Des idées cadeaux ...

Chers adultes, vous qui côtoyez les élèves, si vos proches ne savent pas quoi vous offrir pour les fêtes, j’ai des idées cadeaux à vous suggérer : protège-tibias, casque, ceinture abdominale, abonnement salle de sports …

Nous sommes entrés dans l’école du 21ème siècle qui part d’une belle idée de Jacques Chirac en 2005, l’inclusion. Mais celle-ci a des limites, elle peut mettre tout le monde en souffrance, les enseignants, les AESH, le personnel municipal et les enfants eux-mêmes.

Dans mon école, nous souffrons particulièrement actuellement avec un élève qui en est à la moitié de sa scolarité en élémentaire et qui ne doit pas être frustré, sous peine de faire de violentes crises. Il frappe, griffe, veut se faire mal en se cognant contre les murs, en s’arrachant les oreilles, s’urine dessus, en un mot l’horreur. Alors, les observateurs observent, les papiers se remplissent (fait établissement, registre santé et sécurité, dossier MDPH, GEVASCO, déclenchement PCPE…) mais nous attendons tous dans l’angoisse la prochaine crise qui sera gérée par les gens sur le terrain. C’est épuisant et démobilisateur. Pourtant, nous avons une inspectrice à l’écoute qui fait ce qu’elle peut avec les pauvres moyens dont elle dispose, nous sommes bien dotés en AESH (oui, ça existe !) compétentes et dévouées, j’ai une équipe remarquable et soudée, ce sont des conditions nécessaires mais pas suffisantes. De surcroit, quand vous avez une famille dans le déni (c’est toujours difficile d’admettre que son enfant est handicapé mais de mettre la tête sous le tapis ne fait qu’empirer les choses) et qui a tous les droits (notamment de ne pas mettre son enfant dans une structure adaptée ou de ne pas prodiguer de soins, chose facilitée par le désert médical dans lequel nous sommes), c’est encore moins solutionnable. Si ce n’était qu’un cas isolé, tout cela ne serait pas grave mais quand vous contactez le centre médico scolaire qui vous annonce qu’il y en a beaucoup et de plus en plus, c’est terrorisant.

Si le vieil enseignant que je suis était le seul à faire ce constat (il est aigri, c’est normal il est vieux !), ce ne serait pas grave. Mais quand l’éducation nationale perd de jeunes collègues compétents et peine à recruter, cela fait froid dans le dos. Quand j’entends des collègues investis de 40 ans ou moins dire qu’ils ne vont pas pouvoir rester dans ce marasme encore 25 ans, je m’inquiète ! Et quand l’école va mal, c’est tout l’avenir de la société qui vacille, ces enfants en souffrance deviendront adultes et alimenteront les faits divers.

Alors faire classe dans ces conditions tous les jours, toute l’année, sans être arrêté, est déjà un grand et le meilleur des projets, n’allons pas chercher l’axe 12 de l’objectif 37. Quand nous voyons des vidéos formatrices pour nous expliquer les nouveaux programmes avec des gens dialoguant autour d’une table, nous sommes totalement hors sol.

C’était le cri de détresse (écrit simplement de sa main sans l’aide du chat qui pète) d’un enseignant directeur en fin de carrière qui refuse de voir l’école publique pour laquelle il s’est investi toute sa carrière se déliter de cette façon.

Courage à tous et joyeux Noël…


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