Le Dasen a précisé qu’il répartissait toute la dotation aujourd’hui, et ne gardait aucune réserve de postes.
Cela a modifié une trentaine de mesures (une vingtaine de TR, en plus des 60 déjà prévus ; quelques ouvertures ajoutées, des fermetures annulées et quelques fermetures ajoutées …)
Le compte-rendu du SE-Unsa
(ajouté le 9 avril à 18h)
– Après le Groupe de Travail (GT) du 25 mars, le SE-Unsa a, à nouveau, défendu la situation des écoles qui nous ont sollicités, lors du CSA-D du 8 avril.
Quelques demandes des syndicats ont été entendues et une dizaine de mesures a été modifiée pour des écoles que nous avions défendues.
– Le SE-Unsa a répété que notre principale difficulté vient d’une sous-dotation de notre département qui entraine des effectifs trop élevés en classe, pas assez de moyens pour affronter les difficultés des élèves et les violences de certains…
– Les « seuils » appliqués indifféremment partout sont particulièrement difficiles pour les écoles primaires, pour les écoles qui perdent la décharge de direction, pour les grandes structures…
Les déclarations et informations du Dasen :
– Pour les instances de septembre : « L’objectif est de ne pas faire de fermetures de classes à la rentrée ». Pour les « mesures d’urgences » (des ouvertures de classes) à faire à la rentrée, elles seront faites en utilisant des postes de TR… (et sans fermetures de classes). Toutefois, le DASEN rapelle que si besoin, il ne s’empechera pas de fermer des classes à la rentrée.
– Le Dasen a répondu aux déclarations préalables (Cf. ci-dessous la déclaration de l’Unsa) : » Je vous rejoins sur les tensions sociales et le manque de dotation pour la Haute-Garonne… Je relaie ces demandes au ministère « .
– Le Dasen annonce quatre priorités pour organiser son « projet de répartition » :
1 – Créer plus de remplaçant-es. Le Dasen précise que ces créations (80 créations de TR) sont contraires aux demandes ministérielles mais sont plus que nécessaires dans notre département.
2 – Améliorer le fonctionnement de l’Ecole Inclusive. Le Dasen met surtout en avant la création des PAS.
3 – Améliorer les « territoires prioritaires en éducation » … Cela revient à maintenir des seuils presque similaires aux REP + (pour les écoles avec moins de 83 d’IPS) ou aux REP (pour les écoles avec un IPS inférieur à 93).
4 – Les inscriptions des Toutes Petites Sections… Il prévoit trois ouvertures de classes de « TPS », qui sont « conditionnées » à l’inscription d’une douzaine de TPS…
La Dsden rappelle que la baisse démographique « continue » en Haute-Garonne : de 122 000 élèves en 2020 à 117 000 à la rentrée 2025 et avec une prévision de 2 000 à 2 500 élèves de moins chaque année, sur les 3 ans à venir…
– La création de 60 postes de TS doivent permettre, selon la Dsden, de ne plus avoir de TR « bloqué-es » dès la rentrée sur des postes vacants…
– Les 80 TR sont réparti-es dans les circonscriptions : 32 sur Toulouse (10 pour HG5 ; 5 pour HG1 et HG6 et 4 pour HG2, HG3 et HG4), 10 sur HG17 ; 4 sur HG7, HG14 et HG19 ; 3 sur HG12, HG18, HG25 et HG26 ; 1 ou 2 sur les autres circonscriptions.
– Malgré une une fermeture de classe, la décharge de direction est maintenue un an sur les écoles élem Veil, élem Falcucci, mat Monnet à Toulouse, élem Rostand à Launaguet, prim à Valentine et l’élem Trentin à Lavernose.
– 7 écoles maternelles et 7 élémentaires fusionnent pour devenir des écoles primaires (Cf. liste dans notre documents « mesures »). Les fusions n’ont été faites que lorsque qu’il y avait un vote favorable des deux conseils d’écoles concernés.
– La Dsden a compté « 193 fermetures de classes » et « 82 ouvertures de classes ». Une cinquantaine de ces mesures ne sont que des « transferts » dans la même école, ou vers de nouvelles écoles, à Saint Orens, à Verfeil et à Villemur.
Sur la situation dans le département…
– Le manque de remplacement était, en moyenne, chaque jour de 144 en février et 79 en mars.
– Le nombre de contractuels (au 8 avril) : 180 enseignant-es contractuel-les.
– Quelles sont les règles d’attribution des IPE ?
Le SE-Unsa avait demandé des informations sur l’attribution des IPE ?
– Les Indemnités Péri-Educatives (IPE) peuvent être attribuées pour des sorties scolaires ponctuelles qui dépassent le temps de service et pour des activités régulières « hors temps scolaires ».
