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Déclaration lue par l’UNSA Education Vosges :
Monsieur le DASEN, Mesdames et Messieurs les membres du CSA SD des Vosges,
La carte scolaire actuellement en préparation pour la rentrée 2026 constitue une attaque frontale contre le service public d’éducation et les conditions d’exercice de nos missions. Dans nos écoles comme dans nos établissements, elle est perçue non plus comme un ajustement, mais comme un recul assumé.
En s’appuyant sur la baisse démographique, le ministère fait le choix d’une politique de réduction des moyens. Ce choix est politique. Il est assumé. Et il est en totale contradiction avec les discours qui font de l’éducation une priorité nationale.
L’École pouvait-elle se le permettre ? L’UNSA Éducation répond clairement : non.
Ce que vivent aujourd’hui nos collègues, rassemblés devant la DSDEN, est révélateur : incompréhension, fatigue, colère. Car derrière les chiffres, ce sont des réalités humaines qui se dégradent.
Dans notre département, la suppression d’une cinquantaine d’ETP , de 37 postes dans le premier degré, à laquelle s’ajoutent 22 postes supprimés dans le second degré, est vécue comme une véritable saignée. Certaines matières sont particulièrement touchées, comme la Technologie, déjà historiquement en déficit. C’est un non-sens pédagogique.
Les conséquences sont immédiates et inacceptables :
- Une carte scolaire disciplinaire qui risque d’envoyer des collègues sur d’autres départements, déstabilisant les équipes et fragilisant les parcours professionnels ;
- Des enseignants contraints de demander des temps partiels pour éviter des compléments de service (CSD) trop éloignés, au détriment de leur rémunération et de leur équilibre de vie ;
Et pendant ce temps-là, que constate-t-on ?
- Un seul poste de CPE créé, alors même que les conseils de discipline se multiplient dans les établissements.
- Aucune création de poste d’assistante sociale.
- Aucune création de poste de médecin scolaire.
- Aucune avancée statutaire pour les AESH.
C’est tout simplement inadmissible.
Comment prétendre construire une école inclusive sans les personnels nécessaires ?
Aujourd’hui, l’inclusion, faute de moyens, devient trop souvent une école de la souffrance : souffrance des personnels, comme en témoignent l’explosion des signalements dans les registres et les alertes à notre syndicat, mais aussi souffrance des élèves, dont les besoins ne sont pas correctement pris en charge faute de professionnels disponibles et qualifiés.
Cette situation n’est plus tenable.
Sur le terrain, les constats sont sans appel : classes surchargées, inclusion fragilisée, directions et équipes épuisées, perte de sens du métier. Les personnels sont à bout, tiraillés entre leur engagement et l’impossibilité d’exercer correctement leurs missions.
L’UNSA Éducation le dit avec force : l’éducation de nos enfants ne peut pas reposer sur l’épuisement de celles et ceux qui la font vivre.
Notre position est claire :
Nous refusons les fermetures sèches là où les besoins demeurent.
Nous refusons que la baisse démographique serve de prétexte à un désengagement de l’État.
Nous refusons une gestion purement comptable de l’École.
Nous exigeons :
- Un moratoire sur les suppressions de postes là où les conditions d’enseignement sont déjà dégradées ;
- Une véritable prise en compte des réalités de terrain : indicateurs sociaux, inclusion, conditions de direction et d’exercice ;
- La création de postes suffisants pour réduire les effectifs, renforcer le remplacement, soutenir les élèves à besoins particuliers ;
- Des postes de CPE, de personnels sociaux et de santé à la hauteur des besoins ;
- Une reconnaissance statutaire et salariale des AESH ;
- Une politique de gestion des postes permettant des affectations stables, cohérentes et humainement acceptables.
Nous demandons également la poursuite d’un véritable dialogue social, sincère et transparent, fondé sur l’écoute des équipes et non sur des décisions déjà arrêtées.
Le budget de l’Éducation nationale n’est pas une variable d’ajustement. C’est un choix de société.
Aujourd’hui, le choix qui est fait est celui du recul.
Nous refusons de l’accepter.
Nous vous remercions.