Blanquer avait promis la remontée : lycéens et personnels répondent dans la rue

Ce matin, devant le lycée, Isabelle, prof de maths, comptait les élèves qui s’entassaient dans sa salle : trente-quatre, pour trente tables. « Je fais cours avec des gamins assis par terre ou debout au fond, et on me demande de leur parler de réussite », souffle-t-elle avant de rejoindre le cortège. Elle n’est pas seule. Aujourd’hui, nouvelle journée de grève et de manifestations partout en France : lycéens, étudiants et personnels défilent ensemble contre les classes surchargées, les absences jamais remplacées et le manque criant de moyens.

Cette colère n’est pas tombée du ciel. Elle est aussi l’héritage de cinq ans de politique Blanquer!

En 2017, le ministre arrive rue de Grenelle avec une promesse : « l’école de la confiance » allait faire remonter le niveau des élèves français. Réforme du lycée et du bac, Parcoursup, évaluations nationales, dédoublement des classes : tout était présenté comme la recette miracle, imposée sans véritable concertation. Ceux qui doutaient étaient renvoyés à leur « conservatisme ». Puis les enquêtes PISA, que le ministre aimait citer quand elles l’arrangeaient, ont rendu leur verdict : résultats en mathématiques au plus bas historique, lecture en décrochage, inégalités sociales plus lourdes que jamais.

Soyons honnêtes : la chute vient aussi de tendances plus anciennes, et la crise sanitaire a laissé des traces. Mais celui qui avait promis la remontée ne peut pas se réfugier derrière les autres. Il avait fixé lui-même le critère de jugement.

Sur le terrain, les personnels ont vu autre chose que les annonces. Ils ont vu une réforme du lycée complexe, des spécialités inégalement accessibles selon les territoires, un contrôle continu qui a creusé l’écart entre établissements.

Ils ont vu Parcoursup transformer la fin de la terminale en parcours d’angoisse, pour les élèves comme pour les équipes qui les accompagnent. Ils ont vu des évaluations nationales qui servent plus à piloter et à contrôler qu’à aider à enseigner, un dédoublement des classes utile en soi mais financé par des suppressions de postes ailleurs, et un point d’indice gelé jusqu’à ce que le métier n’attire plus : à chaque concours, des postes restent vacants. Aujourd’hui, nombre de ces choix sont discutés, voire corrigés, y compris chez ceux qui les avaient soutenus. Autant d’aveux implicites que la méthode d’hier, verticale et autoritaire, a échoué.

Alors on revient à Isabelle, et à tous ceux qui défilent derrière elle. Ils ne demandent ni choc ni slogan. Ils demandent des postes à la hauteur des besoins, le remplacement systématique des absences, des classes moins chargées, une vraie revalorisation salariale qui redonne envie d’enseigner, des réformes construites avec les personnels plutôt que contre eux, et des moyens pour l’éducation prioritaire et les territoires les plus fragiles.

Blanquer avait promis la remontée. Les élèves et les personnels attendent toujours, et ils le disent aujourd’hui dans la rue. Ils continueront tant que l’école publique n’aura pas les moyens de ses ambitions.


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