Chère cher collègue,

Il ne se passe pas une journée depuis quelques semaines sans que les organisations syndicales du MEAE et de l’AEFE ne reçoivent des témoignages d’agents en détresse administrative face au labyrinthe des parcours d’adhésion, à la lenteur sinon à l’impossibilité d’accéder aux remboursements, à la communication erratique, contre-intuitive sinon aux injonctions contradictoires de la MGEN, qui doit assurer pour les années à venir la protection sociale complémentaire des agents avec un contrat collectif et surtout obligatoire.

Ce qui devait être une avancée sociale devient pour beaucoup une dégradation terrible et pour certains carrément une régression, en terme de tarifs comme de protection.

Face à ces ratés monumentaux, certains délégués de la MGEN, et peut-être d’autres intervenants à visées électorales, croient bon de semer la confusion et d’incriminer les organisations syndicales qui auraient, selon une formule bien en vogue, « signé un mauvais accord » sur la PSC. Vous trouverez ici les réponses à ces attaques, piètres contrefeux au monstrueux cafouillage en cours.

Vos organisations syndicales

Chères, chers collègues,

Pour celles et ceux d’entre vous que ce message ne concerne pas, en centrale ou surtout dans les postes : vous avez bien de la chance.

Les autres, qui ont rencontré depuis 3 mois les cafouillages en série et la communication absurde de la MGEN – qui a remporté l’appel de marché de notre protection sociale complémentaire (PSC) et de notre prévoyance – auraient envie de rire devant l’inventaire à la Prévert des errements, des dysfonctionnements, des contre-pieds et des injonctions contradictoires qui leur sont parvenues… si le sujet n’était pas grave, s’il n’impliquait pas des situations potentiellement dramatiques qui touchent à notre santé et à celle de nos proches, dans des situations de vie à l’étranger où rien n’est jamais simple, ni évident, ni rassurant.

Selon la MGEN, les organisations syndicales auraient mal fait leur travail

La meilleure défense étant l’attaque, certains délégués de la MGEN, par la voix des délégués Ory et Le Berre, ont cru pertinent de se défausser de la responsabilité de ce fiasco sur les organisations syndicales qui auraient mal fait leur travail  dans l’article « Ratés de la PSC à l’étranger, la MGEN s’explique »

Pour Pierre Ory, qui est en détachement en Corée du Sud et élu MGEN : « la vraie question dans l’histoire reste : comment les syndicats ont-ils pu accepter un tel cahier des charges – qui nous est imposé – avec un bornage de certains remboursements – dont l’hospitalisation – à 90% ? ». Lors d’un échange avec notre rédaction, il ajoute aussi « 10% non pris en charge représentent rapidement quelques milliers d’euros pour une hospitalisation lourde, voire bien davantage dans certains pays… C’est une charge difficilement supportable pour un particulier… et c’est légitimement source d’anxiété ». L’élu regrette par ailleurs que les syndicats n’aient pas joué leur rôle de « lanceur d’alerte » même s’il reconnaît qu’ils n’ont pas été à l’origine d’un cahier des charges rédigé par les ressources humaines du Quai d’Orsay et de l’AEFE.

Pour Renaud Le Berre, délégué MGEN mais aussi élu à l’assemblée des Français de l’étranger pour l’Espagne : « le problème vient en effet de la négociation de la PSC. C’était pourtant au départ une avancée. Mais la PSC déstabilise tout le socle mutualiste et tout le socle générationnel. Il faut craindre que les mutuelles se transforment en structures privées. Il y a le problème de l’assurance des retraités par exemple. Avant avec la solidarité intergénérationnelle il y avait une solidarité réelle. La PSC a déstabilisé cet équilibre. Couvrir les retraités ne sera plus rentable. Et les partenaires sociaux ne l’ont pas vu immédiatement. L’urgence est de revenir sur les 90 pour-cent (seulement) d’hospitalisation. On va payer plus cher moins de couvertures. Puisqu’il faudra rajouter à l’assurance santé la prévoyance qui sera d’une trentaine d’euros supplémentaires. En cas d’accident grave à l’étranger le reste à charge sera extrêmement important et il n’y a pas d’offre de sur-complémentaire car ce n’est pas rentable. On doit donc s’inquiéter de l’application de la PSC et de savoir jusqu’à quand la MGEN gardera un équilibre financier. J’ai donc une inquiétude pour tous les fonctionnaires détachés »

