Retour sur une journée exceptionnelle
À l’occasion du 120ᵉ anniversaire de la loi de Séparation des Églises et de l’État, La Roche-sur-Yon a vécu, le 9 décembre 2025, une journée dense et exemplaire consacrée à l’anniversaire de la loi de 1905. De l’école à la médiathèque, du village associatif aux prises de parole citoyennes, spectacles, débats et temps de transmission ont permis de faire vivre concrètement ce principe fondateur de la République. Le SE-Unsa et l’UNSA Éducation ont pleinement pris part à cette mobilisation collective ; la déclaration « le SE-Unsa, la laïcité dans son ADN », prononcée lors de cette journée.
La laïcité transmise dès l’école
Dans la matinée du 9 décembre 2025, quatre classes des écoles Laënnec et Léonce Gluard ont assisté à un spectacle proposé par la compagnie Luciole et Grillon, dans un local du groupe scolaire Laënnec. À travers des musiques et des contes du monde, ce spectacle a permis d’aborder, de manière accessible et sensible, les notions de liberté de conscience et de respect de la diversité. Il a également ouvert la réflexion sur les grands enjeux de la laïcité et sur le sens de la loi de Séparation des Églises et de l’État, fondement de l’école publique et de la République.
Un espace Laïcité pour comprendre et transmettre
Peu avant midi, la médiathèque Benjamin-Rabier de La Roche-sur-Yon a inauguré un espace dédié à la laïcité. À cette occasion, l’Observatoire vendéen de la laïcité Georges Clemenceau (OVLGC) a déposé l’ensemble de sa centaine d’ouvrages dans ce nouvel espace culturel. Ces documents, désormais empruntables par l’ensemble des lecteurs de l’agglomération et accessibles par prêt inter-bibliothèques à l’échelle nationale, constituent une ressource précieuse pour approfondir la connaissance de la laïcité et de son histoire. Plusieurs de ces ouvrages font par ailleurs l’objet de chroniques accessibles au public.
Un village associatif pour faire vivre la laïcité
En début d’après-midi, un village de la laïcité a réuni de nombreuses associations et organisations engagées : la Libre Pensée, le CDHMOT, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, le syndicat des enseignants, la Ligue de l’enseignement, les Francas, les Pupilles de l’enseignement public (PEP) et l’OVLGC. Le SE-Unsa y était représenté par Alain Chiron, présent pour l’ensemble des activités de la journée. Ce temps d’échanges a permis de mettre en lumière la diversité des engagements en faveur des valeurs républicaines et de la laïcité.
Histoire, débats et éclairages républicains
Dans une salle adjacente, une communication a été proposée sur les conséquences du vote de la loi de 1905 sur la vie des instituteurs vendéens à la Belle Époque. Elle a été suivie d’un diaporama consacré aux caricatures favorables ou opposées à la loi de Séparation, réalisé par Florence Regourd du CDHMOT. Ces interventions ont été marquées par la présence de Jérôme Presneau, co-président de l’Association des professeurs d’histoire-géographie des Pays de la Loire.
Une clôture engagée, culturelle et conviviale
Après un moment convivial apprécié par tous pour sa qualité, sous le patronage des Francas, on passa à un concours d’éloquence autour du thème de la laïcité, entre élèves de l’enseignement secondaire. Il s’en suivit une prise parole, d’une petite dizaine d’intervenants membre de certaines associations soutenant l’action en question, a eu lieu. On retiendra que le représentant des DDEN fit découvrir au plus grand nombre la vie et l’œuvre de Victor Duruy. Il s’agit là d’un ministre de l’Instruction publique du Second Empire qui notamment favorisa le développement de l’instruction primaire, encouragea au relèvement du salaire des instituteurs, rétablit l’enseignement de la philosophie au lycée et créa une filière du secondaire permettant de présenter un baccalauréat sans les langues anciennes.
Généralement les mêmes personnes apprirent à connaître, grâce au représentant de l’association des pupilles de l’enseignement public (PEP), le champenois Léon Bourgeois, un théoricien du solidarisme qui est la pensée servant de socle à toute notre système social. Ce personnage fut aussi le lauréat du Prix Nobel de la paix en 1920, président du Sénat et fondateur durant la Première Guerre mondiale des Pupilles de l’enseignement public (PEP). La Libre Pensée livra un très intéressant exposé autour du financement de l’enseignement privé. Ont également pris la parole des représentants de Familles laïques, de l’OVLGC (organisme formateur aux modules « Valeurs de la République et laïcité »), du CDHMOT, de La Ligue de l’enseignement, de la Franc-maçonnerie. Benoit Duranteau, au nom du SE-Unsa… Lues par Sylvie Saupin et Jean-Pierre Majzer, plusieurs citations autour de l’idée de laïcité, entre des interventions, agrémentaient ce moment de communication.
La journée s’est achevée par un spectacle d’improvisation proposé par Augustine et Compagnie, venant clore, dans un esprit convivial et culturel, un programme dense et exigeant. Débutée à 9h30 et prolongée jusqu’à 22h30, cette journée a illustré avec force que la laïcité demeure un principe vivant, qui se transmet, se questionne et se construit collectivement.