Chaque année, les enseignants espèrent pouvoir se rapprocher de leur famille, changer d’académie ou simplement évoluer dans leur parcours professionnel. Pourtant, malgré les dispositifs existants, la mobilité des professeurs reste un véritable parcours du combattant.

Trois voies possibles… mais semées d’embûches

Pour les enseignants du premier et du second degré, trois dispositifs encadrent la mobilité :

1. Le mouvement inter (interdépartemental ou interacadémique)

C’est la voie « classique » permettant aux enseignants du premier degré de changer de département, et à ceux du second degré (ainsi qu’aux PsyEN) de changer d’académie.

➤ Les barèmes sont calculés à partir de l’ancienneté, de la situation familiale, et parfois de critères spécifiques.
➤ Cependant, le manque de postes vacants dans certaines zones rend les mutations extrêmement difficiles, surtout vers les académies très demandées 

Le SE-UNSA dénonce depuis plusieurs années une mobilité quasi bloquée.

  • Les barèmes montent,

  • Les académies attractives sont saturées,

  • Les priorités légales (rapprochement de conjoint, situation médicale, handicap) ne suffisent plus toujours à obtenir satisfaction.

De plus en plus d’enseignants renoncent à toute mutation, découragés par l’absence de perspectives réelles. Malgré un cadre présenté comme transparent, le système reste incapable de répondre aux aspirations humaines et professionnelles de celles et ceux qui font vivre le service public d’éducation.

2. Les postes à profil (POP)

Mis en place pour répondre à des besoins spécifiques, les postes POP reposent sur un recrutement sur profil : entretien, compétences particulières, expérience…

➤ Avantage : un enseignant peut accéder à un poste en dehors du barème traditionnel.
➤ Inconvénient : le nombre de postes est limité, et la sélection est exigeante.

Les résultats du mouvement POP 1D sont attendus le 18 février 2026, tandis que ceux du POP 2D seront publiés le 11 mars 2026.

Une enseignante (d’Ille de France)  rencontrée il y a quelques jours nous indiquait avoir appris le Breton pour avoir la chance de rentrer en Bretagne sur ce type de postes!  Et ça a fonctionné!

3. INEAT / EXEAT : le dernier recours pour changer de département

Lorsque le mouvement inter (permutation informatisée) n’a pas abouti, les enseignants du premier degré peuvent encore tenter une mobilité manuelle, dite INEAT / EXEAT.

EXEAT = autorisation de sortie de son département d’origine.
INEAT = autorisation d’entrée dans le département souhaité.

Pour qu’un enseignant puisse effectivement changer de département, les deux accords doivent être obtenus :

le département de départ doit accorder l’exeat, le département d’accueil doit accepter l’ineat.

Sans cette double validation, la mutation ne peut pas être réalisée.

Le dispositif repose sur des demandes individuelles déposées auprès des directions académiques (DASEN) après la publication des résultats du mouvement interdépartemental. Les dossiers sont étudiés au cas par cas, en tenant compte :

des besoins en postes dans chaque département,

de la situation personnelle du demandeur (rapprochement familial, raisons médicales, etc.),

et de la capacité d’accueil du département souhaité.

 Un calendrier long : jusqu’à fin juin
Les demandes d’ineat/exeat peuvent être instruites tardivement, parfois jusqu’à la fin du mois de juin, voire début juillet.
Cela permet aux départements de réajuster les effectifs en fonction des désistements, départs en retraite ou créations de postes tardives.

Cette période prolongée est souvent la dernière fenêtre de mobilité avant la rentrée suivante.

 Une procédure incertaine
L’ineat/exeat offre une ultime possibilité de mutation, mais reste très aléatoire :

Les départements déficitaires refusent souvent les exeat ;

Les départements attractifs n’accordent que très peu d’ineat ;

Les décisions peuvent varier d’une année sur l’autre selon les besoins locaux.

4 Les demandes de disponibilité : un choix contraint mais de plus en plus fréquent

Face à la difficulté d’obtenir une mutation vers le département de leur conjoint ou de leur famille, de nombreux enseignants choisissent désormais la disponibilité. La disponibilité est une mise en congé temporaire non rémunérée, accordée sous certaines conditions, qui permet à l’agent :

  • de quitter temporairement la fonction publique,

  • de vivre dans un autre département,

  • tout en conservant la possibilité de réintégrer son poste ultérieurement.

Les motifs les plus fréquents sont :

  • le rapprochement familial ou conjugal,

  • la naissance ou l’éducation d’un enfant,

  • ou encore la création ou reprise d’une activité professionnelle ailleurs.

Cependant, cette solution reste précaire :

  • aucune garantie de réintégrer le département souhaité à son retour,

  • perte de rémunération et parfois d’ancienneté,

  • et risque d’éloignement durable du système éducatif.

Malgré ces inconvénients, la hausse des demandes de disponibilité illustre un malaise croissant : beaucoup d’enseignants préfèrent quitter temporairement le métier plutôt que de subir l’impossibilité de vivre auprès de leur famille.

 Le CRPE : une autre voie envisagée, mais encadrée

Certains enseignants envisagent de repasser le CRPE (Concours de recrutement de professeurs des écoles) pour changer d’académie ou de réseau (public/privé).
Cependant, le cadre réglementaire est strict, notamment en vertu du décret n°90-680 du 1er août 1990.

Concernant le CRPE externe

  1. Professeurs des écoles du public (stagiaires ou titulaires)
    Ils ne peuvent pas se présenter de nouveau au CRPE public, sauf à ne plus avoir cette qualité à la date de la première épreuve (démission, radiation…).
    Par exemple, un PE du public souhaitant passer le CRPE externe public 2026 dans l’académie de Rennes devra avoir une démission effective avant la veille de la première épreuve écrite.
     Attention : la démission n’est pas immédiate après envoi du courrier — un délai administratif de quelques jours est à prévoir.

  2. Maîtres du réseau privé
    Aucune interdiction ne leur est opposable : un enseignant du privé peut repasser un CRPE privé dans une autre académie sans démission préalable!

  3. PE du public vers le privé
    Un professeur des écoles du public peut s’inscrire au CRPE du privé dans une autre académie sans obligation de démission avant la première épreuve.

➤ Concernant le CRPE interne

Les mêmes règles s’appliquent :

  • Un professeur des écoles stagiaire ou titulaire du public ne peut pas s’y inscrire, sauf s’il n’a plus cette qualité à la date de la première épreuve.

  • En outre, les enseignants en disponibilité ne peuvent pas non plus se présenter au CRPE interne.

📅 Calendrier 2026 du mouvement inter

A noter notre visio spéciale mouvement Second degré le 10 novembre à 18h30!

Envoyez un mail à ac-rennes@se-unsa.org pour y participer! 

Les notes de service publiées au BO n°39 du 16 octobre 2025 précisent le calendrier suivant :

Saisie des vœux : du mercredi 5 novembre au mercredi 26 novembre 2025

Résultats POP 1D : 18 février 2026

Résultats du mouvement inter 1D, interacadémique 2D, PsyEN et POP 2D : 11 mars 2026

🧭 Outils et ressources utiles

Pour accompagner les enseignants dans leurs démarches de mobilité, plusieurs ressources sont disponibles :

Comparateur de mobilité : un outil officiel permettant de consulter les taux de satisfaction, barèmes moyens et tendances de mobilité selon les académies et disciplines.
👉 Accéder au comparateur de mobilité

Articles d’information sur le site externe :

[Mouvement POP 1er degré]

[Mouvement POP 2nd degré]

[Publication note de service mobilité]


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