GT du 25 mars 2026 : moins d’élèves, mais toujours moins de moyens
Le Groupe de Travail (GT) Carte scolaire 2026 pour les écoles des Bouches-du-Rhône s’est tenu mercredi 25 mars 2026, dans un contexte de baisse budgétaire.
Alors même qu’une forte baisse démographique est attendue à la rentrée de septembre 2026, avec 3 500 élèves en moins dans le premier degré, l’UNSA Éducation considère qu’il s’agit là d’une occasion manquée pour améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’apprentissage des élèves.
Le contexte départemental et académique
Au niveau académique
- 36 postes seront supprimés dans les écoles maternelles et élémentaires de l’académie.
Dans les Bouches-du-Rhône
- Le département devrait initialement perdre 20 postes ;
- Mais le DASEN aurait obtenu une rallonge de 15 postes de la part du ministère ;
- À la rentrée de septembre 2026, ce sont 3 500 élèves d’âge primaire en moins qui sont attendus dans le département ;
- Depuis 2019-2020, la baisse atteint désormais 11 000 élèves.
Le projet de carte scolaire 2026 dans le 13
94 ouvertures prévues
- 83 postes-classe, dont 12 dédoublements et 3 TPS en éducation prioritaire
- 4 postes spécialisés
- 4 postes de CPC, dont 2 généralistes et 2 à mission départementale Maîtrise de la langue
- 1 conseiller départemental de prévention sécurité
- 1 adjoint ressources humaines
167 fermetures prévues
- 152 postes-classe dont 38 dédoublements
- 8 postes spécialisés
- 5 postes de CPC, dont :
- 2 CPC Mission Maths
- 1 CPC Mission Arts – musique
- 1 CPC Mission Arts plastiques
- 1 coordination départementale numérique
- 2 postes de référents :
- la formation initiale
- les usages du numérique
De nouveaux critères retenus par la DSDEN
Cette année, la DSDEN a intégré l’Indicateur de Positionnement Social (IPS) dans ses critères d’étude des implantations et retraits de postes dans les écoles.
L’IPS vient ainsi s’ajouter :
- à la classification Éducation prioritaire pour les dédoublements ;
- et aux moyennes d’élèves par classe, retravaillées pour les fermetures uniquement.
IPS et effectifs par classe : les nouveaux repères de fermeture
La DSDEN a défini 3 blocs, qui regroupent les écoles selon leur IPS, maternelles et élémentaires confondues.
- Bloc 1 : IPS ≤ 75 = 20,5 Elèves par Classe de moyenne
- Bloc 2 : 75 < IPS ≤ 95 = 23 E/C
- Bloc 3 : IPS > 95 = 26 E/C
– Pour une école du bloc 1, si la moyenne d’élèves par classe ne dépasse pas les 20,5 avec un poste de moins, le DASEN prévoit une fermeture.
– Pour une école du bloc 2, le seuil est fixé à 23.
– Pour une école du bloc 3, il est fixé à 25.
Pour l’UNSA Éducation : une surprise… mais aussi des limites
Pour l’UNSA Éducation, cette nouvelle classification a constitué une vraie surprise, car elle n’avait pas été annoncée.
Jusqu’à l’année dernière, les repères utilisés par la DSDEN étaient les suivants :
- 27,5 élèves par classe en élémentaire
- 28 élèves par classe en maternelle
- 25 élèves par classe en éducation prioritaire
Avec cette nouvelle classification, et malgré une dotation en baisse pour le département, la DSDEN parvient presque à tenir ses nouveaux repères d’effectifs par classe.
Nous avons en effet repéré :
- 1 école du bloc 2 à 24,5 élèves par classe au lieu de 23 ;
- 9 écoles du bloc 3 au-dessus du seuil, dont une à 26 élèves par classe.
Mais un problème se pose : Ce cadrage ne tient que lorsque les prévisions d’effectifs de la DSDEN correspondent à celles remontées par les écoles.
Et c’est précisément là que se joue une partie de la carte scolaire.
Et concernant les dédoublements en éducation prioritaire, le repère de 15 élèves par classe a été maintenu.
Le projet de carte scolaire en détail
Attention : il ne s’agit encore que d’un projet.
L’arrêté de carte scolaire 2026 sera publié à l’issue du CDEN, soit le 3 avril 2026.
- Les ouvertures et les fermetures de postes dans les écoles
- Les ouvertures et fermetures de déboulements, ASH et TPS
- Les autres mesures hors la classe
Ce qu’il reste à faire
Lors du GT du 25 mars, les délégué·es de l’UNSA sont intervenu·es pour porter la voix des écoles qui nous avaient mandatés.
Nous avons demandé :
- la correction des prévisions d’effectifs lorsqu’il existait des écarts avec les remontées des écoles ;
- l’annulation de fermetures prévues ;
- l’ouverture de postes là où les effectifs le nécessitent.
Une règle incomplète
S’il existe bien des repères pour fermer, le DASEN n’a fixé aucun repère clair pour ouvrir.
Pour l’UNSA Éducation, la règle n’est donc pas complète, et cela pose un vrai problème de lisibilité.
Les demandes de l’UNSA Éducation
L’UNSA Éducation a demandé :
- de fixer des repères clairs pour les ouvertures de classe ;
- de vérifier les écarts de prévision d’effectifs et de les corriger lorsqu’ils sont avérés ;
- de créer des postes de remplaçant·es.
La baisse démographique ne doit pas servir de prétexte
L’UNSA Éducation regrette, une fois encore, que la baisse démographique soit automatiquement associée à une baisse des moyens.
Si l’ensemble des moyens avait été conservé, cela aurait permis :
- de renforcer la brigade de remplacement ;
- de maintenir davantage de postes hors la classe ;
- et d’améliorer concrètement les conditions de travail et d’apprentissage.
Pour l’UNSA Éducation, la baisse du nombre d’élèves aurait dû être une opportunité pour mieux faire fonctionner l’École, et non une simple variable d’ajustement budgétaire.