Le SE-Unsa Hors de France a été reçu ce mardi 3 mars par la Sénatrice des Français de l’étranger, Samantha Cazebonne, dans le cadre des consultations menées autour de sa mission ayant pour objet une réforme de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

  • Introduction

La Sénatrice a d’emblée voulu nous rassurer en réaffirmant sa volonté de conforter l’agence et de ne pas remettre en cause l’opérateur public. Elle a néanmoins insisté sur la nécessité de réformer cette agence en proposant l’idée d’une réorganisation avec, d’une part, une branche « gestionnaire » du réseau et, d’autre part, une branche « régulatrice » du réseau. A ce stade des discussions nous n’en savons pas davantage et nous ne sommes pas en mesure de nous positionner sur cette proposition.

Elle a également précisé sa volonté de remodeler le fonctionnement de l’Agence à travers ses instances en soumettant l’idée de la création d’une sorte de « comité de pilotage » qui serait une émanation du Conseil d’Administration et qui participerait à la prise de décisions au sein de l’Agence. Là encore, nous n’avons pas eu le temps d’en savoir plus. Nous n’avons pour l’heure pas d’avis tranché sur cette proposition, nous avons besoin de connaitre à la fois le périmètre et la composition de cette instance pour nous prononcer. Il va sans dire que nous serons particulièrement attentifs à la représentation des personnels dans toutes ces discussions.

Ensuite, elle a abordé l’avenir des EGD en répétant qu’elle souhaitait renforcer le rôle d’influence de ces derniers sans omettre la réflexion qui serait conduite sur la pertinence de ce statut pour certains d’entre eux (Europe principalement). Evidemment, nous ne cachons pas notre inquiétude quant à cette réflexion en gardant à l’esprit le sort qui pourrait être réservé aux personnels de ces établissements.

Enfin elle a réaffirmé son souhait d’avoir une Agence qui associerait davantage l’écosystème éducatif à son fonctionnement.

  • Constats

La Sénatrice a ensuite souhaité nous entendre sur le principe même d’une réforme de l’Agence et connaitre notre positionnement à ce sujet.

Nous rappelons, si cela est nécessaire, que nous ne partageons pas l’idée d’une réforme à tout prix.  Le SE-UNSA a souhaité plutôt insister sur les volontés et les choix politiques. S’il y avait une réelle envie de sauver ce réseau, il serait possible de trouver les 60 ou 70 millions manquants. A l’échelle du budget d’un ministère ou de l’État, si le président voulait vraiment préserver son « trésor national », il s’en donnerait les moyens. Juste à titre d’exemple, le budget du Ministère des Armées recevra cette année 7 milliards supplémentaires. On nous taxera d’irresponsables ou de démagogues et on entendra dire que les caisses de l’État sont vides, à l’UNSA nous continuerons à revendiquer d’autres choix politiques !

Ensuite, nous avons évidemment interrogé le Cap 2030, que nous dénonçons depuis son lancement. Au-delà du fait de créer sa propre concurrence, nous aimerions connaitre le coût que cela représente pour l’Agence. La Sénatrice nous répond qu’il est aujourd’hui impossible de mesurer ce coût.  Rappelons tout de même qu’aujourd’hui l’Agence ne fait que répondre à cette commande présidentielle. En ce qui nous concerne nous ne tomberons pas dans le piège de « l’AEFE bashing ». Nous ne sommes pas opposés à une réorganisation de l’AEFE et à un retour aux missions premières de cet opérateur, mais pour l’UNSA cela passera nécessairement par l’abandon du Cap 2030.

  • Premiers effets de la Réforme budgétaire

Comme vous le savez, à l’occasion du dernier Conseil d’Administration de l’Agence de décembre 2025, une réforme budgétaire a été votée faisant porter la charge d’une part des pensions civiles des personnels détachés sur les établissements.

