Une carte scolaire sous tension démographique

La réunion du Comité Social Académique Spécial Départemental (CSA-SD) a été marquée par un constat sans appel : la baisse démographique qui touche le département, et plus largement l’académie, impose selon l’administration, à l’avenir, une refonte profonde de la carte scolaire du premier degré.
Avec plus de 10 000 élèves perdus en dix ans et une projection de « –24 440 élèves » d’ici 2036 (soit une chute de 20 à 30 %), l’administration prévoit de devoir passer de 485 écoles aujourd’hui à environ 200 écoles d’ici 10 ans.
Pour la rentrée 2026, le département enregistrera à lui seul une diminution de 1 338 élèves, tandis que l’académie verra ses effectifs reculer de 2,4 %. L’UNSA-Education a rappelé à la DASEN que ces chiffres, bien que préoccupants, ne doivent pas occulter les réalités locales, souvent bien plus complexes que les simples projections statistiques.
Dans ce contexte, les postes ont été revus à la baisse, avec –135 postes au niveau académique,
dont –44 pour l’Eure.
L’administration insiste sur la particularité de notre département qui compte 34% d’écoles à moins de 4 classes, et 68% de classes à multiniveaux. Dans ce contexte, chaque fermeture de classe impacte fortement les conditions de travail et d’apprentissage des élèves.
Pourtant, malgré une baisse moyenne des effectifs par classe, Le SE-Unsa a souligné les disparités criantes entre les territoires : certaines écoles, notamment en maternelle ou dans des configurations multi-niveaux, continuent de subir des charges de travail disproportionnées, tandis que d’autres, en zone rurale, voient leur avenir menacé par des fermetures en cascade.
Une carte scolaire en mouvement : entre ouvertures symboliques et fermetures massives
La carte scolaire présentée lors de cette réunion révèle un déséquilibre frappant : 49 fermetures de classes ont été actées, contre seulement 4 ouvertures. Parmi ces dernières, on note l’ouverture de la maternelle Croix Saint-Pierre à Breteuil, de l’école Paul-Bert au Neubourg, de l’école Victor-Hugo à Val-de-Reuil (avec un dédoublement en maternelle), ainsi que l’implantation d’une TPS aux Nymphéas à Vernon. Ces annonces, bien que positives pour les territoires concernés, contrastent avec le sort réservé à de nombreuses autres écoles, dont certaines ont cependant vu leur fermeture levée in extremis, sous conditions strictes.
C’est le cas, par exemple, de l’école de Dangu, dans le secteur d’Etrepagny, dont la fermeture a été suspendue à la condition que les maires des communes impactées par 11 dérogations donnent leur accord, afin d’éviter des tensions entre collectivités. De même, l’école maternelle Jacques Prévert à Louviers bénéficie d’un sursis, sous réserve d’un comptage des effectifs en juin, en raison de l’arrivée de nouvelles familles dans des logements récemment livrés. À Pont-Audemer, l’école Louis-Pergaud, située en quartier prioritaire, a vu sa fermeture annulée également. L’école de Mesnil sur iton a la mesure levée à cause des conditions de l’organisation pédagogique, la fermeture est repoussée à 2027. Enfin, les écoles du Pivolet à Val-de-Reuil et de Bourth ont également été épargnées, sous réserve de vérifications ultérieures. Ces levées de mesures, bien que bienvenues, restent fragiles et dépendent souvent de critères administratifs ou de délais serrés, ce qui maintient les équipes dans l’incertitude et ne tiennent pas compte des collègues qui verront peut-être leur poste fermer en juin et qui se retrouveront sans avoir fait de mouvement.
Les échanges en séance ont par ailleurs révélé une tension récurrente entre, d’une part, la nécessité de réorganiser le réseau scolaire pour s’adapter à la baisse des effectifs, et d’autre part, l’impératif de préserver des conditions de travail décentes pour les enseignants. Les représentants du SE-Unsa ont ainsi pointé du doigt les conséquences organisationnelles des fermetures : regroupements d’écoles, augmentation des temps de trajet pour les élèves, ou encore alourdissement des charges pour les équipes enseignantes, notamment dans les structures multi-niveaux. L’administration a reconnu que certaines situations locales, comme les classes surchargées en maternelle ou les triples niveaux en élémentaire, nécessitaient une attention particulière, mais a rappelé que le calendrier contraint imposait de figer des décisions dès maintenant, avec la possibilité de réajustements après le comptage de juin.
Cette difficulté ne sera que croissante dans les années à venir.
Quelles perspectives pour les adhérents du SE-Unsa ?
Face à ces enjeux, le rôle des adhérents du SE-Unsa est crucial. Il s’agit d’abord de faire remonter les situations problématiques : classes surchargées, locaux inadaptés, ou difficultés liées aux regroupements d’écoles.
Le comptage des effectifs en juin sera un moment décisif pour peser sur les réajustements : nous tous, devons nous assurer que les réalités du terrain soient bien prises en compte, et non pas effacées par des moyennes départementales. La DASEN a laissé beaucoup de situations en suspens, tout en avouant qu’elle fera ses ajustements éventuels sur la brigade de remplacement.
Le SE-Unsa continuera à exiger :
• Une transparence totale sur les critères de fermeture et d’ouverture des classes.
• Des moyens supplémentaires pour l’inclusion et les remplacements.
• Un dialogue renforcé avec les Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN) et la DASEN, pour que les décisions soient prises en concertation avec les collègues.
En conclusion, cette réunion du CSA-SD a confirmé que la baisse démographique n’est pas une fatalité, mais qu’elle doit être gérée avec équité et anticipation pour améliorer les conditions de travail des collègues et d’apprentissage des élèves. Le SE-Unsa veillera à ce que les arbitrages ne se fassent pas au détriment des élèves et des personnels. La mobilisation de chacun est indispensable : vos retours, vos témoignages et votre engagement sont les meilleurs leviers pour défendre une école publique de qualité, partout et pour tous.


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