Intervention d’UNSA Education- CAF 16/12/25

Nous vous remercions de nous donner la parole afin de sortir de l’impression de chambre d’enregistrement en CAF qui se réduit quasiment à un exposé « Bilan/Perspectives ».

Nous allons tenter de répondre à vos questions de notre point de vue de représentants des personnels, plutôt en réagissant aux axes du projet académique que la formation continue doit effectivement pouvoir servir, qu’en répondant directement aux questions plus technique d’ingénierie de formation.

D’après le baromètre UNSA Education de cette année, la formation et le renforcement des compétences sont nécessaires pour améliorer le quotidien d’ 1/3 des personnels de l’éducation nationale.

Faire du « Bien être ensemble » la condition première de toute politique éducative

La condition pour être dans le bien-être ensemble est d’être dans le bien-être tout court. Or, d’après un récent rapport de la cour des comptes, l’éducation nationale n’agit pas suffisamment pour la prévention des RPS. Et, en 5 ans, les nombres d’arrêt de travail ont augmenté de 43 % (250 % pour les temps partiels thérapeutiques!)

Les RPS sont actuellement les premières causes de fiches SST, que ce soit dans le premier ou le second degrés, avec 2 sources principales :

– Le manque de moyens pour une inclusion réussie (principalement dans le 1D

– les relations interpersonnelles au travail (majoritaires dans le 2D mais aussi en croissance exponentielle dans le 1D)

Aussi, pour répondre en partie à votre première question (Quelles évolutions de la structure et des thématiques de la formation continue pour la construction du cahier des charges de la formation continue ?), nous vous répondons =

offrir plus de formations individuelles répondant aux besoins des collègues (ce qui devra passer par cesser d’imposer maths et français pour les 18h de formation continue dans le 1D)

former aux CPS, par des formateur.rices experts, pour lutter efficacement contre les RPS de tous les personnels et donner aux enseignant.es notamment les moyens d’oeuvrer pour un climat scolaire propice au bien-être et, par là-même, favoriser les apprentissages.

donner du temps aux personnels pour pouvoir se former sur leur temps de travail (ce qui veut dire face-à-face élèves pour le 2D), du temps aux formateur.rices pour pouvoir former correctement, et en présentiel pour la majorité des formations.

En effet, la souffrance ou, pour le moins, l’épuisement au travail est telle que de plus en plus de collègues ne sont plus en capacité de prendre sur leur temps personnel pour se former ; s’ils le font, c’est parce qu’ils et elles n’ont pas de formation institutionnelle répondant à leurs besoins de terrain.

Ceci répond en partie à votre deuxième question « Comment faire évoluer l’organisation des formations ? »

Mobiliser les compétences académiques pour une « pédagogie efficace et équitable », afin de lutter contre les inégalités de destin

Les termes de « pédagogie efficace et équitable » n’est pas forcément très parlant pour nous et il faudrait se donner le temps de définir ensemble les compétences académiques visés ; pas contre nous sommes sensibles à lutter contre les inégalités,et ce, à tous les postes.

A titre d’exemple, les formations relatives au progiciel Op@le, le logiciel de gestion des EPLE, ne sont pas toutes efficientes. En effet, certaines de ces formations, effectués en visio, ne permettent pas de l’appréhender et de s’exercer suffisamment ni de répondre à toutes les situations territoriales. Heureusement des collègues chevronné.es font, sur leur temps libres, des tutos pour leurs collègues afin de permettre sa mise en œuvre de manière plus adaptée.

Déployer une école en proximité, au plus près des territoires et de leur diversité.

La proximité du service d’éducation adapté aux territoires, c’est donner le temps, encore une fois, d’interagir avec les partenaires et entre degrés, entre différentes catégories professionnelles (ex : enseignant.es/AESH) etc afin de permettre, pour ce qui est de la formation, des échanges de pratique sans contrainte.

C’est aussi permettre d’avoir plus de formation continue correspondant aux besoins locaux ; dans le premier degré, ce serait redonner une part des 18h à une formation de circonscription mais aussi soutenir les formations demandées pour la réalisation des projets d’école.

Et dans cette perspective, si je reste sur l’exemple du 1D, et pour répondre à votre dernière question « Quel rôle et quelles missions des acteurs et actrices de la formation ? », ce serait réinvestir dans la formation des CPC et leur laisser le temps de remplir à nouveau leur rôle de formation, étant donné que, de plus en plus, ils et elles sont appelé.e.s pour  « jouer les pompiers dans des écoles en feu », dans des situations de crise dues à l’inclusion très problématique d’élèves EBEP.


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