Aujourd’hui, la France se transforme en carte postale hivernale. La neige s’invite presque partout sur le territoire, et avec elle, le grand frisson… surtout dans nos salles de classe ! Alors que les élèves arrivent emmitouflés comme des explorateurs arctiques, la question se pose : à partir de quelle température peut-on légitimement refuser de jouer les pingouins en classe ?

Les règles du jeu (ou plutôt, leur absence !)

Première surprise : il n’existe pas de température minimale légale en dessous de laquelle fermer un établissement scolaire serait obligatoire. Autrement dit, théoriquement, on pourrait enseigner les équations du second degré à 5°C avec des glaçons qui se forment sur le tableau blanc. Bon, ce serait probablement illégal pour d’autres raisons, mais vous voyez l’idée !

Heureusement, tout n’est pas perdu. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), qui ne plaisante pas avec le confort des travailleurs, considère qu’en dessous de 18°C, un environnement de travail est trop froid pour des activités physiques légères. Or, contrairement à ce que pensent certains élèves, rester assis à écouter un cours de grammaire constitue bien une « activité physique légère ».

Le ministère de l’Éducation nationale, dans son guide Bâtir l’École, recommande quant à lui une température de confort entre 18°C et 20°C dans les salles de classe. Ironiquement, le Code de l’énergie fixe une limite supérieure de chauffage à 19°C dans les bâtiments publics pour économiser l’énergie. Autrement dit, la zone de confort idéale fait exactement 1°C de large. Qui a dit que l’Éducation nationale n’aimait pas la précision ?

Responsabilités : qui doit rallumer le chauffage ?

Le Code du travail (article R. 4223-13) est clair : l’employeur doit garantir une température convenable. Dans les établissements scolaires, c’est l’administration qui est responsable de la santé et de la sécurité des personnels et des élèves. Même si la loi ne fixe pas de seuil précis, elle n’autorise pas non plus à transformer les collèges et lycées en congélateurs éducatifs !

Les collectivités territoriales ont également leur part de responsabilité puisqu’elles gèrent les bâtiments scolaires. Autrement dit, quand il fait 12°C dans votre classe, ce n’est pas le moment de jouer à « c’est la faute de l’autre » entre le rectorat et le conseil départemental.

Pour rappel les écoles dépendent des mairies, les collèges du département et les lycées de la région!

Que faire concrètement quand vous gelez sur place ?

1. Mesurez la température
Avant tout, munissez-vous d’un thermomètre fiable. « Il fait très froid » est moins convaincant qu’un « il fait 14°C dans la salle B12 ». Les faits, toujours les faits !

2. Signalez le problème
Inscrivez la situation dans le registre santé et sécurité au travail (RSST) sur Toutatice ! Cette fiche SST permet de garder une trace officielle des problèmes de conditions de travail. C’est votre mémoire collective en cas de litiges futurs.

3. Alertez les bonnes personnes

  • Informez votre chef d’établissement par écrit

  • contacter le conseiller de prévention 

  • Contactez votre section syndicale SE-UNSA qui pourra vous accompagner dans vos démarches

4. Mobilisez les instances
Profitez du conseil d’administration pour poser des questions ou émettre des vœux concernant l’amélioration du chauffage. Les élus y siègent, et bizarrement, les problèmes de chauffage deviennent soudainement prioritaires quand ils sont évoqués publiquement !

5. Interpellez la collectivité territoriale
Un courrier officiel à la mairie, au conseil départemental ou régional (selon le type d’établissement) peut faire des miracles. Surtout quand plusieurs établissements du territoire signalent le même problème simultanément. Parlez en à vos représentants syndicaux qui se feront l’écho de vos revendications notamment en CDEN/ CAEN.

En attendant les solutions : survivre au quotidien

Pendant que les rouages administratifs se mettent en marche (parfois avec la vélocité d’un glacier), quelques astuces pratiques :

  • La technique de l’oignon : plusieurs couches de vêtements valent mieux qu’un gros manteau qui transforme vos mouvements en chorégraphie de michelin

  • Bougez ! : intégrez des pauses actives dans vos cours. Les élèves (et vous) apprécieront de se lever, de s’étirer, de faire quelques pas

  • Adaptez vos méthodes : difficile de rester concentré quand on grelotte. Privilégiez les activités dynamiques et participatives

  • Le pouvoir du collectif : quand toute une équipe se mobilise, les choses avancent plus vite

Un enjeu de santé publique

Au-delà du simple inconfort, travailler dans le froid a des effets avérés sur la santé : baisse de la concentration, fatigue accrue, risque accru de maladies, tensions musculaires… Sans parler de l’ambiance générale qui, comme la température, tend vers le glacial !

Les élèves aussi sont impactés : comment apprendre efficacement quand on se demande si on va perdre un orteil pendant le contrôle de mathématiques ?

En conclusion

Aujourd’hui, alors que la neige recouvre la France d’un joli manteau blanc, souvenons-nous qu’un établissement scolaire n’est pas un igloo. Les 18°C minimum ne sont pas un luxe mais une nécessité pour des conditions d’enseignement et d’apprentissage dignes de ce nom.

Alors, si vous sentez que vos doigts s’engourdissent en corrigeant des copies, que votre haleine forme de petits nuages de condensation pendant que vous expliquez Molière, ou que vos élèves ressemblent plus à une expédition polaire qu’à une classe de troisième : agissez, signalez, insistez !

Le droit à des conditions de travail convenables n’est pas négociable, même par -2°C dehors.

Le SE-UNSA vous accompagne dans toutes vos démarches pour améliorer vos conditions de travail. N’hésitez pas à contacter votre section locale.




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