Le comité social d’administration spécial départemental (CSA-SD) consacré à la préparation de la rentrée scolaire dans les collèges du Gard s’est tenu le 16 mars. L’année scolaire à venir sera marquée par une baisse drastique des moyens dans les collèges du Gard mettant en danger certaines disciplines. L’argument de la baisse démographique cache mal une politique de rigueur budgétaire qui progresse à pas feutré dans cette dotation 2026/2027.

Démographie en baisse, moyens en chute

Le Dasen justifie la baisse des moyens par la déprise démographique qui s’accélère dans le Gard, liée à deux facteurs : un solde migratoire en recul et une natalité désormais proche de zéro.

Cette lecture strictement comptable interroge. La baisse du nombre d’élèves pourrait être l’occasion de stabiliser, voire d’améliorer, les conditions d’enseignement, fortement dégradées ces dernières années. Elle se traduit au contraire par une réduction continue des postes et des marges de fonctionnement des établissements (voir notre article sur les moyens alloués ou DGH aux collèges du Gard).

L’administration affirme avoir cherché à préserver certaines priorités : des classes autour de 26 élèves, le maintien de certaines divisions (notamment dans les collèges « en progrès »), les dédoublements en 6e et 5e et quelques groupes supplémentaires. Pour le Dasen, la répartition proposée constitue un « équilibre tenable ».

Dans les faits, cet équilibre repose surtout sur une nouvelle contraction des moyens, qui s’ajoute aux suppressions des années précédentes et contraint davantage les établissements.

Nos collègues de vie scolaire seront heureux d’apprendre que notre employeur considère que le Gard serait en « surconsommation » de moyens de vie scolaire, notamment pour les CPE et les AED. Un argument complètement déconnecté du terrain, qui choque dans un département où les équipes éducatives sont confrontées à des publics souvent fragiles et à des besoins d’accompagnement importants.

Les chiffres

La préparation de la rentrée 2026 dans les collèges du Gard se traduit par un bilan très défavorable en matière de moyens. Le projet présenté par l’administration prévoit 29 suppressions de postes, dont 7 actuellement occupés, pour seulement 3 créations, dont l’une correspond en réalité à un simple transfert. Retrouvez le détail ICI

Les échanges intervenus lors du groupe de travail du 10 mars puis lors du CSA-SD ont permis de limiter certaines suppressions. Plusieurs postes initialement menacés ont ainsi été maintenus, notamment en lettres modernes au collège de  Condorcet (Nîmes), au collège de Saint-Gilles et au collège d’Aigues Mortes, et en lettres classiques au collège des  Oliviers (Nîmes). Une création de poste en EPS au collège de Saint-Geniès-de-Malgoirès est également prévue.

Ces ajustements restent toutefois marginaux au regard de l’ampleur des suppressions annoncées. Sept mesures de carte scolaire concernent encore des postes occupés, réparties en allemand (3 postes), lettres classiques, histoire-géographie, EPS et SPEA. Pour les personnels concernés, ces décisions se traduisent concrètement par des mutations contraintes ou des modifications importantes de leurs conditions d’exercice. 

Face à ce projet de réduction des moyens dans les collèges du Gard, l’UNSA Éducation a voté contre un texte rejeté à l’unanimité par les organisations syndicales.

L’analyse de l’Unsa Education

Au-delà des mesures techniques présentées lors de l’instance, la carte scolaire 2026 traduit une évolution progressive du paysage éducatif dans le Gard : l’offre de formation se resserre et certaines disciplines deviennent de plus en plus fragiles. Les ajustements successifs d’une année sur l’autre finissent par produire des effets durables dans les établissements, tant pour les élèves que pour les équipes.

C’est particulièrement visible pour l’allemand, qui subit une nouvelle série de mesures après plusieurs années déjà marquées par des suppressions. À force d’ajustements successifs, l’offre linguistique se réduit dans certains collèges et les enseignants doivent parfois partager leur service sur toujours plus d’établissements. Cette situation rend plus difficile le maintien de cette langue dans le paysage éducatif local. La technologie connaît également une situation préoccupante : 11 postes restent vacants dans le département, ce qui illustre les difficultés de recrutement et la fragilité croissante de cette discipline dans les collèges.

Pour l’UNSA Éducation, la baisse du nombre d’élèves est un prétexte de plus pour continuer la suppression des moyens dans les établissements publics.  Ces 10 dernières années le Gard a connu une baisse de ses moyens même quand les effectifs augmentaient. Le Dasen de l’époque prétendait alors que c’était pour anticiper la baisse démographique et atténuer la suppression de postes à venir. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Les directeurs académiques passent, les arguments changent, mais la réduction des moyens dans l’Éducation nationale continue.


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