Comprendre les droits et obligations des AESH

Un métier essentiel, encore trop mal compris

Cet article s’adresse aussi aux directions d’école, chefs d’établissement et responsables de PIAL, car le non-respect de ces règles a des conséquences directes sur les élèves, les personnels et les familles.

Les chiffres qui comptent

Les AESH représentent aujourd’hui près de 140 000 professionnels, faisant de ce métier le deuxième de l’Éducation nationale.

En 2025, plus de 520 000 élèves bénéficient d’un accompagnement, soit plus de trois fois plus qu’en 2005.
L’école inclusive repose donc largement sur les AESH.

Des avancées récentes, mais des difficultés persistantes

Avancées

Depuis la loi du 16 décembre 2022 :

  • accès au CDI après 3 ans (au lieu de 6),

  • près de deux tiers des AESH sont en CDI,

  • 60 heures de formation initiale obligatoires,

  • accès aux plans de formation académiques.

Difficultés

Malgré cela :

  • le temps partiel contraint reste majoritaire,

  • les salaires sont souvent en dessous du seuil de pauvreté,

  • il n’existe toujours pas de véritable statut de fonctionnaire.

L’EDS : une feuille de route obligatoire

Qu’est-ce que l’EDS ?

L’Emploi du Temps de Service (EDS) est le document qui organise la semaine de travail de l’AESH. Il doit être remis dès la rentrée!!
Il précise obligatoirement :

  • les lieux d’intervention (écoles, établissements),

  • les jours et horaires,

  • le volume horaire,

  • le nom des élèves accompagnés et leur type d’accompagnement (individualisé ou mutualisé et le nombre d’heures si aesh-i)

Quand et par qui est-il établi ?

  • À la prise de poste : par le SDAEI.

  • En cours d’année : réactualisation possible par le PIAL.

Le PIAL, placé sous la responsabilité de l’IEN dans le premier degré et du chef d’établissement dans le second degré, organise les interventions selon les notifications MDPH.

Réactualisation de l’EDS

Une modification peut intervenir en cas de :

  • changement des besoins de l’élève,

  • arrivée ou départ d’un élève,

  • évolution du PPS,

  • réorganisation du service.

Toute modification doit être clairement communiquée et transmise à l’AESH.

Notifications individuelles : stop au bricolage

Un principe fondamental

Une notification individuelle délivrée par la MDPH ne peut pas être mutualisée.

Elle répond à des besoins spécifiques évalués et reconnus.

Les types d’accompagnement

AESH individuel (AESH-i) 

  • accompagnement à toutes les heures de cours,

  • attention soutenue et continue,

  • impossibilité de suivre plusieurs élèves en même temps.

AESH mutualisé (AESH-m)

  • accompagnement de plusieurs élèves,

  • uniquement si chaque élève dispose d’une notification mutualisée.

Attention aux dérives

Fusionner plusieurs notifications individuelles pour créer un poste mutualisé est illégal.
Si une organisation ne respecte pas les notifications, elle peut et doit être signalée.

La réunion de rentrée : une obligation réglementaire

Le cadre légal

Dans le mois suivant l’affectation, une réunion doit avoir lieu entre :

  • l’AESH,

  • l’enseignant,

  • la famille,

  • éventuellement l’AESH précédent.

Ce n’est pas une option.

Pourquoi est-elle indispensable ?

Elle permet de :

  • présenter la mise en œuvre du PPS= projet personnel de scolarisation (Il recense les mesures compensatoires prises par la MDPH en matière d’orientation scolaire (milieu ordinaire ou spécialisé), d’aménagement de la scolarité, d’aménagements de nature pédagogique, de compensations de nature humaine, matérielle ou financière.

  • définir précisément les missions de l’AESH,

  • organiser l’accompagnement au quotidien,

  • instaurer une communication claire.

Sans cette réunion

L’AESH risque :

  • de travailler à l’aveugle,

  • de ne pas connaître les besoins de l’élève,

  • de ne pas avoir accès aux documents officiels,

Les missions de l’AESH ont des limites claires

Les missions sont définies uniquement par :

  • le PPS,

  • le GEVA-Sco,

  • l’EDS.

Il est interdit de demander à un AESH :

  • de remplacer un enseignant,

  • d’assurer une surveillance générale,

  • d’effectuer des tâches hors PPS,

  • de servir de variable d’ajustement.

Un AESH n’est pas un personnel polyvalent.
C’est un professionnel de l’accompagnement.

Respecter le cadre, c’est protéger tout le monde

Respecter les droits des AESH, c’est :

  • garantir un accompagnement de qualité aux élèves,

  • sécuriser les équipes éducatives,

  • éviter les conflits avec les familles,

  • respecter la loi.

L’école inclusive ne peut fonctionner sans AESH reconnus, formés et respectés.


Partager

Bonjour et bienvenue au SE-UNSA !

Veuillez saisir le code postal de votre lieu d'exercice afin que nous puissions personnaliser votre expérience.