Mardi 17 mars, l’équipe du SE-Unsa 21 a rencontré notre nouveau DASEN. Lors de cette audience, nous avons présenté nos revendications liées aux particularités de notre département.
Conditions de travail, AESH, carte scolaire, temps partiel à 80% hebdomadaire des PE remplacement dans le 1er degré… On vous dit tout.
Qui est notre nouveau DASEN ?
Jérôme Jardry remplace David Muller qui a été nommé conseiller du ministre chargé de la lutte contre les inégalités territoriales et sociales.
Agrégé et docteur en philosophie, Jérôme Jardry a été IA-IPR et précédemment conseiller « politiques éducatives pour les quartiers prioritaires en Ile-de-France ».
Remplacements et titulaires remplaçants des écoles : de pire en pire !
Le problème des remplacements suscite auprès des enseignant·es comme auprès des parents une incompréhension et un mécontentement croissants et nous avons tenu à le rappeler au nouveau directeur académique.
Entre les absences non remplacées récurrentes et des remplaçants qui se succèdent sur une même suppléance, le constat est sévère. Notre directeur académique nous promet d’avoir un regard particulier sur ce sujet mais nous sommes extrêmement pessimistes à partir du moment où les moyens en remplaçants n’évoluent pas favorablement.
Face à la grogne des parents d’élèves qui manifestent leur mécontentement, l’administration se contente d’indiquer à la presse qu’elle fait avec les moyens en sa possession.
Nous n’avons pas manqué de rappeler au Dasen, au secrétaire général et à l’IA DASEN qu’il ne suffit pas de changer les modalités techniques d’affectation des Titulaires Remplaçants (pôles remplacements et utilisation d’un nouvel outil informatique) pour voir la situation significativement s’améliorer dans nos écoles. L’insuffisance des moyens consacrés au remplacement ne permet pas au service public d’Éducation de fonctionner correctement.
A propos du nouveau système d’affectation des TR nommé Aria +, nous avons exprimé nos doléances et souligné les nécessaires adaptations d’un système encore à l’essai qui devrait être fonctionnel au retour des vacances de printemps.
L’utilisation de ce nouveau logiciel d’affectation change les modalités d’informations en envoyant pour les titulaires remplaçant·es qui ont fait remonter leur numéro de mobile un SMS succinct et également un courriel avec une pièce jointe.
Problème de ce système tel qu’il se met en place : les adresses mail ont disparu des 2 côtés (remplacé·es et remplaçant·es). Il n’est donc plus officiellement possible de communiquer dans un objectif de continuité pédagogique bien compréhensible. Par ailleurs c’est désormais aux directrices et directeurs qu’il revient de transférer les mails reçus uniquement sur les boites des écoles aux enseignant·es remplaçé·es alors que nous militons pour un allègement des tâches les concernant. Il est évidemment nécessaire de remédier à ce problème au plus vite.
Enfin, nous avons malheureusement bien eu confirmation que le respect du texte qui régit l’organisation des remplacements va aboutir à la fin des ISSR pour les renforts. Le secrétaire général nous a confirmé que ce changement devrait avoir lieu au retour des vacances de printemps et que le non-versement de l’ISSR en cas de renfort devait être compensé par des frais de déplacements. Ces derniers sont bien moins intéressants que les ISSR et trop restrictifs (impossible pour toute commune limitrophe à la commune de son école de rattachement mais aussi pour toutes les communes de Dijon métropole).
L'avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa 21 a bien rappelé au DASEN son opposition à l’application de cette réglementation qui va mettre à mal nos collègues dans leurs conditions de travail en classe : quid des ESS ? Des aides ponctuelles pour décharger une direction surchargée ? Des situations de crise chez des élèves à besoins particuliers ? Le SE-Unsa 21, devant l’impossibilité de faire fléchir cette décision ministérielle, a demandé qu’elle soit repoussée au moins à la rentrée prochaine (au lieu du 20 avril) car on ne change pas des règles indemnitaires en cours d’année et de surcroît sans en informer les collègues. Refus catégorique du secrétaire général. L’administration va proposer une audience intersyndicale sur les fonctionnalités actuelles et le nouvel outil. Le déploiement se fera « par vagues ». Pour les ISSR, elle va appliquer la réglementation, comme elle aurait dû être appliquée depuis 2017 nous a-t-on rappelé ! Donc 1 remplacement = 1 ISSR. 1 renfort = 0 ISSR.
