En introduction d’un groupe de travail sur la carte scolaire qui s’est tenu jeudi 18 décembre, les trois organisations représentatives du département (le SE-Unsa, la FSU-Snuipp, la CGT Educ’action), ont lu une déclaration commune sur le mal-être généralisé qui touche particulièrement le premier degré cette année.
Notre déclaration liminaire
Avant de débuter ce groupe de travail, nous souhaitons lire une déclaration liminaire collective au titre de la FSU-Snuipp 36, du SE-Unsa 36 et de la CGT Educ’action 36.
A quelques heures de la fin de l’année civile, nos trois organisations syndicales, représentant les personnels enseignants, AESH, psy-EN du département de l’Indre, souhaitent vous alerter sur le mal-être général qui touche tous nos collègues du premier degré, quel que soit leur poste, quelle que soit leur mission.
Depuis le début de l’année, nous vous avons fait part de notre inquiétude à de multiples reprises, sans avoir jamais le sentiment d’être pris au sérieux, ni constater un infléchissement du pilotage départemental. Cette déclaration commune est inédite, et doit vous interpeller sur la gravité de la situation.
Les injonctions croissantes, sans concertation, sans temps dédié, sans anticipation, sans explicitation, finissent par ne plus avoir de sens pour les collègues : résidences pédagogiques, formation EVAR, harcèlement, égalité filles-garçons, constellations, nouveaux programmes, observation des classes dédoublées, travail d’archivage, évaluations nationales… ne sont que la face émergée de l’iceberg.
Nombreuses et nombreux sont les directrices et directeurs qui nous confient être littéralement sous l’eau, et envisagent de quitter leur poste, même parmi les plus chevronnés et expérimentés.
Nombreuses et nombreux sont les collègues en détresse qui envisagent sérieusement de quitter l’Éducation nationale. Il serait intéressant d’avoir cette année en particulier des retours sur l’activité de la conseillère RH de proximité.
Cette situation s’inscrit dans un contexte déjà dégradé de manque humain, qu’il s’agisse des AESH ou des services civiques, et de manque de moyens pour offrir une inclusion de qualité.
Nous avons des craintes communes sur le niveau de souffrance de la communauté éducative dans notre département et ses éventuelles conséquences.
Il est fondamental que de réels signaux soient envoyés dès la rentrée de janvier auprès de tous nos collègues. La confiance a besoin d’être restaurée, la communication doit être primordiale, et du temps doit être laissé à tous les personnels pour accomplir leurs missions premières.
Des échanges ont suivi entre le Dasen et les représentants des personnels. Le Dasen a expliqué que sa priorité était d’améliorer le niveau des élèves en renforçant l’accompagnement. Les représentants des personnels ont indiqué que cet objectif était partagé par l’ensemble des équipes sur le terrain, mais que nous questionnions la manière de le faire, l’empilement des injonctions, et la temporalité. Aucun des collègues avec qui nous avons échangé n’est rétif aux changements, bien au contraire. Il y a cependant une manière d’enrôler les équipes dans ce changement. Le SE-Unsa 36 restera extrêmement vigilant et mobilisé sur ce sujet.