deux directeurs sur trois identifient la gestion administrative comme une mission chronophage. Cela signifie que le problème n’est pas seulement le volume de travail : c’est aussi la nature du travail demandé. Une part importante du temps de direction est absorbée par des tâches administratives qui pourraient être simplifiées, mutualisées ou prises en charge par un soutien administratif. »
C’est directement cohérent avec les revendications actuelles du SE-Unsa : augmentation des décharges, amélioration des conditions d’exercice et mise en place d’un secrétariat administratif pérenne et formé.
« Notre enquête montre que les directeurs sont régulièrement sollicités pour prendre en charge des missions qui dépassent la stricte organisation de leur école. La formation des collègues ressort particulièrement» Nous avons eu l’occasion d’alerter sur le fait qu’un directeur n’est pas un formateur. C’est un sujet très tendu dans les écoles.
Le SE-Unsa porte d’ailleurs actuellement la demande d’éviter de demander aux directeurs d’animer des formations, particulièrement lorsqu’elles sont imposées et insuffisamment préparées.
« Une décharge n’est pas un avantage accordé au directeur. C’est du temps de travail permettant d’exercer une fonction qui bénéficie à toute l’école. »
« Si l’institution souhaite renforcer le pilotage pédagogique, l’accompagnement des équipes, l’inclusion, la relation avec les familles et le suivi des projets, elle doit simultanément augmenter le temps consacré à la direction. »
Le SE-Unsa revendique actuellement une amélioration du régime de décharge, notamment pour tenir compte de situations particulières comme l’éducation prioritaire, les dispositifs spécialisés, les écoles multisites ou certains projets particuliers.
La revendication de secrétariat administratif
67 % des répondants aimeraient de l’aide sur la gestion administrative
« Nous demandons l’expérimentation puis la généralisation d’un secrétariat administratif pérenne, formé et identifié pour les écoles. »
Cela ne signifie pas remplacer le directeur mais permettre au directeur de consacrer son temps aux missions qui nécessitent son expertise et sa responsabilité.
Le SE-Unsa porte précisément cette revendication au niveau national.
La question de la rémunération
Le SE-Unsa revendique notamment une revalorisation de la reconnaissance financière de la fonction, avec dans son mémo 2025-2026 une demande d’ISS portée à 300 € bruts mensuels minimum, ainsi qu’une évolution de la BI en fonction du nombre de classes.
« Nous avons aujourd’hui une fonction qui concentre davantage de responsabilités, davantage de coordination et davantage de sollicitations. La reconnaissance financière doit évoluer parallèlement aux responsabilités exercées. »
Un point très important : le respect du temps de travail
Les demandes du SE-Unsa concernent notamment :
- le respect des 108 heures (nos revendications ici) ;
- la limitation des réunions et sollicitations supplémentaires ;
- des délais raisonnables pour les remontées administratives ;
- un calendrier annuel des formations connu suffisamment tôt ;
- l’absence de réunions ou formations systématiquement reportées sur les temps personnels.
Profilage des postes de direction :
Nous demandons un cadrage académique clair sur les règles de profilage des postes de direction. Pourquoi certaines directions à 5 classes ou 7 classes se retrouvent profilées dans un département et pas dans un autre ?
De même, quelles règles sont appliquées dans le choix de positionner des POP direction ? La mobilité des personnels intra-académiques est source de tensions et de désarroi pour certains qui ne peuvent obtenir leur mutation. Les POP viennent « brouiller » les règles et accentuent le sentiment d’injustice.
67 % identifient la gestion administrative comme chronophage. 40 % citent la communication avec les familles et les partenaires, près de 40 % estiment qu’ils n’ont pas à former leurs collègues.
Derrière ces chiffres, il y a une réalité simple : le temps consacré à la direction est insuffisant au regard des missions qui lui sont confiées.
Notre raisonnement est simple :
Plus les missions augmentent → plus le temps nécessaire augmente → donc le régime de décharge doit évoluer lui aussi à la hausse.
Aujourd’hui nous demandons à Monsieur le recteur de :
- Mettre en place un groupe de travail sur la charge réelle de travail des directrices et directeurs.
- Identifier des écoles et mettre en place un secrétariat administratif pérenne et formé.
- Recenser les remontées, enquêtes, tableaux et procédures demandés aux directions et supprimer ou simplifier ce qui peut l’être.
- Aucun nouveau dispositif ne devrait être déployé sans identifier explicitement la charge de travail induite pour les directions.
- Porter auprès du ministère la nécessité d’une évolution du régime de décharge.
- Établir un cadre académique clair sur les réunions, formations, sollicitations et délais de réponse.
- Porter la revalorisation indemnitaire de la fonction de direction au ministère.
En conclusion, notre enquête ne cherche pas à dire que les directrices et directeurs ne veulent plus faire. Elle montre exactement l’inverse : ils font beaucoup, parfois trop, et ils absorbent aujourd’hui une partie des dysfonctionnements du système.
Nous demandons de travailler sur les trois leviers qui permettent réellement d’améliorer la situation : du temps, des moyens et une clarification des missions.
« Si l’institution veut des directeurs pilotes pédagogiques, elle doit leur donner le temps de piloter : on ne peut pas demander davantage de responsabilités tout en laissant la gestion administrative occuper l’essentiel du temps disponible. »
Pour rappel, les revendications actuelles du SE-Unsa sur la direction d’école : plus de décharges, meilleure reconnaissance financière, soutien administratif, réduction/simplification des tâches et respect du temps de travail.