Le SE-Unsa 21 a demandé, dans ces conditions, que ces changements indemnitaires soient précisés dans la circulaire mouvement 2026. Il faut que tous les collègues soient informés soit parce qu’ils envisagent de postuler pour devenir titulaire remplaçant·e, ou au contraire parce que ces nouvelles conditions pourraient pousser des remplaçant·es à vouloir changer de poste car les conditions de suppléance et les indemnités changent.
Le SE-Unsa 21 a alerté sur le fait que ces nouvelles modalités d’information très incomplètes de la suppléance, sans possibilité de lien direct entre « remplaçant·e et remplacé·e » entraînaient déjà une dégradation des conditions de travail. Sans compter que les SMS annonçant une suppléance n’arrivent pas toujours à destination… Nous avons alerté sur le fait que des collègues choisissent ce poste aussi parce qu’ils peuvent améliorer leurs revenus, et donc ces changements auront des conséquences directes sur leurs conditions de vie.
Carte scolaire : des particularités départementales que notre Dasen ne peut ignorer
Une carte du prioritaire qui ne correspond pas aux réalités
Si notre département est le seul de l’académie à posséder un REP+, toutes les écoles qui ont un « profil prioritaire » ne sont pas en REP.
Ainsi, nous avons évoqué des écoles urbaines (Beaune, Châtillon-sur-Seine, Talant, Longvic, Dijon…) puis les écoles de quartiers placés en QPV (Quartier Politique de la Ville) mais aussi les écoles dites « orphelines » qui sont bien des écoles placées en éducation prioritaire mais qui n’ont pas de collège « tête de réseau » comme les écoles des Grésilles ainsi que les écoles de l’ancien REP d’Echenon.
Ecoles rurales nécessitant un regard particulier
Nous avons présenté la situation d’écoles rurales particulières (présence d’enfants allophones, d’enfants du voyage, grande ruralité…). Ces écoles doivent être examinées avec la plus grande vigilance compte tenu du public accueilli.
Le cas particulier des écoles maternelles qui n’alimentent qu’une seule école élémentaire
Les maternelles Petit Cîteaux et Baker envoient leurs élèves à l’élémentaire Baker.
L’école maternelle Petit Cîteaux accueille des enfants d’un foyer d’urgence (population ne parlant pas forcément le français à la maison et présentant des situations sociales complexes) et d’une population plutôt défavorisée.
L’IPS (Indice de Position Sociale) est souvent un élément pour évaluer les besoins d’une école. Or, celui-ci se base sur les élèves de CM2, pour lesquels les inégalités sont.
L’IPS retenu est plus que trompeur pour la maternelle Petit Cîteaux qui, de fait, aurait un IPS nettement inférieur en compte uniquement ses élèves.
Temps Partiel 80 % hebdomadaire pour les enseignants du 1er degré : des avancées mais une lutte à poursuivre
Le DASEN a affirmé que « le sujet est ouvert au niveau académique ». Les DASEN ont eu un temps de travail spécifique qui n’a pas permis d’aboutir pour cette année mais le sujet reste à l’étude. Il y a effectivement des difficultés de mise en œuvre évoquées par le DGRH. Si réponse il y a, elle sera au niveau académique. Il y a une volonté d’harmonisation au niveau académique et une demande d’harmonisation d’autres départements pour une généralisation déjà du 80 % « annualisé » (=1 période libérée/4 travaillées), car il n’y a que la Côte d’Or qui le propose.
Le SE-Unsa 21, force de propositions, après une audience auprès de la Rectrice puis de la Secrétaire Générale Académique fin 2025, a provoqué la mise en place de ce temps de travail sur le temps partiel 80 % hebdomadaire au niveau académique. On ne peut que se réjouir d’un début de réflexion pour une équité territoriale depuis notre initiative de revendiquer ce temps partiel au niveau académique.
