Le compte financier est le document pivot de ce Conseil d’administration. Il a une valeur comptable mais dans le contexte actuel une valeur surtout politique :
Les résultats du compte financier sont un véritable juge de paix de la gestion de l’agence et de son réseau.
En 2025 le résultat est excédentaire au plan comptable alors que ni le plan de suppression d’une centaine d’emplois ni les nouvelles contributions votées en décembre n’ont produit leurs effets.
L’agence est donc capable de faire des économies, d’absorber la hausse des pensions, de pratiquer une hausse des frais de scolarité qui est de 3,5 % en moyenne. Parions que 2026 sera très probablement excédentaire à nouveau. Il faut donc se demander si ce conseil d’administration n’a pas eu la main lourde en décembre avec une batterie de nouvelles contributions qui sont parfois accablantes et qui devraient être ajustées fonction des contextes locaux ou de la fragilité de certains établissements. Le réseau ne doit pas abandonner sa vocation de solidarité.
Ce compte financier est aussi riche d’enseignements politiques : Certains sonnent le tocsin et nous disent qu’il est urgent de réformer, qu’il y a le feu dans le réseau. Comme si les nouvelles mesures financières n’étaient qu’une mise en bouche et qu’on allait tous devoir avaler le menu de guerre maintenant.
Il faudrait réformer la structure car, ils le disent, notre modèle de gouvernance serait à bout de souffle et il faudrait donc demain en trouver un nouveau qui se traduirait surtout par une présence réduite de l’Etat et un nombre de personnels résidents nettement allégés. Cela ressemble à une réforme structurelle telle que la pratiquent le FMI ou la banque mondiale. Or nous n’avons pas de dette, nous avons retrouvé une trajectoire budgétaire positive, et nous sommes, grâce à notre autofinancement, parmi les 10 % des agences publiques les plus performantes. Et l’Etat en compte pourtant 400.
Nous sommes à l’UNSA attachés à la gestion publique et refusons les statuts low cost pour les fonctionnaires et les contractuels de ce réseau.
Nous refusons qu’un gouvernement de fin de règne s’empare à la va vite du sort de notre diplomatie scolaire.
Emmanuel Macron a voulu le cap 2030 et quoi qu’on pense de cette stratégie elle méritait en effet d’être portée au niveau présidentiel car elle relève du domaine réservé.
Les candidats à la présidentielle dès cet automne seront en campagne et produiront sans doute des propositions pour notre diplomatie scolaire au titre d’un projet pour la France à l’étranger.
Dans notre réseau mondial la richesse est avant tout humaine. SI les familles font des efforts financiers pour scolariser leurs enfants c’est parce que face à eux se trouvent des professionnels formés, des enseignants dotés de valeurs à transmettre, des cadres capables de gérer ces établissements dans l’intérêt public. Et cela donne des écoles, collèges et lycées aux performances éducatives remarquables.
Nous réclamons des projets politique qui valorisent les personnels de ce réseau. Qui cessent de les culpabiliser et de dresser les familles contre eux.
Nous voulons un projet qui parie sur l’avenir plutôt qu’une entreprise de détricotage confiée à des Parques sournoises qui auraient décidé de jouer un mauvais tour à l’AEFE.