L’annonce de la dotation académique pour la rentrée 2026 a provoqué l’indignation des personnels de l’Éducation nationale en Ille-et-Vilaine. L’académie de Rennes prévoit en effet la suppression de 86 postes dans le premier degré et de 131 dans le second degré, une décision qualifiée d’“inacceptable” par l’intersyndicale du département. Ce jeudi, près de 300 manifestants se sont rassemblés devant le rectorat pour dénoncer cette politique qui sacrifie le service public d’éducation.
Un département “sinistré” Le Se-UNSA tire la sonnette d’alarme : l’Ille-et-Vilaine est aujourd’hui un département en grande difficulté, où la souffrance des personnels et des élèves atteint un niveau critique. “L’administration est incapable de prendre en compte la spécificité du 35”, déplore Valéry Lamoure secrétaire départemental du se-Unsa 35. Pour symboliser cette détresse, des bougies ont été déposées devant le rectorat, illustrant la “souffrance au quotidien dans nos classes”.
Handicap et inclusion : un système à bout de souffle
Le se-UNSA 35 alerte sur l’explosion des demandes de reconnaissance du handicap : “Entre 2024 et 2025, nous avons enregistré une augmentation de 25%, soit 2000 dossiers supplémentaires.” Pourtant, 500 élèves du département n’ont toujours pas d’accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH). Pire, les AESH présents ne restent pas, préférant quitter un système où les conditions de travail sont devenues intenables.
Violence et santé mentale : l’école en première ligne La situation est d’autant plus alarmante que 1200 enfants sont toujours en attente d’une place en institut médico-éducatif (IME) ou en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). “On néglige la santé mentale et on a beaucoup trop d’élèves hyperperturbateurs et violents qu’on ne maîtrise pas dans nos classes”, conclut Valéry Lamoure. Les enseignants, épuisés, réclament des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins.
Demain, la mobilisation s’amplifie Face à l’inaction de l’administration, les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation, espérant voir les effectifs doubler. “Nous ne lâcherons rien”, promet un représentant de l’intersyndicale. La question reste entière : jusqu’où faudra-t-il aller pour que l’État entende enfin la détresse de l’école publique en Ille-et-Vilaine ?