Nous remercions tous les collègues qui ont signé notre pétition pour le temps partiel à 80 % hebdomadaire.
Vous êtes plus de 1000 à nous soutenir à ce jour, vous pouvez continuez à la signer et à la faire signer !
Nous continuerons à porter cette revendication auprès de la Rectrice pour faire évoluer la prochaine circulaire de temps partiel pour le premier degré dans les 4 départements de l’académie de Dijon.
Conditions de travail en Côte d’Or : beaucoup à faire !
Voici le constat que nous avons présenté :
La Côte d’Or est un département où le RSST (registre Santé et Sécurité au travail), informatisé comme dans toute l’académie, est très utilisé par les agents, principalement dans le 1D où la problématique des élèves au comportement perturbateur est forte.
Il existe une grande difficulté de faire fonctionner réellement un réseau de préventeurs avec une insuffisance de moyen humain pour les Assistants de Prévention.
Pour les Assistants de Prévention de circonscriptions, les moyens humains ne permettent pas de suivre les observations rédigées sur le RSST, de mettre à jour les PPMS et faire vivre le DUER.
Pour les Assistants de Prévention d’Établissement, ils sont bien trop souvent de la collectivité territoriale. Les personnels éducation nationale ont peu, voire pas de temps dégagé. Ils sont bien souvent insuffisamment formés.
Le DUER (Document unique d’évaluation des Risques) qui doit être la pierre angulaire de la prévention des risques professionnels ne fonctionne pas.
L’application numérique ne permet pas d’avoir une vue globale sur les risques évalués. Cette application fonctionne avec un ensemble de fiches déconnectées les unes des autres.
Les agents ne sont pas consultés pour évaluer les risques. Dans le 1er degré, les « fiches » sont rédigées par l’APC et le directeur d’école et ne concernent pratiquement que des risques matériels.
Dans le 1er degré, les insuffisances du DUER ne permettent pas de mettre en place des « plans d’actions locaux » pour limiter les risques professionnels. Trop souvent les fiches rédigées sont clôturées et réécrites telles quelles.
Un nombre infime d’écoles a rédigé des fiches DUER sur les risques liés à la présence d’élèves violents.
Départementalement, aucune possibilité ne permet d’agréger les fiches selon des thématiques et donc de nourrir le programme annuel de prévention des risques professionnels. Ainsi, aucune mesure n’est prise départementalement pour limiter les risques professionnels liés à la présence d’élèves violents, ce qui est pourtant la 1ère thématique dans le RSST.
Enfin , il existe un manque de personnels de santé (médecins du travail en nombre insuffisant, pas de psychologue du travail, pas de personnel infirmier du travail). Comme dans de nombreux départements, les consultations liées à la souffrance au travail occupent une place considérable, tandis que les actions de prévention en milieu professionnel restent marginales.
Le SE-Unsa au sein de sa fédération, l’Unsa-Education, souhaite que notre département impulse une véritable évolution pour que la prévention devienne une culture pour les agents mais surtout une réalité.
AESH et quotité de travail à 60% : des inégalités à corriger
Nous avons interrogé notre nouveau DASEN concernant nos collègues AESH dans le 21 qui sont passés à 60 % depuis la rentrée 2025. Nous lui avons présenté un point de vigilance sur le fait que le temps d’accompagnement devant élèves de 23H10 pour un 60 % était très difficilement applicable. Certains AESH font 24H et rattrapent ensuite leur temps, d’autres font 23H10 précises mais se voient confrontés à un mécontentement des enseignants car l’AESH part sans terminer l’heure pleine. Enfin d’autres font 23H et on leur demande de faire d’autres heures hors emploi du temps pour arriver à leur quota de 23H10.
Nous souhaitons une harmonisation dans notre département, plus égalitaire pour les agents et que ces heures d’accompagnement ne soient plus laissés à l’appréciation des chefs d’établissements.
Le DASEN nous a répondu que l’administration allait produire un document synthétique des procédures possibles à appliquer.