– Pour une sortie avec nuitée : 2 IPE par nuit
– Pour une sortie sans nuitée mais avec une journée « allongée », 2 IPE.
– Pour les activités « diverses », 1 IPE pour 2 heures (plafonnée à 2/semaines et 36/an).
Chaque IEN a une partie des 1857 attribuées au département proratisée au nombre d’élèves de la circo (entre 49 et 92 en fonction des circos). Il/elle doit les répartir « équitablement ».
Déclaration de l’Unsa-éducation
Mesdames, Messieurs les membres du CSA-D,
Monsieur le DASEN,
Autour de cette table, nous avons toutes et tous entendu un jour : « Ouvrir une école, c’est fermer une prison. »
La plupart d’entre nous attribue cette citation à Victor Hugo, même si cette vérité est à nuancer…
Ce que nous retenons surtout, à l’Unsa-éducation, c’est la pensée sociale et républicaine exprimée par Hugo sur l’ambition éducative que nous devons avoir en tant que société.
L’éducation est notre mission fondamentale car intégratrice pour « résorber le bagne par l’école »… Et cette fois ci, ces derniers mots sont les siens.
Pourtant, un siècle et demi plus tard, où en est la société française ?
Monsieur le Dasen ? Une idée ?
Et bien…Elle ne cesse de fermer des classes et de surpeupler ses prisons. Les fermetures de classes, d’écoles nous les constatons, la société tout entière les subit.
Et … Parallèlement nous atteignons des records de population carcérale chaque année, avec encore une hausse de 6 % pour cette année 2026.
Certes, les prisonniers d’aujourd’hui ne sont pas les élèves actuels, mais rappelons-nous qu’il y a une quinzaine d’années, nous subissions un cycle particulièrement difficile pour l’Ecole. Notre P/E n’avait jamais été aussi mauvais, les RASED avaient été décimés et le manque de remplacement et la baisse du recrutement sont apparus dans notre département. Tout cela, causé par le seul président… qui fut ensuite emprisonné !
*
À l’Unsa-Éducation, nous restons persuadé·es que l’École doit permettre de former des citoyennes et citoyens éclairé·es et émancipé·es, capables de faire des choix pour leur insertion tant civique que sociale et professionnelle, quels que soient leur origine, leur parcours ou leur territoire.
Or, la carte scolaire que vous nous présentez — avec ses 17 suppressions de postes — même réfléchie, même argumentée, même « co-construite » avec vos IENs et les partenaires locaux est insupportable au regard des difficultés que nous affrontons quotidiennement.
Et comme partout ailleurs, elle est totalement à rebours des besoins réels de l’École :
- Notre P/E reste l’un des plus mauvais de France.
- Nos seuils sont maintenus à 28 et 24, alors que les départements voisins ouvrent avec des seuils à 21 ou 22.
- Quelques écoles dépassent déjà leur « capacité d’accueil » et vous n’ouvrez pas.
- Des dizaines d’écoles n’ont plus de « place disponible » et vous n’ouvrez pas.
- Plus d’une centaine d’écoles affichent une « capacité d’accueil » inférieure à 5 et vous n’ouvrez pas, souvent au détriment des écoles primaires.
Les écoles appellent à l’aide face à des conditions de travail de plus en plus dégradées, parfois intenables, et vous ne disposez d’aucune marge de manœuvre pour les aider et les accompagner.
Alors pour cette carte scolaire, si nous devons vous demander autre chose qu’une dotation de 450 postes en plus pour la Haute-Garonne pour avoir un P/E équilibré au reste de l’académie, nous demanderons à minima :
– d’écouter les alertes de nos collègues et d’intégrer de nouveaux indicateurs à vos analyses : le turn-over des enseignant·es, les saisies RSST, ou encore le manque de remplaçant·es très criant dans certaines circonscriptions.
– De tenir au moins un groupe de travail en juin. En effet, notre département constitué de Toulouse, 3ème ville de France et de sa métropole implique de forts mouvements de population. Ne pas tenir d’instance en juin, c’est la garantie d’une rentrée difficile pour plusieurs écoles, élèves, enseignant·es et parents.
Monsieur le Dasen, vous ne parviendrez pas à résorber à vous seul des années de politiques néolibérales menées au détriment du service public.
Mais nous, personnels de l’éducation, constatons chaque jour dans nos classes le délitement social, le mal-être de nos jeunes, symptôme d’une société en souffrance et nous ne pouvons plus porter l’institution à bout de bras.
C’est plus qu’un virage à 180 degrés qu’il nous faudra collectivement pour ouvrir des classes et fermer nos prisons. Victor Hugo ou pas derrière cette affirmation, nous en sommes convaincu·es.
Beaucoup moins par le projet que vous êtes contraint de nous présenter…