Evidemment les premiers dégâts sont déjà visibles, la fermeture de postes enseignants, de détachés le plus souvent, s’intensifie et les derniers dialogues de gestion ne laissent rien présager de bon concernant la prochaine carte des emplois. Les personnels de droit local sont également touchés avec le gel des revalorisations salariales dans de nombreux pays.

Comme nous alertions aussi, les premiers « effets ciseaux » se font ressentir, l’offre éducative et pédagogique commence à être impactée : les seuils de classe augmentent pour économiser des postes, des options ne sont plus proposées faute de « rentabilité », les projets en tout genre ne peuvent plus être soutenus et ne sont plus la priorité faute de moyens, etc.

A l’UNSA, nous nous questionnons sur la pertinence et l’intérêt de réformes. Ou pour ne pas le dire autrement, comment rester attractif pour ne pas dire compétitif en augmentant d’un côté frais de scolarité et en proposant de l’autre une offre inférieure.

  • Nos revendications

Une gestion publique, la garantie d’un fonctionnement équitable

A l’UNSA nous défendons l’intérêt absolu d’une gestion publique qui représente selon nous la seule garantie de règles communes dans un réseau déjà marqué par beaucoup de diversité. Si l’AEFE venait à ne plus être en charge des établissements, comment pourrions-nous garantir cette continuité et cette égalité de traitement?

Statuts et contrats des personnels

Pour l’UNSA c’est très clair, nous demandons un engagement ferme sur la garantie de conserver son poste et pas seulement sur une année ou sur la durée du contrat. La gestion des personnels du « stock » nécessitera obligatoirement un traitement particulier. Autrement dit, remettre en cause l’avenir des résidents est, pour l’UNSA, une ligne rouge à ne pas franchir

Nous précisons que nous ne sommes pas particulièrement favorables au détachement direct. Il pourrait éventuellement permettre de régler le problème des pensions civiles mais nous n’avons pas assez de garantie sur la protection des personnels et leurs représentations à ce jour.

Durée limitée du détachement

Aujourd’hui la facture de la mobilité imposée se monte à plus de 35 millions d’euros. En mettant fin à la durée limitée du détachement, l’Agence pourrait sensiblement faire des économies, et répondre en partie à des difficultés de recrutement dans certaines zones.

Rappelons aussi qu’indépendamment du coût de cette mobilité contrainte, nous sommes favorables à l’abandon de ce bornage. Les engagements pris par le MEN n’ont jamais été respectés, la valorisation des parcours reste imaginaire, la mobilité n’a été ni favorisée ni renforcée et les mêmes difficultés subsistent pour les candidats au départ sans parler de la gestion minimaliste des situations personnelles et familiales.

L’homologation

Nous demandons à l’UNSA que les règles en matière d’homologation soient plus strictes, en évitant notamment les mesures qui pourraient permettre de conduire certains établissements à « déshomologuer » seulement certains niveaux pour se séparer de personnels détachés. L’une des solutions serait d’envisager l’impossibilité d’homologuer un niveau si le niveau immédiatement inférieur ne l’est pas ou d’imposer un nombre d’enseignants détachés par établissement.

Les pensions civiles

Le déficit budgétaire de l’Agence est essentiellement dû au poids des pensions civiles. Rappelons que depuis 2009, la charge de ces pensions est supportée uniquement par l’AEFE alors qu’avant c’était le Ministère de l’Éducation nationale qui l’assumait (comme elle continue par ailleurs de le faire pour les détachés des établissements partenaires sans que cela ne pose le moindre problème).
A l’UNSA, dès l’annonce de la réforme budgétaire, nous avions porté l’idée de transférer à nouveau la charge des PC au MEN. On nous répond que ce n’est pas possible aujourd’hui pour des questions de périmètres d’actions et de prérogatives.

D’autres rencontres avec la Sénatrice S.Cazebonne seront prévues dans les semaines à venir. Nous en saurons alors davantage sur ces projets de réforme. Nous continuerons à défendre nos convictions et porter nos revendications, au service des personnels et de l’emploi. Nous vous tiendrons bien évidemment informés de l’avancée de nos discussions.


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