Grève massive dans l’Éducation nationale : les personnels en colère contre les suppressions de postes
Face à une politique éducative jugée « destructrice », les personnels de l’Éducation nationale de l’académie de Rennes se mobilisent massivement. Ce 19 mars, près de 400 enseignants, AESH, CPE et autres agents du premier et second degré ont manifesté pour dénoncer les suppressions de postes et la dégradation des conditions de travail. Une mobilisation qui s’inscrit dans un mouvement plus large, avec des rassemblements prévus dans les jours à venir.
Un plan social déguisé dans l’Éducation nationale
L’académie de Rennes, déjà durement touchée par les restrictions budgétaires, subit une nouvelle vague de suppressions : 86 postes en moins dans les écoles primaires et 131 dans les collèges et lycées. Une logique d’« enveloppe fermée » qui, selon l’intersyndicale 35 (IS35), oppose les établissements les uns aux autres, aggravant les inégalités territoriales.
Pire encore : quand les effectifs baissent, l’État supprime des postes ; quand ils augmentent, les moyens restent insuffisants. Résultat ?
Des classes surchargées, des remplacements non assurés, et un service public en souffrance. « Ces choix profitent à l’enseignement privé, largement subventionné sans contrepartie de mixité sociale, au détriment de l’école publique », dénoncent les syndicats.
Des revendications claires pour sauver l’école publique
Face à cette situation, l’intersyndicale appelle à une mobilisation générale avec plusieurs nouveaux rendez-vous :
- Samedi 21 mars : Rassemblement commun avec les personnels territoriaux et les parents d’élèves à 14h, toujours place de la République.
- Du 19 mars au 10 avril : Préavis de grève couvrant toute la période, avec une invitation aux enseignants à déclarer leur intention de participer.
Les revendications sont sans ambiguïté :
Annulation immédiate des suppressions de postes et des fermetures de classes
Création de postes (enseignants, AESH, AED, CPE, infirmiers, psychologues scolaires, etc.)
Baisse des effectifs par classe pour un meilleur accompagnement des élèves
Un vrai statut et un salaire décent pour les AESH
Refonte de l’éducation prioritaire pour plus d’équité
Fin du financement public de l’enseignement privé sans contreparties sociales
« Il est urgent d’agir »
Pour les syndicats, cette grève n’est pas une simple protestation, mais un cri d’alarme. « Nos conditions de travail se dégradent, et avec elles, les conditions d’apprentissage des élèves. On ne peut plus accepter que l’école publique soit sacrifiée au profit d’un système à deux vitesses » souligne Valéry Lamoure secrétaire départemental du SE-UNSA 35
Alors que les instances académiques doivent se réunir les 25, 26 et 27 mars, les syndicats appellent à maintenir la pression pour obtenir des réponses concrètes. La mobilisation, lancée ce 19 mars, pourrait bien s’étendre au-delà de la Bretagne si le gouvernement ne change pas de cap.
L’école publique mérite mieux. Les personnels et les élèves aussi.