Voici donc nos réponses à ces deux contre-vérités :

Les organisations syndicales du ministère et de l’AEFE n’ont pas eu la main sur le panier de soins étranger discuté entre l’administration et la DGAFP puisque cette dernière ne s’est pas véritablement intéressée à ce périmètre particulier dans le cadre des négociations interministérielles. Cette lacune a fait de ce panier de soins étranger, un panier dérogatoire à l’accord interministériel.

– Conformément aux règles des marchés publics nous n’avons pas eu non plus accès au cahier des charges : cela nous a été refusé malgré plusieurs demandes de consultation partielle de celui-ci. Tout juste avons-nous pu discuter des critères en Commission Paritaire de Pilotage et de Suivi (CPPS) comme prévu dans l’accord interministériel.

L’AEFE, par son inaction, s’est vue imposer au dernier moment son adhésion à l’accord ministériel du MEAE sans avoir pu négocier quoi que ce soit. C’est donc un déni des négociations avec les organisations syndicales qui n’ont eu d’autres choix que d’avaliser des propositions des autres sans que leurs spécificités soient prises en compte, sous peine de renvoyer les collègues vers l’accord cadre général de la Fonction Publique, encore moins adaptée à leur situation.

– Nous ne parlons ici que de la PSC Santé, mais la prévoyance (facultative) pose aussi des problèmes à l’AEFE.

focus 90%

Pour les agents du MEAE, jusqu’à présent, le panier de soins étranger de la MAEE pour respecter les notions de contrat responsable au sens de l’article L871-1 du code de la Sécurité sociale était bien à 90% de prise en charge mais était complémenté par une affiliation à un assureur international chargé non seulement du rapatriement mais de la couverture à 100% de certains soins dans les zones où le coût des soins est particulièrement élevé. À noter que l’IMA a augmenté en 2024 de 4% puis de 20% en 2025 en raison de la « sinistralité » : c’est dire que la couverture à 100% a un coût non négligeable que la MGEN met largement en sourdine ! D’autant que les contrats – dans le cadre de MGEN International – qu’elle propose sont désormais seulement individuels et non plus collectifs comme ils pouvaient l’être avant la PSC.

focus retraités

C’est la même chose pour les retraités. Ceux qui n’adhérent pas à la PSC ne peuvent désormais que souscrire individuellement à une mutuelle ou assurance et là, les prix flambent et surflambent en fonction de l’âge. Ce sont bien les retraités les moins informés qui vont donc payer le prix fort en France avec des adhésions individuelles hors PSC et SURTOUT ceux qui, à l’étranger, n’auront pas le choix !

Il faut savoir, et les procès-verbaux des commissions paritaires (CPPS) peuvent en témoigner, que les organisations syndicales sont intervenues sur la question du montant des cotisations des retraités à de très nombreuses reprises. Que les dernières commissions concernant justement le fonds d’aide aux retraités ont fait l’objet de très nombreux amendements des organisations syndicales en faveur de ces derniers, en particulier des plus fragiles et moins fortunés, en harmonie d’ailleurs avec l’administration, car bien des éléments nous sont imposés par le décret interministériel qui n’offre que peu de marge de manœuvre à notre ministère.

Concernant les problèmes non négligeables créés par les seuls 90% de prise ne charge, ils seront longuement et fermement présentés par les organisations syndicales au moment de la renégociation du tarif pour 2027, ce qui est rendu possible, précisément, par le caractère paritaire – inédit – du pilotage de la PSC.

Heureusement, Madame Alexandrine De Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN, apporte dans le même article une vision beaucoup plus juste et mesurée de ce qu’il se passe depuis quelques semaines, et ne s’abrite pas derrière les mêmes excuses.

Toutes les organisations syndicales ci-dessous signataires continueront à veiller en commission paritaire de pilotage et de suivi (un outil qui n’existait pas jusqu’à présent) au meilleur sort possible pour les agents du MEAE et de l’AEFE.


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